Cassons du sucre sur le dos de Jean-Paul
23 juin 2008
- Il faut éduquer le public c’est sûr – à cela Sartre sert admirablement – mais que tout son théâtre est gratuit ! si peu payé ! et sa philosophie ! Il lui faudrait 2 ans de prison – 3 ans de tranchées pour lui apprendre le véritable existentialisme et une condamnation à mort au cul pendant 10 années au moins – et une bonne invalidité – 75 p. 100 – alors il ne divaguera plus – il ne fabriquera plus des monstres gratuits -
Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Milton Hindus du 11 juin 1947, dans Rencontre à Copenhague, L’Herne, 2007, p. 123
L’activité qu’on appelle artistique, c’est à savoir de cabarets, music-halls, arts plastiques, mondanités et autres jeux de jambes, avait repris dès les premiers jours de l’Occupation. La nouvelle clientèle touristique avait marqué un grand intérêt pour ce canton de notre vie culturelle, qui connut pendant l’hiver et le printemps une enviable prospérité. Les intellectuels n’avaient pas non plus sujet de se plaindre. Ils se réunissaient, comme autrefois, dans les brasseries de Saint-Germain-des-Prés. On y rencontrait, paraît-il, Sartre, Simone de Beauvoir, Aragon ou Malraux. On les désignait aux soudards assis aux tables voisines qui regardaient avec respect ces ennemis du national-socialisme. Le récit des souffrances endurées par ces patriotes pendant le règne de l’obscurantisme a fait l’objet plus tard d’émouvantes monographies. Je n’ai jamais été touché par cette noble indignation. Je voyais aux vitrines des plus grandes librairies les livres de ces persécutés et même leurs photographies et des pages de leurs manuscrits. Des articles polis informaient le public des projets de ces fiers Sicambres et de leurs villégiatures. Eux, se plaignaient avec acrimonie de ne plus être les maîtres des quotidiens et de la radio. Je comprends très bien cette souffrance. Je puis assurer, toutefois, qu’elle n’est pas insurmontable. J’ai pu, en effet, survivre, pendant quarante-cinq ans, sans avoir trouvé aucun grand quotidien, aucune radio, aucune télévision qui représente ma sensibilité ou mes idées : je n’en suis pas mort de chagrin. J’ai appris qu’on s’habitue très bien à vivre sous n’importe quel ciel et dans n’importe quel décor.
Maurice Bardèche, Souvenirs, éditions du Pilon, 2007, p. 103
23 juin 2008 at 3:36
J’aime bien la réplique de Céline à Jean-Baptiste Sartre (sic) :
http://www.abbc2.com/solus/LFCbocal.html
25 juin 2008 at 2:11
@ Sébastien
Oui, ça n’est pas mal. Je crois qu’il y a une version PDF sur le site sédévacantiste que je mentionne plus bas.