Être chrétien aujourd’hui

La plupart des objections courantes contre la religion chrétienne ne m’ont jamais arrêté bien longtemps. J’en mentionnerai deux, pour mémoire. En premier lieu, je ne crois pas que les cinq siècles de progrès scientifique relativement rapide qui ont suivi la Renaissance rendent impossible ou aberrante toute croyance religieuse. La science et la religion répondent toutes deux à des questions que l’homme se pose, mais d’une part, elles ne répondent pas au même type de questions, d’autre part, elles n’apportent pas le même type de réponses. En second lieu, la question « pourquoi Dieu permet-il le mal ? » est intéressante et féconde, elle s’est toujours posée et se posera toujours. J’ai toujours trouvé la réponse chrétienne assez satisfaisante : pour dire les choses sommairement, Dieu nous aime, il veut donc que nous l’aimions en retour, or pour aimer il faut être libre, donc nous devons être en mesure de faire le mal. Il y aurait évidemment beaucoup plus à dire sur cette passionnante question, mais ce n’est pas l’objet de ce court essai, qui se veut accessible au plus grand nombre.

La seule objection qui me touche véritablement est ce qu’on pourrait appeler la privatisation du salut, c’est-à-dire que le fait que le salut devienne une affaire privée. Pour dire les choses simplement, il est impossible aujourd’hui d’embarquer avec soi manu militari le reste de l’humanité dans l’histoire du salut. Impossible aussi de produire une apologétique – discours visant à convaincre de la vérité, de la supériorité, de l’excellence d’une religion – sincère dans laquelle le christianisme serait, toutes choses égales par ailleurs, préférable à l’agnosticisme, à l’athéisme, à l’islam ou à telle ou telle spiritualité orientale. L’apologétique moderne est nécessairement un discours, plus précisément une parole d’une personne s’adressant à une autre, dans le cadre de laquelle on tentera de montrer que le christianisme peut, aujourd’hui, apporter une réponse, une aide, donner du sens à l’existence de telle personne en particulier. En somme, quelque chose de très subjectif et qui, je crois, n’a pas grand-chose à voir avec la raison, et c’est pour cela que je préfère le terme de « parole » à celui de « discours ».

Un problème se pose alors, car à l’évidence, si on lit l’Écriture avec un minimum d’honnêteté et de connaissance du contexte historique, le Christ n’est pas vraiment venu sur terre dans cet état d’esprit. Le Christ est venu sauver tous les hommes par sa mort et sa résurrection. On peut très certainement lire dans les Évangiles une annonce, un germe de cette privatisation du religieux, du subjectivisme, voire du relativisme, et c’est plus ou moins ce que dit Marcel Gauchet quand il parle du christianisme comme « religion de la sortie de la religion ». Il n’en reste pas moins que le Christ est venu sauver tous les hommes par sa mort et sa résurrection, alors que dans la modernité, l’expérience du salut, sa réception, ne peuvent plus avoir lieu que de manière individuelle, ou au sein de communautés restreintes, bref, que le peuple des sauvés, des rachetés, l’Église si l’on veut, ne peut plus prétendre avoir vocation à s’étendre à l’ensemble de l’humanité, que l’Église n’a plus rien à dire sur le salut des hommes qui, personnellement, ne l’ont pas rejointe. Quel sens pouvons-nous donner alors à la venue du Christ sur terre, sans en atténuer la portée, sans recourir aux artifices courants du discours chrétien contemporain, c’est-à-dire parler de tout en termes de signe, de symbole, ou de je ne sais quoi ? Finalement, comment être chrétien aujourd’hui ?

Je ne prétends pas apporter une réponse précise, complète et systématique à cette question ; et à vrai dire, je ne crois pas qu’une telle réponse soit possible. L’Incarnation du Christ en tant qu’événement historique ne fait que s’éloigner de nous : il est assez naturel que nous ayons de plus de plus de mal à actualiser cet événement, à le rendre présent, à faire en sorte qu’il ait du sens pour nous et pour nos contemporains. En fin de compte, la réponse que je propose ne va pas au-delà de l’individuel, du subjectif ; je la conçois comme une manière de vivre personnellement le christianisme, comme une interprétation de la façon dont il est possible, aujourd’hui, d’être chrétien.

