Actualité de Sylvain Tesson

Force est de constater qu’aujourd’hui, un type publié par de prestigieuses maisons d’édition peut écrire tout à fait convenablement.

En effet, je viens de me farcir L’Axe du loup, récit d’un voyage sur les traces d’un évadé du goulag, d’Irkoutsk à Bombay en passant par le désert de Gobi et le Tibet (paru pour la première fois en 2004). Ce type écrit bien, ainsi en ai-je décidé du haut des cieux élyséens où me place ce blog. Beaucoup de romanciers – même ceux qui reçoivent le Goncourt, si, si – pourraient en prendre de la graine. Il a pondu récemment un Petit traité sur l’immensité du monde dont on me dit le plus grand bien.

Je m’avoue envieux. Bien décrire un paysage, c’est dur. Ce mec y arrive. Il voit une steppe, un sentier montagneux, et il en rend compte avec des mots. (D’ailleurs, Sylvain, si tu me lis, vire les photos – très belles par ailleurs – du cahier central de tes bouquins, publie-les à part, je ne sais pas moi, ça n’apporte rien et ça perturbe la lecture ; y’a dix ans ça rendait sans doute tes livres un peu plus vendables, aujourd’hui y’en a plus besoin. Mets-les en fin de volume, à la rigueur).

Bien sûr, récit de voyage, veine mineure, toute cette sorte de choses. Et alors ? Il n’y a plus que les types qui font dans la veine mineure qui soient à peu près lisibles, ces derniers temps. Voyez Chevillard, par exemple : ça ne se prend pas au sérieux, mais c’est bien écrit, fin, agréable. (Et puis tiens, en parlant de récits de voyage, son Oreille rouge vaut le détour). C’est un peu plus bobo que Tesson. D’accord, ça n’a rien à voir en fait. Mais quand même.

Ces gens-là ne sont pas les Proust ou les Balzac du XXIe siècle, hein, comprenons-nous bien. Mais vue la prolifération d’écrivains indigestes à laquelle nous devons faire face – et même dans ceux que certains apprécient sans doute pour des raisons politico-idéologiques (si elles sont littéraires, elles m’échappent encore…), voyez Houellebecq, Dantec & co. (rassurez-moi, je ne suis pas le seul jeune homme de droite à trouver ces types-là sinistrement abscons ?) – vue cette prolifération, donc, le choix de la légèreté s’avère payant. Lisez donc Sylvain Tesson, et Chevillard si vous avez le temps.

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