Peuple de France, je viens de passer mon capes d’histoire-géographie, épreuve délocalisée à Châlons-en-Champagne – ce qui est une bonne idée, Châlons étant une bien jolie ville. On y revient avec plaisir. Sa gastronomie, ses églises, sa rue “du camp d’Attila”  (so glam).

Personne n’a été capable de m’expliquer pourquoi la moitié des apparitrices (les gentilles demoiselles qui vous conduisent de salle en salle) sont très largement au-dessus de la moyenne. Mention spéciale à l’inconnue qui m’a emmené en épreuve sur documents, même si son sourire radieux ne m’a pas empêché de faire piètre figure. M’enfin on verra bien. J’espère que le jury d’histoire a apprécié mes sous-parties empruntées à Jean-Jacques Goldman.

L’appel ressemblait un peu au massacre des Tuileries : Mademoiselle de R* de T* ! Monsieur de B* ! Mademoiselle de F ! (etc.) L’envie m’a pris de crier : “Ouvrez à la noblesse française !” J’ai su me contenir. Sur ce, je repars en vacances. Que Dieu vous garde.

Un président socialiste et chavisto-moraliste, Manuel Zelaya, vient de se faire démettre au Honduras, alors qu’il était sur le point d’auto-prolonger son séjour au pouvoir par voie référendaire. Bonne nouvelle. Ce soir, la rédaction de ce blog a voté à l’unanimité une motion de soutien à Romeo Vásquez, commandant les troupes insurgées. La rédaction appelle la population hondurienne au calme et les valeureux soldats de l’armée nationale à la modération. Elle note avec amusement que les ambassadeurs du Venezuela, de la Bolivie et du Nicaragua ont été expulsés. Elle recommande au public francophone qui souhaiterait se tenir informé de recourir aux médias espagnols dignes de ce nom – évidemment pas El Pais, voyez à la rigueur El Mundo, ou mieux encore Libertad Digital. Elle note avec amusement que dans Honduran, il y a Duran Duran.

Le beau Romeo.

Libertad Digital ne se prive pas de citer les passages les plus divertissants des déclarations du président déchu : “Ils m’ont fait sortir en pyjama [...] et me voilà au Costa Rica, toujours en pyjama, sans chaussettes”. Le dit président a bien entendu accusé les États-Unis d’être derrière ce coup d’État. Si c’était le cas, ce ne serait que justice – Obama a bien entendu vigoureusement démenti. T’avais qu’à pas adhérer à cette alternative bolivarienne de mes deux, pauv’tache. De toute façon, le vaillant peuple hondurien n’avait pas besoin de l’aide des États-Unis pour tenter d’échapper au carcan alter-socialiste que Zelaya souhaitait faire peser sur ses épaules.

Les chastes épaules de Miss Honduras 2008. Et vous accepteriez d’y voir peser un carcan ?

La rédaction attend avec une impatience gourmande et mal dissimulée les commentaires d’Alvaro Uribe. Elle note que, comme en 1973 au Chili, l’armée n’intervient que pour faire respecter la Constitution du pays, qui interdit expressément (art. 374) toute remise en cause de la non-réélection du président : Zelaya a violé cet article en proposant par référendum que le président puisse être réélu. C’est très clair. Elle note qu’une fois de plus, les démocraties occidentales se couvrent de ridicule en appelant au “retour de l’ordre constitutionnel”.

Lecteurs bien-aimés, j’ai l’impression que la France a franchi un palier (un de plus). Peu après être rentré (neuf mois d’absence tout de même, et Dieu sait si la connerie ambiante a eu le temps de faire plus de victimes que la grippe porcine), prenant mon courage à deux mains, j’ai décidé de m’intéresser de nouveau à l’actualité de notre belle patrie. Hélas, comme mes condisciples et moi-même le disions fort poétiquement, il y a quelques années : “Ah bah putain, c’est pas branlé pour nos gueules”.

Un bébé congelé neuf mois un jour après avoir été conçu vaut deux ans huit mois de prison, si j’ai bien calculé, mais ce n’est pas le plus inquiétant. Après tout, depuis trente-cinq ans déjà (joyeux anniversaire Simone !), un bébé congelé huit mois vingt-neuf jours après avoir été conçu ne vaut rien, et Nelson Mandela ne semble pas s’en être inquiété.