Je crois que la religion, et en ce qui me concerne, la religion chrétienne, peut être vécue sur le mode de l’amour. Je crois même que c’est le seul modèle envisageable dans une société qui, de toute évidence, n’est plus chrétienne. Rien de bien original, comme vous le voyez. Je m’explique. Lorsque j’aime une femme, je la choisis. En la choisissant, j’exclus toutes les autres femmes. Remarquez que je n’éprouve pour elles aucun sentiment de haine, aucune répugnance. Je peux même en choisir certaines pour amies. Il y a cependant certaines choses que je ne ferai jamais qu’avec la femme que j’ai choisie et que j’aime. Certains gestes, certaines paroles ne s’adresseront jamais qu’à elle. Il me semble qu’en matière de religion, c’est à peu près la même chose.

Tout cela paraîtra bien relativiste à certains. J’en suis conscient. Mais, comme on l’a vu précédemment, il n’est plus possible aujourd’hui d’être croyant en se disant : ma foi est la seule vraie, ma foi est la seule voie de salut. Cela n’est plus possible, même s’il faudra sans doute encore quelques siècles pour que certains chrétiens se le mettent dans le crâne. Une fois ce constat fait, on cherche ce qui, depuis longtemps déjà – et d’ailleurs, en Occident du moins, sous l’influence du christianisme – s’est joué sur le mode du subjectivisme, du choix personnel : l’amour. La comparaison a ses limites : je souhaite partager ma foi avec d’autres, alors que, sauf cas de perversion, je répugne à partager l’être aimé.

Bien entendu, ce parallèle entre objet de l’amour et objet de la foi n’est pas nouveau, est présent dans les Évangiles, et semblera même outrageusement évident à ceux qui ont un minimum de familiarité avec saint Augustin, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse d’Avila, plus récemment Édith Stein, et beaucoup d’autres. Mais mon propos est simplement de mettre en relief la pertinence toute particulière que la modernité – notamment le relativisme et le subjectivisme qui l’accompagnent – lui donne. Il a, en outre, l’avantage d’apporter une réponse à un dilemme qui peut paraître naïf, mais prouve un assez beau souci de sincérité chez beaucoup de jeunes personnes de ma connaissance : si nous sommes chrétiens, au fond, c’est avant tout parce que nous avons eu des parents chrétiens. Putain de contingence, n’est-ce pas. Et l’amour, bordel, est-ce que ça n’est pas contingent ? Alors aimez celui ou celle que vous vous êtes mis dans les bras avec le secours de la contingence, aimez la foi que vous avez choisi de garder après que la contingence vous l’eut mise à portée de main, et faites pas chier. Merde à la fin.

Avec ces grossièretés, je viens de ruiner mes chances d’être publié dans Philosophie Magazine. De toute façon, j’y comptais pas trop. La meilleure dissert de philo de ma vie m’a valu un onze à Normale sup’ (La destitution du tyran dans le De Regno de Thomas d’Aquin, sujet tradi-mytho s’il en est, n’est-ce pas Jean Bastien-Thiry), alors… Voilà ce que c’est que de  commencer à écrire en écoutant les Leçons de ténèbres de Couperin, et de finir avec du rock identitaire français. Voilà, ça fait un peu pseudo-philo pour bar versaillais, mais je m’excuse, c’est tout ce que je sais faire. Bon, je suis un peu long, là, je vais devoir vous laisser, et puis j’ai deux mots à dire à deux ou trois langoustes, bouteilles de champagne et foies gras. Une dernière chose : je ne suis pas sûr que tout ce que je viens d’écrire puisse marcher avec une autre religion que le christianisme. Je laisse à mes rares lecteurs musulmans ou bouddhistes le soin de transposer – s’ils y  parviennent. Bonne année civile, et que Dieu vous garde.

13 réflexions sur “Être chrétien aujourd’hui

  1. Je crois que c’est l’une des premières fois que je lis un txt aussi long en entier sur wordpress.
    Ceci est un txt très intéressant, bien construit et expliqué à mn goût.
    Pour ma part, mes parents sont chrétiens, j’ai donc au début « était chrétienne » si je puis dire. Puis au fur et à mesure, je me suis rendu compte que je n’avais pas la foi, j’étais seulement une pratiquante ne voyant pas vrmt le but de tt ce tralala. Bref, tout ça pr dire, que bien malheureusement les gens ne font pas svt la différence entre avoir la foi et pratiquer la religion.
    Pour continuer ma petite histoire, je ne suis encore qu’adolescente, et je dois dire que je n’ai pas eu le courage d’annoncer à mes parents que je n’ai pas la foi.
    Mais comme tu l’expliques très bien, la religion est donc la quête du salut, et c’est à chacun de choisir laquelle il lui convient. Moi, je pense avoir « opté » pour la simple philosophie. Car, au fond, la philosophie est aussi une quête du salut, bien que se disant parfois comme pur contraire de la religion.
    Je vois que mn commentaire n’est pas très clair et structuré, bref, j’espère que tu auras au moins un peu suivis le fil de ma pensée !

