Bloy sur l’automobile

Photo prise à l’occasion de la course Paris-Madrid de 1903, au sujet de laquelle Léon Bloy écrit ce qui suit. Pour la cohérence avec Nimier, on repassera. Je sais.

Il est évident que tout automobiliste ambitieux est un assassin avec préméditation, puisque un tel sport implique, à son escient et à peu près nécessairement, le massacre de toute créature animée qui pourra se rencontrer sur son cheimin. Cela est formel, absolu, indiscutable et l’avachissement inouï des contemporains est seul capable d’expliquer l’ignoble patience qui encourage ce meurtrier

Il y deux ans, me trouvant dans un pays mortellement affligé d’automobilisme, je conseillai aux cultivateurs exaspérés de saluer au passage les automobiles avec des pompes à merde. J’allai même jusqu’à préconiser l’obstacle devant et l’obstacle derrière, dans les bouts de routes isolés, puis la destruction des machines à coup de merlin, sans préjudifce d’une capilotade consciencieuse pour les touristes exaltés, mâles ou femelles. Mais tout le monde gueule et personne ne marche. C’est la couardise, la pusillanimité universelles.

Léon Bloy, Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne, Paris, Mercure de France, 1935, t. II, p. 137-138

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