S’agissant de la burqa (seize points au Scrabble, mot en “Q” sans “U”, à retenir), les bras m’en tombent. Je ne vais pas développer de réflexion pète-couilles, pas le temps, quelques rappels cependant :

- Chacun s’habille comme il le souhaite chez soi et dans l’espace public. En parlant d’interdire la burqa dans la rue, les limites du grotesque étaient déjà allègrement franchies, mais je crois avoir entendu un doux illuminé proposer qu’on interdise la vente de burqa sur le territoire français. Et les machines à coudre ! N’oubliez pas les machines à coudre ! Et le tissu noir !

- L’usage, dans les pays occidentaux, est de s’adresser à ses interlocuteurs à visage découvert, sauf bal masqué. La guichetière de la Poste, la caissière de Super U ou l’agent de police ont le droit d’exiger de Mme Allaoui qu’elle se décapuchonne, lorsqu’ils doivent entrer en interaction verbale avec elle. Sur les bancs d’une faculté ou d’une classe de collège (sauf s’il s’agit d’un collège musulman, bien entendu…), au tribunal (sauf s’il s’agit d’un tribunal musulman, comme à Mayotte – oui, au train où vont les choses, la métropole risque de se mayottiser avant que Mayotte ne se métropolise…), sur un passeport, même topo.

- Celui qui possède les droits d’usage sur un espace donné y fait respecter les règles de son choix, dans les limites très souples fixées par la législation en vigueur. Mme Michu, boulangère, a parfaitement le droit de refuser de servir Mme Allaoui si cette dernière refuse de se découvrir. M. Durand, chef d’entreprise, a parfaitement le droit de refuser d’embaucher Mlle Benarba si celle-ci refuse de se découvrir.

Encore un ballon de côtes, Marcel. Le cerveau d’une personnalité politique française standard est doté d’une étrange anomalie : une connexion directe entre la partie du cerveau qui pose les questions (même philosophiques ou culinaires), et celle qui prend les décisions. Conclusion : ce pays sera heureux le jour où les personnalités politiques évoquées ci-dessus arrêteront de se poser des questions stupides du genre : “une femme en burqa est-elle épanouie ?”, “comment donner une mentalité démocratique aux musulmans de France ?”, “comment faire diminuer le chômage chez les immigrés ?”, etc., etc., ad libitum…

Je me répète, mais après neuf mois de jeunes filles à forte teneur en mélanine, White is beautiful.

Malgré l’ONU, le monde entier n’est pas dans la paix
Malgré l’OUA, les Africains se divisent
Malgré l’OMS, les maladies ne finissent pas
Malgré l’FAO, la famine ravage le monde,
Malgré l’OUA, les Africains se divisent

Sans Jésus, tout ce que l’homme fait est vanité
Rien de bon ne peut venir des hommes
Les hommes, sans Jésus-Christ, ils ne peuvent rien
Jésus est le seul qui a aimé tout le monde
De toutes les nations, de toutes tribus, toutes langues
En lui, nous avons la paix, l’amour et l’unité

(Patrice Musoko, Malgré)

Écoutons Patrice Musoko, c’est un sage, et accessoirement un chanteur religieux fameux dans la mégalopole franco-lingalaphone Brazzaville-Kinshasa.

***

Retour en France. Première impression, à Roissy : je ne sais pas si c’était le Paris-Stockholm du matin, mais bon sang, les jeunes filles blanches et blondes, c’est tout de même quelque chose.

Requiescat in pace

9 juin 2009

FRANCE-AFRICA-FRAUD-INVESTIGATION-BONGO

La France a été trop laxiste. Sur le regroupement familial, sur l’éducation. Chez vous, on ne peut pas gronder son enfant, c’est interdit. Donner une taloche, c’est interdit. On ne peut pas dire ceci ou cela, c’est interdit. […] On ne peut rien dire parce que c’est la démocratie, les droits de l’homme. Mais trop de liberté tue la liberté.

(Omar Bongo, Valeurs actuelles, 2005)

Tout ça ne va pas contribuer à apaiser la situation dans la région, mais je m’en fous, retour à Paris dans une semaine – avant que ça parte en couilles.

Lors du dernier pèlerinage de Chartres (pour les non-initiés, pèlerinage reliant Paris à Chartres à la Pentecôte, auquel participent de nombreux catholiques participant régulièrement à la messe selon le rite de 1962 – et d’autres catholiques de sensibilité, disons “conservatrice” pour faire court), on pouvait observer ceci :

[Avant la suppression de la photo, on pouvait voir ici deux tradinettes en short blanc débardeur rose devant une bannière.]