  2. Pourquoi opposer la vérité et l’amour ? Ne peuvent-ils faire bon ménage au sein d’une même croyance ?

    Sans la vérité, le christianisme n’est qu’une religion comme une autre et notre foi est vaine. Rien ne la différencie du bouddhisme ou d’une quelconque philosophie.

    A quoi bon tous ces martyrs, qui ont refusé de sacrifier aux idoles modernes ou anciennes, au nom de la vérité justement ? L’exigence de l’amour aurait dû les pousser à faire ce petit sacrifice, pour ne pas peiner les autres. Or, ils ne l’ont pas fait, au nom d’une vérité supérieure à eux.

    Je ne crois pas, comme vous dites, qu’il est impossible de produire une apologétique sincère aujourd’hui. Le même relativisme, la même privatisation du salut régnaient du temps de Tertullien, ce qui ne l’a pas empêché de placer l’exigence de la vérité au coeur de son apostolat :

    « La vérité, que les philosophes trompeurs et corrupteurs simulent en ennemis, et qu’ils corrompent en la simulant, parce qu’ils n’ont pas d’autre but que la gloire, les chrétiens la recherchent par nécessité et la professent dans son intégrité, parce qu’ils ne songent qu’à leur salut. »

    (Apologétique, XLVI, 7)

    Bonne année, de même, et que Dieu vous garde.

  3. @ Anaïs

    Merci d’apporter un peu de fraîcheur en ces lieux souvent englués dans le cynisme. Et bon courage.

    @ Sébastien

    Le christianisme n’est certainement pas une religion comme les autres. Si vous lisez bien, ce n’est pas ce que je dis.

    Je crois cependant que vous vous faites illusion si vous croyez qu’on peut faire de l’apologétique comme au temps de Tertullien. Il n’y avait absolument pas de « privatisation du salut » à son époque. Pour la plus grande partie de l’humanité, la question du salut commençait tout juste à se poser…

    D’un point de vue tout ce qu’il y a de plus pragmatique, vous ne pouvez pas discuter avec un protestant, un musulman ou un athée en termes de vérité. Dire, par exemple, que parler de transsubstantiation est plus « vrai » que parler de consubstantiation n’a aucun sens. Dire que le contenu de la Bible et plus « vrai » que celui du Coran n’a aucun sens. Je sais bien que c’est regrettable, croyez que moi aussi j’aurais trouvé beaucoup plus simple de pouvoir continuer à être chrétien « comme avant », mais c’est un des nombreux inconvénients de la modernité.

    J’ai été élevé dans la foi catholique, dans sa version traditionaliste, mais ayant eu le malheur de faire quelques études, à un moment donné, j’ai trouvé insupportable de continuer à être schizophrène : c’est-à-dire de penser et de croire en termes de vérité religieuse, tout en sachant pertinemment, par exemple, que le peuple hébreu n’a probablement été globalement monothéiste qu’à partir de 700-800, dommage pour Moïse et le roi David, de savoir pertinemment que les Évangiles ont été mis par écrit entre trente et cent ans après la mort du Christ (donc qu’ils ne sont pas beaucoup plus plausibles que tout un tas de légendes dorées produites par la suite…), de savoir pertinemment que si la version « catholique » du christianisme l’a emporté, c’est en raison de contingences historiques qui n’ont pas grand-chose à voir avec le triomphe inéluctable de la vérité, etc.

    Je ne vois donc pas comment penser les choses autrement qu’en termes de choix personnel, éminemment subjectif, sur des critères que « la raison ne connaît point », pour rester dans le parallèle avec l’amour… Si ce choix se faisait sur des critères « rationnels » du genre je suis chrétien parce qu’il faut que la civilisation occidentale triomphe, ou parce que c’est plus simple avec belle-maman, ce serait ignoble. Tout à fait compréhensible, mais ignoble.

  4. Vous ne pouvez pas discuter avec un protestant, un musulman ou un athée en termes de vérité. Dire, par exemple, que parler de transsubstantiation est plus “vrai” que parler de consubstantiation n’a aucun sens. Dire que le contenu de la Bible et plus “vrai” que celui du Coran n’a aucun sens.

