Vous me direz, après Larbaud et Radiguet, le niveau baisse. Et je vous répondrai : oui. Il faut bien meubler les longs trajets en TGV, et cette nouvelle revue était proposée pour la modique somme d’un euro chez Relay. 320 pages pour un euro, je ne résiste pas.

Donc, Gentlemen’s Quarterly semble être une nouvelle revue masculine et mensuelle (du moins en France, outre-Atlantique c’est depuis longtemps une institution). Pas trop de famapouals et guère plus de dix pages consacrées à ce qui peut se passer dans une chambre entre adultes consentants (une discussion sur l’opportunité de voter MoDem aux municipales, par exemple). Pas trop de sport. Beaucoup de publicité, ce qui explique sans doute la modicité du prix (3,40 euros), mais pour des marques relativement haut de gamme. Les textes sont assez légers, pas excessivement bobo (même si on regrettera le reportage sur le street golf) et pas vraiment métrosexuel. Assez amusant, en fin de compte.

Une interview de François Bayrou par Frédéric Beigbeder. Posture convenue sur le thèmes le bling-bling c’est pas beau, moi je lis des livres tous les jours, je téléphone à Julien Gracq, pourquoi pas, quelques formules pas si malheureuses que ça (Bayrou dit “monter à cheval” tandis que Sarkozy, lui, monterait “sur des chevaux”), et après tout, entre un avocat hongrois et un agrégé de lettres classiques béarnais, je tends à me ranger du côté du deuxième. Soit.

Mais les choses se gâtent. Laissons la parole à François Bayrou.

- La France, ce n’est pas Rome ni la Russie : c’est un grand pays républicain, égalitaire.

(Rhô… ta gueule.)

- La France est la nation de la résistance.

(Et Brasillach, c’est pour ta mère ? – remarquez, ç’aurait pu être pire, l’animal aurait pu mettre une majuscule à résistance…)

- Et puis quelque part, il y a 15 ou 20 ans, du côté de Thatcher et de Reagan, il y a un courant de pensée qui a pris le dessus qui était que non seulement le progrès ne devait pas faire reculer les inégalités, mais que les inégalités étaient la condition, la cause, le moteur du progrès.

(Jusque là ça n’est pas mal somme toute, pas de contresens majeur).

- Et ceci entraîne un bouleversement du projet de société énorme : matérialisme croissant, inégalités croissantes, “peopolisation” croissante. [...] Et face à ce modèle, la France était un pôle de résistance …

(Ta gueule ! TA GUEUUULE ! PUTAIN MAIS TA-GUEU-LE !)

Gentlemen’s Quarterly. Vos voisins de TGV ne vous regarderont plus jamais comme avant.

One Response to “Gentlemen’s Quarterly”

  1. Elise Says:

    Bayrou par Beigbeder, c’est unique. Je vais aller voir au relay dès demain si il en reste, de cette revue pour gentlemen…

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