Best of requests

24 septembre 2009

“Du cul, du cul, du cul”

par qui aimeriez vous vous faire cirer la bite (je connaissais le bizutage, pas la pratique déviante)

numéro de putes dans l’aube (vous les préférez à l’aube, fatiguées, soumises, après une nuit de travail ? pourquoi pas, après tout ; ah, le département peut-être)

les métisses des putes en afrique (vous me faites peur, là, tout d’un coup, la paternité généreuse et responsable, j’avais prévu ça pour plus tard)

actualité faits reels fellation (nooon ? alors ça arrive en vrai ?)

baronne a gros nichons (aller draguer à l’ANF, ça c’est une idée)

armagnac (site des putes) (vous seriez gentil de bien vouloir laisser le mien là où il est – l’armagnac)

“Politique d’abord”

ecologie est ce foutu (oh, encore quelques décennies à supporter les conneries des rouge-verts, et ça devrait s’écrouler)

on est foutu en france (je ne vous le fais pas dire)

fatigué des cons (…)

“Alma Mater”

dea sur la lettre écarlate et les lieux (ça a l’air trop bien, je savais qu’il ne fallait pas que j’arrête la recherche)

“Dada”

animal avec une femme vide (gastronomie ? zoophilie ? je préfère ne pas savoir)

colonne baroque synthetique (il n’y a pas de limite au mauvais goût, mais tout de même…)

“Réacosphère People”

polydamas sexe site:http://baroqueetfatigue.wordpress.com/ (vous feriez mieux de vous adresser directement à l’intéressé, mais je vous préviens, il l’a récemment réaffirmé avec vigueur : pas avant le mariage !)

“La Terre se réchauffe.”

(Louis-Ferdinand Céline, Les beaux draps, édition numérisée par des fascistes en goguette, disponible quelque part sur Internet, années 2000, p. 65)

Après que le Maître a parlé, le doute est-il encore permis, mécréants ? Autre chose : il se confirme que l’un des grands drames de l’existence est que nous attendons des autres ce qu’ils ne peuvent pas nous donner, et vice-versa. Dans cette conversation d’hier soir, par exemple, il est manifeste que l’un (votre serviteur) n’arrive pas à amorcer la conversation brillante dont il rêve, tandis que le désir de relations sexuelles rémunératrices de l’autre reste inassouvi.

- C’est un peu comme chez Sartre, en fait. Tu connais Sartre ?

- Non.

- Ce n’est pas très grave. De toute façon, il n’a jamais fait que mal lire Heidegger. Tu connais Heidegger ?

- Non.

- …

- …

- …

- Est-ce que tu baises ?

- Non.

Éloquent, n’est-ce pas ? C’est désespérant, mais je suis incapable de me comporter comme la plupart des personnes de mon entourage, qui ne se font aucun scrupule de sauter des gamines, de tromper leur femme, de piquer dans la caisse, etc. J’ignore pourquoi. La pression familiale ? En matière religieuse, morale, politique, etc., j’ai coupé le cordon depuis pas mal de temps déjà. Dieu ? J’ai de plus en plus de mal à y voir une bonne raison de s’interdire certaines choses. La morale naturelle ? Foutaises. J’ai peut-être trouvé une réponse intéressante chez Georges Darien (Le Voleur, c’est à lire). “Mais, en somme, si je me conduis bien, c’est que ça me fait plaisir.”

« En général, je te soupçonne de prendre l’amour terriblement au sérieux. Fais-le si tu veux, aime avec toute sorte de trucs idéals si ça te plaît, c’est ton affaire, ça ne me regarde pas. Ce qui me regarde, c’est de t’enseigner les jeux légers de la vie ; dans ce domaine, je suis ton professeur et je te l’apprendrai mieux, crois-moi, que ta bien-aimée idéale ! Ça te ferait du bien, Loup des steppes, de coucher de nouveau avec une jolie fille.
– Hermine, m’écriai-je, torturé, regarde-moi donc, je suis un vieil homme !
– Tu es un gosse. Et, de même que tu as été trop paresseux pour apprendre à danser, avant qu’il ne soit presque trop tard, tu as été trop paresseux pour apprendre à aimer. L’amour idéal et tragique, ô mon ami, tu le connais à merveille, je n’en doute pas, tous mes compliments ! Mais tu vas me faire le plaisir d’apprendre à aimer d’une façon plus humaine et plus ordinaire. »

Hermann Hesse, Le Loup des steppes

Si je suis bien, ça veut dire qu’il faut que j’oublie définitivement K* (non, elle ne s’appelle pas Kevina), ça tombe bien, c’est en bonne voie, et que je me tape N*, qui a le bon goût de préférer la robe à la mini-jupe, est plutôt demi-mondaine que serveuse montante, me regardait avec de drôles d’yeux un de ces soirs, et n’a probablement fêté ses dix-huit ans que très récemment – ou pas du tout ? On en apprend, des choses, en lisant Hesse. Ah, s’il n’y avait pas ces presque vingt années d’éducation bourgeoise et catholique, ces vingt années qui font qu’une jeune fille blonde et rougissante, déguisée en publicité Cyrillus, à genoux à vos côtés sur un banc de communion, restera toujours votre horizon sentimental ultime, alors qu’un corps somptueux, mis en valeur avec art, et complaisamment offert, ne vous arrachera jamais, au mieux, qu’une érection fugace – et à contrecœur encore. Il y a probablement une solution intermédiaire, permettant de ne pas prendre l’amour trop au sérieux, sans aller jusqu’à sauter des putes. Je vous tiens au courant.