[Photo trouvée sur Le Forum catholique, et retirée immédiatement sur simple demande des ayant-droits (photographe et figurantes). Ce billet ne cherche qu'à susciter un sourire d'amusement chez un certain nombre de personnes, et sera supprimé dans un délai raisonnable une fois ledit sourire suscité.]

Monsieur,

Vous m’étiez plutôt sympathique. Vous sembliez décidé à agir, d’une certaine manière, en cohérence avec les beaux discours qu’on a pu lire dans L’Insurrection qui vient (que vous l’ayiez ou non écrit, là n’est pas la question). La chose n’est pas si fréquente, dans un pays où beaucoup délirent en public sur le pouvoir fasciste, mais se gardent bien de prendre le maquis. Aussi ai-je lu avec intérêt vos réponses aux questions du journal Le Monde. Depuis, j’hésite entre le rire et la pitié.

Car en fin de compte, Monsieur, vous n’êtes qu’un clown. Oh, inutile de vous défendre en disant que Le Monde vous a mis dans une « situation » dans laquelle vous ne souhaitiez pas vous trouver. Vous étiez parfaitement libre de ne pas répondre, au cas où les questions vous auraient paru mal posées ou impertinentes. Vous ne vous en êtes d’ailleurs pas privé, à l’occasion.

J’ai beaucoup de mal à saisir comment vous pouvez, dans un premier temps, vous scandaliser de la violence que le système exerce à votre égard, et dans un deuxième, faire l’éloge de la violence à l’encontre du « système » (vous n’employez pas ce mot, peu importe, ce qui ressort de vos réponses est bel et bien qu’il y a un système, mauvais et à abattre, dans lequel la « DST », la « police française » et les « patrons » semblent jouer les premiers rôles).

Ne soyez pas ridicule. Que vous n’aimiez pas ce « système », que vous vouliez le détruire, le remplacer, faire la révolution, je n’en sais rien, et que vous choisissiez de lutter contre lui par tous les moyens, cela, je peux tout à fait le comprendre. (De fait, je ne l’aime pas beaucoup, ce « système », même si je ne suis pas certain que pour l’instant, il mérite qu’on exerce de la violence contre lui). Mais si vous choisissez de lutter contre lui, ne vous étonnez pas qu’il cherche à vous mettre hors d’état de nuire. Et n’exagérez rien : l’État ne déploie contre vous qu’un dixième de ce qu’il a pu déployer en d’autres temps, contre l’OAS, Action directe, ou d’autres ennemis publics numéro un.

Je vous imagine en train de phosphorer : Mmmm… le scénario « attentat + revendication + arrestation + procès-spectacle » est un peu éculé. Le régime sarkozyste, peu imaginatif, s’attend à ce que je plaide coupable, afin de faire la promotion de mes « idées ». Je vais donc tenir des propos décousus pseudo-debordiens pendant plusieurs mois, on verra bien ce que ça donnera. Tout cela, je vous l’avoue, me laisse dubitatif.

Vous atteignez le sommet du comique lorsque vous prétendez que « la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c’est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires ». Et que mentionnez-vous à l’appui ? Les trois voitures brûlées après la présidentielle de 2007 ? La grève aux Antilles ? Les occupations d’usines ? Les blocages de facultés ?

Là, on ricane franchement. Vous et vos amis refusez d’être assimilés aux « anarcho-autonomes », soit, toujours est-il que vous semblez manifester une certaine hostilité à l’État (fasciste, policier, ou tout ce que vous voudrez). Vous rejetez sans appel Besancenot et sa « grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop ».

Excusez-moi, M. Coupat, mais les émeutiers de mai 2007 (ou ceux de novembre 2005), sauf erreur de ma part, réclamaient plus d’intervention de l’État, plus d’animateurs de quartiers, plus de surveillants, plus de subventions, bref, de reconnaissance. Les Antillais réclamaient une revalorisation des salaires et des prestations sociales, le tout à l’initiative de… l’État. Quand les délocalisations menacent, les ouvriers ne réclament pas l’autogestion, mais font appel à… l’État. Les étudiants bloqueurs, de l’extrême-gauche au centre-droit, réclament plus d’argent à… l’État. Et même s’ils font l’éloge de l’autonomie des universités, c’est une autonomie sous perfusion de… l’État.

