« J’ai devant moi un des porteurs recrutés au dernier village. C’est un Laka. Quelle belle bête, pleine de sang et bien racée. Le poids de la caisse n’a aucune importance pour lui. Il marche à son allure vive, élégante, un peu dansante, très légère et donnant un peu l’impression de l’envol. Pourquoi les humanistes de France ne veulent-ils pas admettre que la tête du noir est faite pour porter des caisses et celle du blanc pour penser ? »

Ernest Psichari, Carnets de route, dans ses Œuvres complètes, t. I, éd. Jacques Lambert, Paris, 1948, p. 121

Au fait, peut-être qu’il n’est pas judicieux de lire les Mémoires de Casanova de Seingalt tout en apprenant par cœur des vers de Racine, mais en toute honnêteté, chers lecteurs : quand dans Phèdre, de Racine, Phèdre déclare – c’est dans la fameuse tirade où l’on trouve aussi les célèbres « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue » et « C’est Vénus tout entière à sa proie attachée » – donc, quand elle déclare « En vain sur les autels ma main brûlait l’encens », chers lecteurs, à quoi pensez-vous ?

6 Responses to “Jugement sans appel de Psichari, et question”

  1. Sébastien Says:

    “De victimes moi-même à toute heure entourée,
    Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée,
    D’un incurable amour remèdes impuissants !”

    La passion, fût-elle incestueuse, est plus forte que tous les remèdes de la religion. Et c’est le janséniste Racine, dont les pièces sont étudiées à l’école, qui écrit cela. Heureusement, à la fin de sa vie, il s’est racheté d’avoir dépeint la passion amoureuse sous des couleurs bien trop séduisantes.

  2. Restif Says:

    Je cous comprends mal amateur d’enfants (tristes) mais n’entends que trop bien que les fumées soufrées d’un vil glouton vénitien vous ont troublé la comprennette. Surtout que le faquin mal né dépassant ce qu’éprouve d’envie Delanoë pour Ségolène, vinaigrantdu vocable sur ce gentilhomme de Saint Germain (que Louis XV recevait en tête à tête LUI ; pas comme ce vielleux venu nous refiler un vieux projet de loterie italienne et qui osa se vanter publiquement -jusqu’à publier quelques pintardières vantardises- de l’ingratitude qui poussa ce nécromant à s’arracher des mains maternelles de notre sainte protectrice la très parfaite sage et immaculée inquisition- mais que vouliez-vous attendre d’un franc-maçon ?

    Seriez vous donc baigné de sueurs haletantes pour entrevoir je ne sais trop quelles images lascives dans la très pure et simplissime action de grâce que Phèdre fait à son ancêtre, la suppliant d’arrêter là les frais de cette omelette qui a mauvais signe – « Léda c’est moi »peut-elle après tout affirmer.

    « Quand m abouche implorait le nom de la déesse / J’adorais Hyppolite et le voyant sans cesse/ Même au pied des autels que je faisais fumer/ J’offrais tout à ce Dieu je ne n’osais nommer »
    Avec un esprit comme le votre, qui sait si vous ne seriez pas capable d’aller nous dénicher quelques métaphores poivrées , un émincé de connotation honteusement salaces. Fi, fi fi monsieur M. Roger.
    Le sens de cet encens n’est en rien indécence.
    Censeur !

  3. fandenimier Says:

    Z’êtes bourré, Restif ? Attention, hein, la soirée ne fait que commencer…

    Vous avez cependant raison, à mon avis. Les mots “autels” et “encens” n’avaient probablement pas de double sens dans l’esprit de Racine.

  4. Restif Says:

    Vous savez, les jansénistes…si on fait intevenir le concept un peu douteux d’inconscient… on arrivera à la placer votre analyse.
    Sinon…

    Je m’alcoolise à l’absolu.

    Mais pour avoir porté atteinte à l’impeccable tenu de ce blog, à sa gravité austère,enfin à ce jansénisme nimien (Athos choquait le baryton d’Opera!) je vous promets de lire -enfin!- l’Icosameron.

    Et en passant :
    “Ivrogne,ça veut dire un peu de ma jeunesse
    Un peu de mes trente ans pour une île au trésor
    Et c’est entre Pigale et la rue des Abesses
    que je ressuscitais quand j’étais ivre mort.

    Ivrogne, c’est un mot que ni les dictionnaires
    Ni les intellectuels ni les gens du gratin
    Ne comprendront jamais…c’est un mot de misère
    Que l’on prend pour de l’or à cinq heures du matin ”
    (B. Dimey, “Ivrogne,et pourquoi pas ?”, extrait)

    Malheureusement…Je m’alccolise à l’absolu et connais des extases qui parlent d’autres langues.

  5. Laureateship Says:

    Somehow i missed the point. Probably lost in translation :) Anyway … nice blog to visit.

    cheers, Laureateship.

  6. fandenimier Says:

    @ Laureateship

    Probably :)

    By the way, I don’t know if the words “altar” and “incense” are as ambiguous in English as “autel” et “encens” are in French…

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