Varia

19 juillet 2008

Je n’ai toujours pas lu une ligne de Renaud Camus (quand va-t-on se décider à l’éditer en livres de poche, bon sang ?) mais il prend d’intéressantes photos (sa bibliothèque, une plaque à la mémoire de Simone Weil, la pierre tombale d’Orélie-Antoine Ier, etc.).

En parlant d’édition, j’ai appris au hasard d’une thèse espagnole sur Drieu La Rochelle qu’un volume de La Pléiade à lui consacré était en préparation. La thèse datant du milieu des années 1990, je m’inquiète.

Comme je sortais de mon immeuble, un type (divers) a dit à un autre type (divers, de la même diversité) en me regardant : “C’est lui.” Si vous ne me voyez pas revenir, appelez la police.

4 Responses to “Varia”

  1. Restif Says:

    Il existe un Camus en ligne et absolument gratos, un Camus que ses admirateurs tiennent même pour l’un de ses chef d’oeuvre (si ce n’est LE Papyrus majeur de cette savante moustache). Si vous ne trouvez pas, d’ici une semaine je devrais bien vous dégottez ça.Je n’en ai lu que des morceaux…
    En intégral, je ne connais que son “Eloge du paraître”. C’est pour moi un prosateur-qui-tire-la-langue, pire que Gracq qui a de beaux moment ( “La grand Paon” sa préface au Chateaubriand de l’édition du centenaire en GF est sublime, et je maintiens hardiment le mot, même si je ne suis pas résolu à le suivre sur l’étonnant terrain : “Sa vie de Rancé enfonce vers l’avenir une pointe plus mystérieuse : ses messages en morse,saccadés,déphasés,qui coupent la narration tout à trac comme s’ils étaient captés d’une autre planète, bégayent déjà des nouvelles de la contrée où va s’éveiller Rimbaud”. J’ai eu beau relire la Vie de Rancé la prunelle exorbitée et savoir que l’éclair lyrique de Charleville connaissait bien M. le vicomte au point qu’on peut trouver dans ses “incroyables Florides” et autres lieux des boutures de notre rossignol des catacombes de la royauté- car il y a vraiment, révérence gardée-, un côté croque-mort satisfait d’embaumer chez l’amateur de sylphide- nul foudre rimbaldienne en ce Rancé enclose ne m’illuminât.

    Mais que je digresse ! (il faut dire que je fuis un boulot) –tout ça pour dire m’en coûtât-il de passer pour un barbare incapable d’apprécier la dentelle, que la prose de Camus m’est apparue comme le comble de l’afféterie, de celle qui semble se cacher et ne refuser la préciosité-qui assumée peut avoir bien des charmes – pour se réfugier dans un classicisme grisonnant, le genre parnassien de l’aphorisme “j’écris moi monsieur, je sculpte”, le type qui gratouille ses pont aux ânes en se passant en boucle et stéréo “ma coupe est parfaite, et ma scansion…Quel poème. Ah, ce rythme… je défaille! (qu’on me change mon slip blaonné, en soie cuisse de nymphe effarouchée). Je suis un TRES vieux Bordeaux FrAnçAis.” Bref, “grand écrivain appellation contrôlée” – on-ne-rigole-pas, une prétention qui masque mal une lourdeur à mes yeux définitive. 15 lignes de Léautaud en vis-à-vis donnent une impression de liberté, de légèreté… En voilà un qui se moquait pas mal de la postérité, certain qu’il était de n’en jamais profiter. Mais il aimait écrire, pour le pur plaisir, et c’est communicatif. Mais c’est évidemment subjectif.
    Je voulais vous remercier pour le Rebatet, je crois bien que c’est le seul que je n’ai jamais lu.
    Sans doute vous le l’ignorez pas mais, sait-on jamais : on trouve désormais sur Gallica « Les chroniques de la Régence et du règne de Louis XV de Barbier », je l’ai à peine entamé mais c’est agréable en diable.

    Autre remerciement : pour m’avoir proposé, simple commentateur, de jouer à ce questionnaire littéraire. Je ne ramasse pas le gant (simple expression hein, dont le goût talon-rouge plait à mon palais peu ochlocrate), parce que je n’ai pas le temps, et puis je ne crois pas que ça intéresserait grand monde. Mais c’était fort affable de votre part de me proposer votre hospitalité.
    Ps votre clausule me plonge dans une perplexité… On dirait le début d’un Holmes ou d’un Leblanc (j’ai vu que vous aimiez Leblanc, je l’adore tout simplement. Dorothée danseuse de corde est un délice. Je ne sais si vous connaissez ce travail fantasque mais -pourvu qu’on ait l’âme un peu rêveuse, voir farfelue- qui vous emmène dans des lointains de Brocéliande “Arsène Lupin supérieur inconnu”. Pas aussi apocalyptique que le “Jules vernes initié et initiateur” mais passionnant. Une érudition énorme au service d’une affaire plus mystérieuse qu’il n’y parait au premier abord. Mais il est très possible que ça ne vous intéresse pas du tout.
    (longuet aujourd’hui et j’en suis désolé. Mais ce sont les vacances et je suis célibataire -momentanément – aussi me pardonnerez-vous, j’ose l’espérer.)

  2. Mony V. Says:

    Drieu sera en Pléiade entre 2010 et 2012. J’ai lu ça il y a deux ou trois mois.

  3. Didier Goux Says:

    Pas du tout d’accord avec Restif. Mais je suppose que cela ne l’étonnera pas.

  4. Restif Says:

    (longtemps après en temps-web mais qu’importe)
    Didier, je répète : c’est subjectif. C’est bien pourquoi je conseil (modestement) d’aller y voir par soi-même. Je trouve cette prose artificielle au possible, mais Léautaud en disait bien autant du style de Suarès que j’aime.

    Ps Je ne sais pourquoi ces choses grimaçantes et fort laides qu’on nomme “smileys” ont fait apparition dans l’un de mes coms. C’est évidemment involontaire.

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