Je pensais vous faire un billet sur les pratiques sexuelles non directement liées à la procréation dans la théologie morale catholique, en référence au brillant post de l’amiral Woland sur la journée de la femme qui a dégénéré en débat sur la fellation (oui, après une semaine sans billet, il faut bien faire remonter les statistiques), mais ça va attendre un peu, le temps que je me documente.

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En Alabama, un type vient de tuer neuf personnes avant de se suicider. Résigné, je m’attends à une avalanche de commentaires pontifiants sur les méchants Américains qui autorisent le port d’armes, alors que chacun sait que les armes, c’est mal, c’est fait pour tuer, etc., bien fait pour eux. De fait, la législation de l’Alabama en matière de port d’armes est on ne peut plus libérale.

Et puis voilà qu’avec beaucoup d’à-propos – et un sens des proportions tout à fait louable – un autre chtarbé prend un fusil et tue neuf personnes. Où ça ? En Allemagne. Les discours convenus sur le thème “les gens tuent parce que les armes circulent librement” font pschiiit, comme disait l’autre. Eh oui, l’Allemagne est l’un des pays les plus restrictifs au monde en matière de port d’armes. (Socialistes et autres étatistes partisans du gun control, inutile d’intervenir dans les commentaires, vous êtes sur un blog libéral et réactionnaire, c’est dire si vous parleriez dans le vide).

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Enfin, en attendant mon brillant exposé sur les subtilités de la distinction entre pollutio et distillatio, vous pouvez lire Splendeurs et misères des courtisanes, du grand, de l’unique, de l’immortel Balzac. Certains passages semblent extraits d’une pièce de théâtre (Balzac a d’ailleurs écrit pour le théâtre, sans grand succès) : la scène dans laquelle le baron de Nucingen tombe sur une autre fille que celle qu’il recherchait, se faisant délester au passage de trente mille francs, est du très très grand boulevard (de mémoire “Un peu, mon neveu !” dit l’Anglaise qui parlait très bien le français, etc.).

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Ah, tiens, je viens de recevoir une invitation pour un colloque intitulé “Satanisme et perversion de la jeunesse. L’exemple de la profanation des tombes. Quelle responsabilité de l’État dans l’éducation et le respect du sacré ?”. La fondation qui l’organise a le culot de s’appeler Liberté politique. Cherchez l’erreur, à moins que la réponse à la question soit “L’État n’a bien évidemment aucune responsabilité dans l’éducation et le respect du sacré. Qu’il fiche la paix au sacré et réciproquement”. J’en doute, car participent entre autres à ce colloque un député UMP “chargé d’une mission du groupe UMP sur la lutte contre les profanations de sépultures” [sic pour les missions parlementaires qui ne servent à rien - qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir faire ? une loi spécifique sur les profanations de sépulture, avec un article par confession religieuse et un alinéa par type de graffiti ?], un laïc s’occupant d’un “réseau de chrétiens engagés contre les incivilités antireligieuses” [re-sic pour les catholiques qui adoptent la novlangue socialo-républicaine, ou l'inverse], un prêtre auteur d’un bouquin intitulé Culture jeune et ésotérisme : Vers une dérive antichristique de la culture des jeunes? [re-re-sic, dans leur immense majorité, les jeunes Français n'ont absolument rien à foutre du Christ, c'est peut-être un problème qu'il faudrait commencer à regarder en face, au lieu de partir dans des fantasmes sur le satanisme et consorts]. Tous ces gens sont évidemment courageux et méritants, et je devrais fermer ma gueule, puisque je ne fais rien pour lutter contre les incivilités religieuses.

Excusez le ton un peu agacé de ce paragraphe. Je n’en peux plus des ces catholiques qui hurlent lorsque l’État propose des séances de formation à l’homosexualité ou des cours de laïcisme, et sont les premiers à exiger des formations au respect du sacré ou à la paternité responsable. Essayez d’être cohérents, merde. La meilleure chose que l’État puisse faire, c’est foutre la paix aux gens et s’occuper de ce qui le concerne (en l’occurrence, les orientations politiques, religieuses ou sexuelles des gosses ne concernent pas le moins du monde la puissance publique. Et celles de leurs parents non plus. )

Varia (2)

18 février 2009

- Je lis le Voyage en Italie de Montaigne et relis les Voyages de Gulliver, histoire de me nettoyer l’esprit après un roman africain merdique que je suis censé chroniquer élogieusement – découvrant, au passage, le concept d’écriture alimentaire. Je viens de lire Les Illusions perdues de Balzac, et ben voyez, ça n’a pas beaucoup changé. Cela dit, chroniquer incognito dans l’équivalent local de la Pravda, j’avoue que c’est amusant. Je précise, pour rassurer la HALDE, que les bons romans africains, c’est rare, mais ça existe.

- La France a lancé récemment une grande enquête sur les commémorations de la traite négrière en Afrique. Réponse de la quasi-totalité des ambassades : chez nous, aucune ou presque aucune commémoration liée à l’esclavage, 1) parce que tout le monde s’en fout 2) parce que commémorer la traite créerait des dissensions entre ethnies ex-esclavagistes et ethnies ex-esclavagisées 3) parce que la traite des femmes et des enfants existe toujours, et que l’esclavage en général n’est donc pas vraiment un sujet à aborder sur la place publique. Alors, quand je vois tout le foin qu’on fait à ce sujet en métropole et dans les départements d’outre-mer, je me permets de ricaner.

- Une tentative de putsch à Sao-Tomé, une autre en Guinée équatoriale… on se rapproche, on se rapproche, encore un effort. Pour les putschistes amateurs, je signale que la Guinée équatoriale est le pays idéal. Ou plus précisément l’île de Bioko, à la limite, le Rio Muni, on s’en branle (la Guinée équatoriale a une partie insulaire et une partie continentale). 2 000 kilomètres carrés, 150 000 habitants à tout casser, des gisements pétroliers faramineux. Le genre de territoire dont on peut s’emparer avec 200 hommes décidés. La seule difficulté, c’est de trouver les bonnes potiches locales pour que l’ONU ne croie pas au retour du colonialisme. J’dis ça, j’dis rien.

Vacances

19 août 2008

Dans le train, deux femmes, une petite cinquantaine d’années pour l’une, une grosse vingtaine pour l’autre. Bonnes copines. De complexes histoires de familles. La plus jeune hésite à faire un enfant, et ne sait pas encore avec qui - ce doit être la première fois que j’entends une femme exposer aussi crûment que faire un enfant est devenu un projet individuel. Il y a quelques années, j’aurais été choqué – avec une petite prière pour le salut de son âme - aujourd’hui, je m’en contrefous. Elle est brouillée avec sa mère, mais l’autre veut bien servir de grand-mère. Intéressant. Moins que Bande à part, de Jacques Perret – dans un style assez proche de Nimier, je recommande. Le Caporal épinglé est paraît-il excellent.

Beaucoup de mariages, dans un certain milieu. Au troisième rock sur Canary Bay (ou Les rues de Moscou, ou Enola Gay…), je commence à fatiguer. Revue des vieilles connaissances. Magnifiques messes, excellents traiteurs. To be continued…

Relu Le Père Goriot, qui mérite sans aucun doute le titre de meilleur roman jamais écrit. Ne me demandez pas pourquoi.

Cinéma : allez voir Le Prince Caspian (deuxième opus de Narnia), c’est formidable.