Considérations pratiques mises à part, lisez Le Loup des steppes, je ne suis sans doute pas le premier à vous le dire, mais ça en vaut la peine. Pardon pour le très mauvais jeu de mots qui sert de titre à ce billet, et dont le sens n’est accessible qu’aux irréductibles amateurs de Rock around the bunker, s’il s’en trouve encore.

Bonne nouvelle

4 novembre 2008

En boîte, à N*. Une jolie jeune personne s’est discrètement infiltrée dans le groupe avec lequel je suis, et au sein duquel, à ma décharge, je ne connais que quelques personnes. Elle est un peu légèrement vêtue, mais il y a pire.
- Salut !
- Salut !
- Comment tu t’appelles ?
- X*. Est-ce que tu baises ?
Et meeeerde. Encore une pute. Bon, la bonne nouvelle, c’est que j’ai éclaté de rire en l’entendant dire ça. Ce qui tend à prouver que je vais très bien.

J’m'excuse hein, c’est un peu trash, mais sur le blog en accès restreint où je donne des nouvelles aux gens que j’aime (même si je vous aime aussi beaucoup, chers lecteurs), y’a ma grand-mère et mes p’tits frères qui passent de temps en temps, alors je vous mets ça ici.

Demi-mondanités

27 octobre 2008

Toute ressemblance avec des faits réels serait fortuite.

Les seins dorés brûlants des filles
Passent à deux pas de mes dix doigts.
(Michel Sardou, Afrique adieu)

À l’instant de s’endormir, Jacques songea que la soirée qui venait de s’achever prendrait sans doute rang parmi les plus intéressantes de sa courte existence. Sur les vingt heures, il était allé dîner avec quelques amis dans l’un des meilleurs restaurants de la ville. Le repas fut fort agréable ; il s’était régalé d’un généreux plat de tagliatelles, accompagnées de crevettes – d’une taille peu commune, celles-ci provenaient du fleuve au-dessus duquel ils étaient attablés –, le tout arrosé d’un honnête vin de Loire. Ils abordèrent des sujets que le jeune homme affectionnait : Amérique du Sud, caves et littérature de voyage. La plupart des convives souhaitèrent continuer la soirée dans un bar voisin, avec une bouteille de tequila pour objectif avoué ; toutefois R., l’un des plus âgés du groupe, en poursuivait un autre : il cherchait, sans grandes illusions, à récupérer le portefeuille qu’une entraîneuse lui avait habilement subtilisé la veille. La tentative fut d’ailleurs vaine, la présumée coupable n’étant pas une habituée de l’endroit ; elle avait probablement déjà traversé la frontière. Le gros de la clientèle était formé ce soir par une demi-douzaine d’Américains travaillant dans la construction, qui, pour fêter l’achèvement d’un important chantier, goûtaient au repos du guerrier. M., présent dans le pays depuis bientôt trois ans, détailla à Jacques l’une de ses copines, la lui montrant sous toutes les coutures avec des intonations de maquereau ; par politesse, il accorda quelques secondes d’attention à ce corps complaisamment dévoilé, mais ne crut pas devoir mener plus avant son examen.

Quatre seulement prirent le parti de se rendre ensuite au D***, l’une des deux seules boîtes fréquentables de la ville ; Jacques avait cédé aux instances des trois autres, ne pouvant décemment repousser à plus tard sa découverte des folles nuits de N***. Ils avaient retrouvé Y. et Z., et c’est ce dernier, qui, d’une phrase, donna le ton : « putain, c’est jamais extraordinaire, mais ce soir elles sont vraiment à chier ; si à une heure et quart j’ai rien trouvé, j’me casse ». Toutes les filles présentes dans la boîte, deux ou trois exceptées, faisaient commerce de leurs charmes ; chacun concéda à Z. que la plupart des articles n’étaient pas de toute première fraîcheur. Les sarcasmes visèrent tout particulièrement une perruque blonde, et Jacques ne fut pas le dernier à manquer de charité – plus jeune, la fréquentation occasionnelle des rallyes lui avait donné un sens assez sûr de ce que le bon goût autorise aux jeunes filles soucieuses de leur apparence.