Comment faites-vous pour voir dans ces différentes manifestations de violence quelque chose de positif, un signe d’espoir ? Au contraire, elles révèlent que le système fonctionne admirablement et n’est pas près de s’effondrer : quand le système ne marche pas, les mécontents demandent plus d’intervention du système ! Une assemblée générale dans une faculté, c’est un adolescent à qui papa ne donne pas assez d’argent de poche, et qui va s’enfermer dans sa chambre jusqu’à ce que maman intervienne en sa faveur. En matière d’idéal révolutionnaire, j’ai vu mieux.

L’alternative est la suivante. Soit vous n’êtes qu’un étatiste compulsif comme la France en produit par millions, auquel cas prenez gentiment votre carte au Parti socialiste, passez le concours externe de l’ENA, et laissez les caténaires tranquilles. Soit vous êtes réellement hostile à l’État, à tout ce qu’il représente, auquel cas, agissez en conséquence et cessez de cautionner les chiards de banlieue ou de la Sorbonne à qui Papa-Sarkozy n’a pas donné assez de billes. Le TGV est encore l’une des moins mauvaises réalisations de la social-démocratie française, épargnez-le, et quitte à vous livrer à des actes de violence (que la morale et moi-même réprouverions, bien évidemment), attaquez-vous plutôt aux Hôtels des Impôts, à Louis Schweitzer, ou aux Caisses de Sécurité sociale. Non ?

Profitez-bien de votre détention pour y réfléchir, au lieu de rédiger votre autobiographie pour les éditions XO. En union de prières (lol),

B & F

Sur le même sujet, on lira avec profit les commentaires plus ou moins éclairés de Blueberry, Koz, Guillermo, du Chafouin, et de bien d’autres que je n’ai pas lus.

« Pourquoi est-ce que Dieu nous a créés libres de faire le mal ? »

Dieu vous aime, tous, chacun, personnellement. C’est un peu le principe de base. Il veut être aimé en retour (Approbation muette. F*, élève de troisième qui doit aller sur ses dix-neuf printemps, me regarde avec des yeux brillants. Jeune et jolie, mais ça ne marchera jamais entre nous). Or pour aimer il faut être libre. On est d’accord là-dessus ? (Approbation enthousiaste). La fille que vous prenez par les cheveux en lui flanquant des gifles jusqu’à ce qu’elle vous aime, non seulement elle ne vous aimera pas vraiment, mais en plus, vous l’aimez d’une drôle de manière. (Rires. L’Africain est bon public). Des deux côtés, c’est zéro. Donc Dieu veut que vous soyez libres. On est d’accord sur le fait que faire le bien, ça revient plus ou moins à aimer Dieu, et que faire le mal, ça revient plus ou moins à ne pas aimer Dieu ? Vous devez pouvoir ne pas aimer Dieu, vous devez pouvoir faire le mal. Pour aller vite, si pas de mal, pas de liberté, si pas de liberté, pas d’amour, si pas d’amour, pas de Dieu, zéro, c’est la zone. C’est clair ? (Approbation enthousiaste.)

« Oui, mais il y a des filles qui aiment qu’on les frappe avant qu’on leur fasse l’amour. » (Rires).

Mais certainement, ça s’appelle du sado-masochisme, et ce n’est pas la question. (Rires).

***

Je me découvre un talent pour la prédication. Je tiens en haleine pendant deux heures une trentaine d’Africains âgés de seize et cinquante ans, en leur parlant de Dieu et de morale. Feu roulant de rires, de questions, d’applaudissements. Je devrais peut-être lancer une nouvelle secte, genre “Eglise de Jésus-Christ et du Blanc qui a vu la Vierge” . Revenus confortables, puissance, jeunes pucelles à volonté. J’y réfléchis.

Varia (6)

19 mai 2009

- Une personnalité politique noire africaine a pour nom de famille Moundélé-Ngollo. Littéralement, la force blanche. White Power… Bref.

