Céline meilleur avocat du christianisme
10 février 2009
« La supériorité pratique des grandes religions chrétiennes, c’est qu’elles doraient pas la pilule. Elles essayaient pas d’étourdir, elles cherchaient pas l’électeur, elles sentaient pas le besoin de plaire, elles tortillaient pas du panier. Elles saisissaient l’Homme au berceau et lui cassaient le morceau d’autor. Elles le rencardaient sans ambages : “Toi petit putricule informe, tu seras jamais qu’une ordure… De naissance tu n’es que merde… Est-ce que tu m’entends ?… C’est l’évidence même, c’est le principe de tout ! Cependant, peut-être… peut-être… en y regardant de tout près… que t’as encore une petite chance de te faire un peu pardonner d’être comme ça tellement immonde, excrémentiel, incroyable… C’est de faire bonne mine à toutes les peines, épreuves, misères et tortures de ta brève ou longue existence. Dans la parfaite humilité… La vie, vache, n’est qu’une âpre épreuve ! T’essouffle pas ! Cherche pas midi à quatorze heures ! Sauve ton âme, c’est déjà joli ! Peut-être qu’à la fin du calvaire, si t’es extrêmement régulier, un héros, ‘de fermer ta gueule’, tu claboteras dans les principes… Mais c’est pas certain… un petit poil moins putride à la crevaison qu’en naissant… et quand tu verseras dans la nuit plus respirable qu’à l’aurore… Mais te monte pas la bourriche ! C’est bien tout !…Fais gaffe ! Spécule pas sur des grandes choses ! Pour un étron c’est le maximum !…”
Ça ! c’était sérieusement causé ! Par des vrais pères de l’Église ! Qui connaissaient leur ustensile ! qui se miroitaient pas d’illusions ! »
Louis-Ferdinand Céline, Mea Culpa
Céline sur le réchauffement climatique
12 décembre 2008
“La Terre se réchauffe.”
(Louis-Ferdinand Céline, Les beaux draps, édition numérisée par des fascistes en goguette, disponible quelque part sur Internet, années 2000, p. 65)
Après que le Maître a parlé, le doute est-il encore permis, mécréants ? Autre chose : il se confirme que l’un des grands drames de l’existence est que nous attendons des autres ce qu’ils ne peuvent pas nous donner, et vice-versa. Dans cette conversation d’hier soir, par exemple, il est manifeste que l’un (votre serviteur) n’arrive pas à amorcer la conversation brillante dont il rêve, tandis que le désir de relations sexuelles rémunératrices de l’autre reste inassouvi.
- C’est un peu comme chez Sartre, en fait. Tu connais Sartre ?
- Non.
- Ce n’est pas très grave. De toute façon, il n’a jamais fait que mal lire Heidegger. Tu connais Heidegger ?
- Non.
- …
- …
- …
- Est-ce que tu baises ?
- Non.
Éloquent, n’est-ce pas ? C’est désespérant, mais je suis incapable de me comporter comme la plupart des personnes de mon entourage, qui ne se font aucun scrupule de sauter des gamines, de tromper leur femme, de piquer dans la caisse, etc. J’ignore pourquoi. La pression familiale ? En matière religieuse, morale, politique, etc., j’ai coupé le cordon depuis pas mal de temps déjà. Dieu ? J’ai de plus en plus de mal à y voir une bonne raison de s’interdire certaines choses. La morale naturelle ? Foutaises. J’ai peut-être trouvé une réponse intéressante chez Georges Darien (Le Voleur, c’est à lire). “Mais, en somme, si je me conduis bien, c’est que ça me fait plaisir.”
Lectures à venir
17 juin 2008
Gabriele d’Annunzio, Paolo Alatri
The Cambridge History of Twentieth-Century Political Thought, Terence Ball & Richard Bellamy (éd.)
The State against the State – The theory and practice of the coup d’Etat, Eric Carlton
Les coups d’Etat militaires en Afrique noire, Jean-Pierre Pabanel
Rencontres à Copenhague, Louis-Ferdinand Céline & Milton Hindus
Et les oraux du CAPES, me direz-vous ? On y réfléchit…