Deux cocktails plus tard, il se voyait assiégé par une autre copine de M. : S., qui avait estimé que les vingt-deux ans de Jacques lui permettraient peut-être, pour une fois, de joindre l’agréable à l’utile – car les cinquantenaires usés constituent le gros de la population européenne, masculine et célibataire de N*** –, lui déclarait sa flamme dans un français approximatif. Il fut d’abord mal à l’aise – qu’aurait dit son directeur spirituel en le voyant dans ce lieu de perdition ? –, avant de se décider à faire bonne figure. À l’imitation de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui priait consciencieusement quand il fallait prier, et consciencieusement bavardait à l’heure de la récréation, il s’efforça de présenter un visage avenant à celle qui tentait de le séduire. Jacques avait été entrepris par l’une des plus désirables, sinon la seule sur laquelle il eût, dans la rue, posée un regard flatteur ; d’ordinaire il n’était guère amateur de beautés noires, mais, songeait-il en se rajustant, il fallait admettre que celle-ci était remarquablement proportionnée.

Ce jeune homme introverti, qui avait reçu de ses parents une éducation chrétienne, conservait une inclination marquée pour le romantisme ; aussi la prostitution lui inspirait-elle généralement une certaine réserve. Jacques savait cependant fort bien que les choses n’étaient pas aussi simples ; dans cette région du monde, beaucoup ne pratiquent ce métier qu’occasionnellement, cherchent à se ranger quelques mois auprès d’un type qui jouirait d’une relative aisance financière, et, si possible, ne nourrirait pas de fantasmes trop déviants. Non, décidément, même en envisageant ainsi le problème, ce genre de relation ne l’intéressait pas. Il devait donner le surlendemain un cours sur l’amour chrétien aux jeunes adultes de la paroisse voisine, et tenait à conserver à sa vie tumultueuse un semblant de cohérence – d’unité, pour employer le vocabulaire précis de l’Église catholique.

S. l’entraîna vers la piste ; il dansa avec elle un certain temps, sans grande conviction, mais refusa obstinément de lui offrir à boire : il aurait été discourtois d’encourager une entreprise vouée à l’échec. S., plus subtile qu’il n’y paraissait, finit par se rendre compte que son partenaire manquait d’enthousiasme, et lui posa une question dans laquelle il crut déceler une réelle compassion : « pourquoi tu es triste ? ». Jacques, soulagé d’être percé à jour, lui répondit que pour l’attirer, une jeune fille devait être pieuse, intellectuelle et timide ; S., malgré d’indéniables arguments en sa faveur – qu’il effleura, distrait –, ne présentait vraisemblablement aucune de ces trois qualités ; en conséquence, si elle tenait à finir la soirée en bonne et lucrative compagnie, il serait préférable qu’elle porte ailleurs ses efforts. Elle ne renonça pas ; Jacques, retrouvant quelques instants après un visage connu, s’y raccrocha, prit congé et sortit, pour aller trouver un sommeil étrangement paisible.

Lors de sa prochaine bordée, il rencontrera sans doute une amie de S. ; elle se présentera à lui comme une putain timide, intellectuelle et pieuse. Rougissante, elle amorcera la conversation en évoquant la thèse d’Hannah Arendt – Le Concept d’amour chez Augustin. Trois heures plus tard, ils rentreront chez lui, tendrement enlacés ; tout en absorbant armagnac, cigarillos et chocolat aux écorces d’orange confites, ils commenteront la morale sexuelle de saint Thomas d’Aquin – Somme théologique, IIa-IIae, qu. 154-155 ; puis Oh Love Divine, chœur final de Theodora, annoncera le début d’une brève nuit. Réveillés à l’aube, ils se confesseront, entendront la messe et recevront la sainte communion. Neuf mois plus tard naîtra un petit métis (les yeux clos, esquissant un sourire, Jacques récita « Mes pareils à deux fois ne se font point connaître / Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître » – il avait toujours su se montrer spirituel). Ils l’appelleront Pharamond. Les grands-mères de Jacques râleront un peu, pour la forme. Ce sera bien.

***

Si je parviens un jour à écrire un roman – et à trouver un éditeur assez charitable pour le publier –, vous reconnaîtrez facilement : il y aura de fréquentes insertions de fantasmes, de « ce qui pourrait se passer » dans le fil du récit. J’ai repéré ça chez Jim Harrison ; c’est un procédé qui me semble un peu facile, mais intéressant, et qui a sûrement un nom en théorie littéraire. En revanche, j’essaierai d’éviter certains italiques (ça ne sert qu’à faire comprendre qu’il y a un sous-entendu, du second degré, lorsqu’on a la flemme de se décarcasser pour le faire comprendre autrement), et les références pédantes – imaginez la taille des notices explicatives en fin de volume, dans la collection de la Pléiade… –, plus personne ne lit saint Thomas d’Aquin, c’est là qu’est le drame – exceptés les séminaristes traditionalistes, bien entendu ; hélas mes romans ne figureront sans doute pas dans les bibliothèques d’Écône et de Wigratzbad…