Gramsci et le Monsignore nécrophage

On a beau s’acharner à être catholique, on n’en pense pas moins qu’il y a des fois où l’Église ferait mieux de fermer sa grande gueule. Cet article du Monde vous apprendra qu’un prélat a cru bon d’informer l’opinion de la conversion ante mortem d’Antonio Gramsci, grand homme italien, accessoirement communiste. Bon sang, mais laissez-le tranquille, ce pauvre Antonio. S’il s’est converti trois jours avant de clamser, ça les regarde, lui et le Très-Haut. S’il ne s’est pas converti, même topo. Alors basta. Si quelque chose pouvait m’éloigner de l’Église catholique, ce serait bien cet acharnement malsain à récupérer des cadavres en puissance. Ils nous ont déjà fait le coup il y a quelques mois avec Ernst Jünger. Cocorico ! L’anarque centenaire est de la boutique ! Vos gueules, mais vos gueules, bordel !

Certains écrivent à l’UMP pour lui demander de fermer sa succursale chez les pédés, Gay Lib (« pédés » est affectueux sous ma plume, presque – j’ai bien dit presque – tendre, que la HALDE ne s’inquiète pas). Pourquoi pas. C’est perdu d’avance, et je n’en vois pas très bien l’utilité, dans la mesure où Gay Lib me semble, précisément, très représentatif de ce qu’est l’UMP, mais pourquoi pas.

En revanche, écrivez à Mgr de Magistris pour lui demander de foutre la paix à Gramsci. Je ne sais pas si vous vous acquerrez ainsi de grands mérites, mais Antonio (converti, ou pas, là n’est pas la question), du haut du ciel, vous bénira.