Des Arabes

26 mai 2008

« La perfidie et la trahison sont les vices naturels des Arabes ; l’assassinat est très fréquent entr’eux ; ils ne croient pas aux promesses ; ils ne font jamais de conventions écrites, le poignard annulle, au gré du plus fort, tous les engagemens et toutes les obligations ; ils aiment à raconter leurs exploits, et, pour rendre l’histoire plus intéressantes, ils n’épargnent pas les mensonges : si le fait est contesté, le poignard résout la difficulté. Cependant les anciens usages de l’hospitalité se sont conservés, parmi eux, dans toute leur étendue. Le même Arabe qui, dans la plaine, est un brigand déterminé, devient généreux et hospitalier, dès qu’il entre dans sa tente. Leur guerre n’est qu’une espèce de pillage, et le premier choc décide de la victoire.
L’Arabe n’attaque que dans l’espoir d’un butin facile ; il ne croit jamais devoir exposer sa vie pour l’enlever : le combat fini, chaque parti enterre ses morts, et environne de pierres les tombeaux. L’âge de chaque guerrier est marqué par l’espace qu’occupe la fosse où il est placé. La cérémonie funèbre se termine ordinairement par les cris des femmes.
[...]
Les points les plus importans auxquels on s’attache, dans l’éducation des jeunes gens, c’est de leur apprendre à se servir du poignard avec dextérité, à déchirer adroitement leurs ennemis avec les ongles, et à soutenir un mensonge avec un air de vérité. »

Tableau historique des découvertes et établissemens des Européens, dans le nord et dans l’ouest de l’Afrique, jusqu’au commencement du XIXe siècle, ouvrage publié par la Société d’Afrique et traduit par Cuny, Paris, Fain, an XII (1803-1804), t. I, p. 113 à 115.

3 Responses to “Des Arabes”


  1. L’auteur parle des africains ou des arabes ? Des arabes vivant au Maghreb à une époque donnée, ou de ceux des forces conquérantes ?

  2. fandenimier Says:

    L’auteur parle des Arabes au sens où on l’entendait en 1800. En l’occurrence, des Arabes présents au Sahara (et épisodiquement en Afrique noire) plus particulièrement.


  3. Vu que l’on a tendance à ne pas prendre en compte le fait qu’être arabe, ça peut être une question de race, et pas une question linguistique, on assimile facilement les maghrébins à des saoudiens (eux mêmes confondus avec des syriens, allons-y gaiement !), chose intolérable de mon point de vue.

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