    Ce que vous dites est très grave. Passons rapidement sur le débat consubstantiation/transsubstantiation, je ne suis pas suffisamment calé en théologie pour répondre. Et puis la présence du Christ dans l’eucharistie est un mystère, on ne doit aborder cette question qu’avec la plus grande prudence. Le mieux est de s’en remettre à l’Eglise et d’accepter ses dogmes sans les discuter, sinon on se perd dans des querelles sans fin.

    Si le contenu de la Bible n’est pas plus vrai que celui du Coran ou de quelque autre livre sacré, alors il n’y a pas de vérité absolue mais uniquement des vérités relatives, subjectives. On aboutit au relativisme dénoncé par le pape. Et la foi se réduit à la subjectivité ou à la contingence, comme vous dites. Le point de vue moderne triomphe. Je ne vois pas trop à quoi sert l’Eglise dans ce cas.

    Il y a tout de même dans la Bible des vérités de base, telles que l’incarnation du Christ, sa mort et sa résurrection, que vous êtes forcé d’admettre, sinon vous n’êtes pas chrétien. De même, la Bible nous apprend l’existence d’un Dieu personnel (dont le nom est : Je suis celui qui suis, comme il le révèle à Moïse), à la fois transcendant mais aussi proche des hommes, puisqu’il est l’Emmanuel, c’est-à-dire Dieu-avec-nous. Désolé de vous rappeler ces évidences. Je me demande comment vous faites pour être croyant si vous n’avez pas la conviction que le contenu de la révélation est vrai.

    Ensuite, que le peuple hébreu ait été monothéiste beaucoup plus tard qu’on ne le pensait, peu importe. Cela ne remet pas en question la vérité des livres saints dans leur globalité.

    Pareil pour les évangiles : on sait qu’ils ont été écrits entre trente et soixante ans après la mort du Christ (l’Evangile de Jean, le plus tardif, date de l’année 90, environ) mais on sait qu’existait une tradition orale fiable, dont témoigne saint Paul : « J’ai transmis ce que j’ai moi-même reçu ». C’est dans l’épître aux Corinthiens et il rapporte un fait survenu à Damas vers 35, soit quelques années après la mort du Christ. Or il n’y a pas de contradiction notable entre les épîtres de saint Paul, antérieures aux évangiles, et les évangiles eux-mêmes. On peut donc croire en leur vérité.

    Mais je crois que je prêche dans le désert…

  5. Aimer une religion dont l’on tient l’enseignement pour faux est aussi ignoble que de faire acte de foi par opportunisme.

    Un naturaliste dirait : « J’ai fini par refuser la schizophrénie. Je ne pouvais pas croire en la surnature puisque je voyais la nature », là où vous dites ne plus voir le triomphe de la vérité derrière les contingences historiques. En réalité, il y a la surnature derrière la nature, et la Providence derrière l’histoire. Et même si vous ou moi en doutons de temps à autre par faiblesse humaine, cela ne change rien à l’affaire, cette réalité demeure et nous devons le croire, si ous voulons nous parer du titre de chrétien.

    Contre l’historicisme il faut dire que ce n’est pas l’histoire qui s’oppose à la Révélation et à son enseignement par les successeurs des apôtres, mais certaines thèses historiques, émanant de certains historiens. Non seulement l’histoire n’est pas une science exacte, mais en plus les historiens se montrent de plus en plus incapables de raison, car le plus souvent aveuglés de préjugés antimosaïques et antichrétiens (exemple : les débats autour des manuscrits de la Mer Morte). Bref, j’attends avec impatience la « preuve » que le peuple hébreu était polythéiste en l’an 700 avant le Messie !

    Ce qui est grave c’est que dans votre façon de penser, la doctrine de la Tradition, qui est fondamentale en théologie, disparaît toute entière. Les Pères de l’Eglise, les scolastiques, le concile Vatican I affirment que le dépôt de la foi est conservé dans l’Eglise, transmis par les apotres. Si l’on ôte cette dimension théologique, la foi en l’enseignement de l’Eglise n’est plus que fidéisme. A ce moment là effectivement, il n’y aurait plus beaucoup d’autres raisons d’être chrétien que de perpétuer des putains de contingences familiales. Mais en principe, pour penser que l’Eglise n’enseigne pas la doctrine des apôtres, il faut déjà n’avoir plus la foi.

