Brink sur l’Afrique du Sud
11 mai 2009
André Brink est un bon écrivain (comme beaucoup de Sud-Africains – à mes yeux l’Afrique du Sud est l’un des derniers coins d’Occident où l’on écrit des choses dignes d’intérêt) (The Ambassador et A Dry White Season sont à lire), et certainement pas un réactionnaire, puisque voir des analphabètes alignés devant un bureau de vote lui donne la trique (à soixante-treize ans ! ô démocratie). Cependant, il n’aime pas Jacob Zuma (j’ai toute une théorie selon laquelle Zuma est le premier chef d’Etat sud-africain à ressembler à ce point aux… autres chefs d’Etat africains, ce qui n’augure rien de bon, bref, un autre jour peut-être), ni l’ANC, et a fait ces dernières années quelques déclarations intéressantes (ajoutées par un mauvais esprit sur son article Wikipédia).
« Si je regarde certains politiciens, ils sont aussi arrogants que nos anciens responsables sous l’apartheid. Cette combinaison d’arrogance et d’idiotie est vraiment difficile à avaler, parce que c’est contre cet état d’esprit que nous nous étions tous mobilisés. La lutte contre l’apartheid, c’était la lutte contre un pouvoir aussi arrogant qu’oppressif. Personne ne se rend compte aujourd’hui que le pays n’a plus de temps à perdre. La fin de l’apartheid n’a rien changé à la vie quotidienne des Sud-Africains les plus pauvres. Quand je pense à tout cela, mes regrets ne me chagrinent plus. Ils me rendent furieux. »
(Le Monde, 2007)
« Je partage avec d’autres, noirs, bruns, blancs, cet endroit de la terre où ma mère et mon père sont enterrés, et mes grands-parents, et leurs ancêtres, depuis des générations et des générations. Cela signifie que nous nous sommes assimilés par près de quatre siècles de vie sur ce continent, et qu’en retour nous avons assimilé ces siècles dans nos os et notre sang : les rythmes de sécheresse et d’inondation, les famines et l’abondance, les cruautés inhumaines et les meurtres et les privations, les rires et l’amour, la pitié et la générosité. Tout ceci a eu un prix, et nous l’avons payé parfois de mauvaise grâce ou même avec ressentiment, souvent avec joie et bonne volonté. »
(Libération, 2008)
Ah, l’art moderne…
18 novembre 2008
Genève, 18 nov 2008 (AFP) – La salle rénovée du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève a désormais des allures de soucoupe volante dominée par une voûte à la fois marine, rupestre et galactique après l’intervention du peintre espagnol Miquel Barcelo.
“Cet espace, c’est un peu de la science-fiction.
C’est comme un Conseil intergalactique, avec des gens et des langues tellement différents, avec des opinions si opposées”, explique l’artiste mallorquin en passant avec aisance du castillan au français.
Oui.