Bribes
4 septembre 2009
… de conversation avec un vieil ami. Un grand sentimental.
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- Je viens de lire un livre extraordinaire… c’est d’un certain… Jean Raspail, ça s’appelle… Le Camp des saints. En 1973, quand j’avais votre âge, j’étais un jeune con, j’étais de gauche, pensez donc ! C’est mal écrit, mais c’est très bien vu. Vous connaissez ?
(…)
- Non, mais vous voyez, si la France est dans la merde aujourd’hui, ce n’est pas de la faute de ses hommes politiques… ils ont toujours fait de la merde… c’est de la faute de ses prêtres et de ses évêques ! Ils n’ont plus de couilles, voilà le problème !
(…)
- Sartre, vous comprenez, ils nous a eu. Ils nous ont tous eus, moi, ma femme, à l’époque. Sartre, Beauvoir, le MLF, toutes ces conneries.
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- Vous et moi sommes deux catholiques, nous savons ce que c’est, et bien il faut avoir le courage d’ouvrir les yeux sur les monceaux de merde dont l’Église est responsable, sans pour autant insulter notre Mère ! Vous avez lu un bon livre d’un prêtre ou d’un évêque, récemment ?
- Non.
- Moi j’ai lu le dernier bouquin de… Dagrens… un truc comme ça.
- Dagens, l’académicien ?
- C’est ça. De la merde ! Rien que de la merde ! [NB : Il s'agit probablement de la Méditation sur l'Église catholique en France]
(…)
Il ressemble beaucoup à Léon Bloy : recours fréquent au vocabulaire scatologique, appétence marquée pour les théories du complot, bien qu’il s’en défende… Ce sont des gens comme ça qui vous rendent heureux d’exister. Bonne nuit.
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Je lui écris tranquillement, sans penser à mal, et au même instant, que choisit la fonction lecture aléatoire de Windows Media parmi mes 30 Go de musiques diverses ? All you need is love, des Beatles. Si Bill Gates s’y met, on ne va pas s’en sortir… Pardon d’avoir partagé ça avec toi, public adoré. Je vous ai déjà raconté que je n’avais jamais eu de chance avec les trucs aléatoires ? Une fois, à dix-sept ans, j’ai ouvert la Bible au hasard pour trouver quel sens donner à ma vie. Je ferme les yeux, j’ouvre le bouquin, j’avance le doigt. “Tu seras prêtre pour toujours, selon l’ordre de Melchisédech”. Remarquez, la seule conséquence que j’en ai tiré, c’est qu’il ne faut pas ouvrir la Bible au hasard quand on cherche quel sens donner à sa vie. Bonne nuit.
Retour aux fondamentaux
15 mai 2009
… avec Juan Donoso Cortés, précurseur d’Ellul et Kaczynski, ce que tout le monde ignorait jusque là.
Messieurs, je vous prie d’observer une chose. Dans le monde antique, la tyrannie était cruelle et destructrice [en espagnol, le magnifique asoladora], et cependant cette tyrannie était limitée dans ses moyens, parce que les États étaient de petite taille, et parce que les relations internationales étaient à tout point de vue impossibles ; c’est pourquoi il n’y eut pas au cours de l’Antiquité de tyrannie à grande échelle, exceptée celle de Rome. Mais aujourd’hui, messieurs, comme les choses ont changé ! Messieurs, les chemins sont préparés pour un tyran gigantesque, colossal, universel, immense ; tout est préparé pour lui : messieurs, observez-le bien ; il n’y a plus d’obstacles matériels ou moraux. Il n’y a plus d’obstacles matériels, parce qu’avec les bateaux à vapeur et les chemins de fer, il n’y a plus de frontière. Il n’y a plus d’obstacles matériels, parce qu’avec le télégraphe électrique, il n’y a plus de distances. Et il n’y a plus d’obstacles moraux, parce que tous les esprits sont divisés, et parce que tous les patriotismes sont morts. Dites-moi, alors, si j’ai ou non raison quand je m’inquiète de l’avenir immédiat du monde : dites-moi si en me penchant sur ce problème, je ne me suis pas penché sur le véritable problème.
Une seule chose peut empêcher la catastrophe, une et rien de d’autre : nous ne l’empêcherons pas en donnant plus de liberté, plus de garanties, ou de nouvelles constitutions ; nous l’empêcherons en nous efforçant de susciter, dans la mesure de nos moyens, une réaction salutaire et religieuse. Ainsi donc, messieurs : cette réaction est-elle possible ? Elle l’est certainement : mais est-elle probable ? Messieurs, je le dis avec une grande tristesse : je ne crois pas qu’elle soit probable. J’ai vu, j’ai connu de nombreux individus qui avaient abandonné la foi et y sont revenus : malheureusement, messieurs, je n’ai jamais vu un peuple retrouver la foi après l’avoir perdue.
Juan Donoso Cortés, Discours sur la dictature, 1849 (traduction personnelle et sans prétention)
Une page 123, quelques nouvelles et deux petits nouveaux
11 septembre 2008
Je m’aperçois bien tardivement que Raveline de Big Blogger m’a suggéré de participer à un jeu, et comme je suis joueur, allons-y. La page 123 du livre le plus proche (Du monde entier au coeur du monde, de Cendrars)… pas de ligne après les cinq premières, donc je vous mets le tout :
L’âme humaine
Une culasse de 75
Mon portrait
Février 1919
Ça vous la coupe, hein ?
Tant que vous y êtes, allez voir Big Blogger. C’est manifestement un étudiant en histoire, c’est érudit, c’est raffiné, c’est bien. Un peu comme ici, en fait. Vous pouvez aussi passer lire Blogskaïa. C’est mis à jour tous les trente-six du moi, un peu chébran – enfin, je dis ça parce qu’au contraire de l’auteur de ce blogue, je suis incapable de citer une demi-douzaine de peintres nés après 1900 – mais intéressant.
Vous êtes dans les cent cinquante à passer ici chaque jour quand je n’écris rien. Vous êtes bien bons. Je suis flatté. Et quand ça buzze un peu (l’affaire Gouguenheim, Sarah Palin, etc.), vous êtes dans les trois cents-quatre cents, ce qui me vaut à l’occasion les honneurs du classement WordPress en tête duquel caracole le Grand Charles. Néanmoins, dans quelques jours, ça sera fini pour de longs mois. Je fermerai sans doute l’accès ici pendant cette période. J’ouvrirai peut-être ailleurs, mais ce sera sous un autre nom, il n’y aura probablement pas de lien depuis ce blog, et ce sera très différent. Dans le genre états d’âme du réactionnaire loin de son foyer, en essayant d’éviter l’exhibitionnisme ou la pornographie. Quoique.
Bonus : Allez donc lire ce petit chef-d’œuvre de mauvais goût. Un décès, un viol, une dépression à surmonter ? N’hésitez plus : lisez le Forum catholique.
Égalité, solidarité, sécurité
18 juin 2008
… ce sont les thèmes abordés par les programmes d’éducation civique en classe de cinquième (deuxième année du collège en France, les 12-13 ans). Surtout, surtout, se garder d’en tirer des conclusions.