« Rebatet – J’ai eu la faiblesse de distinguer pendant près de quinze ans entre la France légale et la France réelle. C’est une des grosses erreurs de ma vie. J’en suis heureusement revenu depuis un bon bout de temps. Il n’y a pas vingt députés aptes à leur fonction sur six cents, et cela depuis les premiers jours de la Troisième. Mais ces minables ont été choisis par l’ensemble du peuple français.
Cousteau - La profession n’a jamais attiré les gens de qualité.
Rebatet - Mais ce sont les électeurs qui ont rendu cette profession encore plus dégradante que dans n’importe quel autre pays.
Cousteau - Moi aussi, j’ai marché dans la mystification du pays réel et du pays légal… C’était tellement commode… Ça arrangeait si bien les choses… On pouvait dénoncer l’abjection des gouvernants tout en conservant son estime aux gouvernés… D’un côté il y avait les macaques officiels et de l’autre une France idéale, transcendantale, métaphysique, parée de toutes les vertus, répandant une odeur de sainteté…
Rebatet - Sans cette fiction-là, comment pourrait-on être patriote ? Du jour où l’on s’aperçoit que Moch, Herriot et Francisque Gay, c’est vraiment la France, ça devient autrement ardu…
Cousteau - Mais je vais plus loin. Je ne me suis pas contenté de découvrir que la France réelle et la France légale ne font qu’un. J’estime qu’en définitive la France légale se situe plutôt à un cran au-dessus de la France réelle. Les hommes d’Etat sont souvent contraints par la nécessité à se comporter avec un minimum de décence et d’intelligence et de ne pas trop tenir compte de la volonté populaire. Ils seraient bien pires s’ils s’y soumettaient fidèlement. »

(Dialogue de vaincus)

Et pendant ce temps, à Radio Courtoisie, on n’entend plus que le bruit des oreilles qui sifflent…

One Response to “Rebatet et Cousteau sur le pays réel”

  1. France réelle « La voix dans le désert Says:

    [...] c’est paru il y a un petit moment maintenant), je disais donc, vous lirez avec attention cet extrait de Dialogue de [...]

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