- J’ai commencé à lire un autre Blanc sud-africain anti-apartheid, et là, c’est franchement excellent. Breyten Breytenbach qu’il s’appelle. Pas très bien traduit à mon avis, faudrait voir la VO. Tous les commentaires que je lis à son sujet font l’éloge de son engagement. Bon, désolé, moi, ce n’est pas l’engagement qui m’intéresse. Je trouve qu’il écrit bien, c’est tout. Je ne suis pas en faveur de l’apartheid. Bien au contraire. J’accepte simplement de me poser certaines questions, comme “les Sud-Africains (Blancs, Noirs et autres) sont-ils plus libres et plus prospères aujourd’hui ?” “le seront-ils toujours demain ?” ou “que se passe-t-il dans une société où les Occidentaux deviennent minoritaires et dominés ?”. Et tous ces écrivains m’apportent certaines réponses. Je pense que la société sud-africaine a déjà fait, ou est en train de faire l’expérience de transformations que nous allons connaître un jour ou l’autre, dans trente ou cinquante ans – sur un mode différent, bien sûr. J’aspire à une retraite paisible dans une ferme auvergnate, entouré de livres et de grands crus. Je voudrais que cela soit possible.

- Ce texte du même Breytenbach est très intéressant, si l’on veut bien le lire jusqu’au bout, passer sur quelques expressions à la mode et tournures médiocres, un peu trop “artiste” (au sens français du terme) à mon goût.

- Finalement, ce qu’il y a de plus douloureux dans l’expatriation en ce moment, c’est de ne pas pouvoir profiter du nouvel OSS 117. Certains réacs se demandent si Jean Dujardin n’est pas une ruse du grand capital apatride et métissé en vue de ridiculiser, une fois de plus, les Vraies Valeurs de la France. Je ne comprends pas comment on en arrive à se poser des questions aussi stupides.

- Dans les commentaires, Polydamas nous offre cet inestimable présent. Un prêtre polonais a écrit un livre dans lequel il donne des conseils sur la sexualité du couple. Quelques extraits sont disponibles sur Internet. C’est, pour l’essentiel et malgré certaines phrases qui scandaliseront peut-être – hélas (nooon ? alors on a le droit de caresser les seins de sa partenaire ? et même son sexe ? avec la langue ? mais quelle horreur !), dans la droite ligne de la théologie morale catholique traditionnelle. Et c’est consternant. Je développerai prochainement.

- Passez donc découvrir Lounès Darbois-Beaumont, si ce n’est pas encore fait.

… avec Juan Donoso Cortés, précurseur d’Ellul et Kaczynski, ce que tout le monde ignorait jusque là.

Messieurs, je vous prie d’observer une chose. Dans le monde antique, la tyrannie était cruelle et destructrice [en espagnol, le magnifique asoladora], et cependant cette tyrannie était limitée dans ses moyens, parce que les États étaient de petite taille, et parce que les relations internationales étaient à tout point de vue impossibles ; c’est pourquoi il n’y eut pas au cours de l’Antiquité de tyrannie à grande échelle, exceptée celle de Rome. Mais aujourd’hui, messieurs, comme les choses ont changé ! Messieurs, les chemins sont préparés pour un tyran gigantesque, colossal, universel, immense ; tout est préparé pour lui : messieurs, observez-le bien ; il n’y a plus d’obstacles matériels ou moraux. Il n’y a plus d’obstacles matériels, parce qu’avec les bateaux à vapeur et les chemins de fer, il n’y a plus de frontière. Il n’y a plus d’obstacles matériels, parce qu’avec le télégraphe électrique, il n’y a plus de distances. Et il n’y a plus d’obstacles moraux, parce que tous les esprits sont divisés, et parce que tous les patriotismes sont morts. Dites-moi, alors, si j’ai ou non raison quand je m’inquiète de l’avenir immédiat du monde : dites-moi si en me penchant sur ce problème, je ne me suis pas penché sur le véritable problème.

Une seule chose peut empêcher la catastrophe, une et rien de d’autre : nous ne l’empêcherons pas en donnant plus de liberté, plus de garanties, ou de nouvelles constitutions ; nous l’empêcherons en nous efforçant de susciter, dans la mesure de nos moyens, une réaction salutaire et religieuse. Ainsi donc, messieurs : cette réaction est-elle possible ? Elle l’est certainement : mais est-elle probable ? Messieurs, je le dis avec une grande tristesse : je ne crois pas qu’elle soit probable. J’ai vu, j’ai connu de nombreux individus qui avaient abandonné la foi et y sont revenus : malheureusement, messieurs, je n’ai jamais vu un peuple retrouver la foi après l’avoir perdue.

Juan Donoso Cortés, Discours sur la dictature, 1849 (traduction personnelle et sans prétention)