  6. je comprends tout à fait ce que tu dis. A un moment donné il n’y a que l’abandon pour venir ou revenir à la Foi. Croire pour comprendre…
    Mon épouse a fait le même chemin qui, ayant été nourrie chez les Dominicaines toute sa scolarité durant, a tôt fait, ses études d’histoire médiévale accomplies de passer de l’autre côté…

    Prétendre, comme le font souvent les tradis, prêcher le catholicisme avec des arguments de la raison ou de l’histoire est un non-sens… ce n’est plus guère qu’avec le sentiment que les poissons pourront être ferrés…

    Mais enfin, on peut tout à fait vivre sans le christianisme…

  7. @ Sébastien

    Pour l’Ancien Testament, si, quand même, savoir que tout ce qui a été écrit avant la déportation à Babylone tient en grande partie du récit mythique, ça me perturbe un peu (même si ça à quelque chose de plus, il y a évidemment une dimension historique dans l’Exode, les Rois, etc.).

    Pour le Nouveau Testament, le hic, c’est que cette histoire de tradition orale, ça marche avec tous les saints des premiers siècles et leurs miracles farfelus. Pourquoi devrais-je sourire quand on me parle de saint Denis portant sa tête dans ses mains, et prendre au sérieux la résurrection de Lazare ?

    Je suis chrétien parce que j’ai été élevé dans le christianisme, et parce que j’ai choisi de le rester, parce que je préfère les fictions chrétiennes aux fictions que me propose le monde qui m’entoure, parce que j’ai avec le personnage du Christ, et même, envers et contre tout, avec l’Eglise, une relation qu’il me semble pouvoir qualifier d’amoureuse.

    @ Tita

    Merci, à vous aussi. Je n’y manquerai pas.

    @ La voix dans le désert

    « Faux » n’est pas le terme exact. Ce que je dis, c’est qu’en matière de religion, on ne peut pas voir les choses en termes de « vérité » et d' »erreur » au sens scientifique (ou proche du sens scientifique, celui qu’il a aujourd’hui dans le langage courant). Le christianisme est vrai, pour moi, aujourd’hui, parce que (du moins je l’espère) il me rend un peu meilleur que je ne l’étais hier, et ainsi de suite. Je ne vois rien de mieux à dire.

    Pour le reste, il suffit de lire des ouvrages d’histoire des religions non bénis par le Vatican, vous verrez. Il y a de très nombreux éléments, en effet, qui plaident en faveur de longues tensions entre polythéisme et monothéisme au sein du peuple hébreu (la Bible en rend d’ailleurs compte), qui s’est poursuivi jusque vers 700-500, avec des variantes plus compliquées (polythéisme n’est pas le terme exact, j’ai oublié…). Je connais le milieu, excusez-moi, ce que vous dites n’est plus pertinent : les préjugés antimosaïques et antichrétiens, c’est, dans une large mesure, du passé. Dire que l’Eglise d’aujourd’hui enseigne la doctrine des apôtres n’a aucun sens : l’Eglise ne peut pas enseigner la doctrine des apôtres, quand bien même elle le voudrait et croirait le faire de bonne foi. Après deux mille ans d’histoire des religions, des idées, d’évolution des mentalités, la doctrine de l’Eglise est, nécessairement, très différente de celle des apôtres. C’est tout à fait normal et ce n’est pas très grave.

    @ Ivane

    Je suis convaincu qu’on peut tout à fait vivre sans le christianisme. Mais en ce qui me concerne, le christianisme est de mon goût, pour parodier Michel dans les Deux étendards. Je crois que le christianisme me rend plus libre, plus puissant, plus capable d’aimer, ce qu’on voudra, donc je suis chrétien. Et je crois tout autant que certaines personnes sont plus libres, plus puissantes, plus capables d’aimer en renonçant au christianisme, c’est peut-être ton cas.

  8. Bonjour fandenimier,
    N’ayant pas le temps de développer ce soir je vous souhaite une belle et très chrétienne année 2009. Beaucoup de choses que vous dites me parlent avec beaucoup de douceur. Car je ne peux pas penser à la foi qui peu à peu me ranime et en même temps à certains passages douloureux de l’évangile (ne croyez pas que je suis venu apporter la paix, mais l’épée », « le frère tuera le frère à cause de Mon Nom » si je ne me trompe pas)… Tout cela me secoue bien les tripes, le coeur. Et dans le même temps je sais, qu’il n’y a qu’une Vérité, que le Christ… Alors j’envisage avec effroi la puissance, la démesure d’un amour qui dépasse, transcende cette schizophrénie, et rien pour moi ne dit mieux l’amour du Fils de l’homme…

    A bientôt,
    Tanguy

  9. PS: Vous n’êtes pas cynique, je lis une inquiétude qui m’est chère dans vos textes, une inquiétude qui me semble la meilleure part que je pusse donner… (il y a hélas tout le reste de mon côté)

    Dieu vous garde.

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