Modeste contribution au débat sur le célibat des prêtres

Les propos liant la pédophilie de certains prêtres à l’obligation qui leur est faite d’être célibataire n’ont guère d’intérêt, et beaucoup sur Internet y ont déjà répondu. La sexualité peut bien entendu être tout aussi pervertie chez un homme marié que chez un célibataire, il n’y a pas à y revenir. Voyez en particulier cet article de Koztoujours.

Je crois néanmoins qu’il peut et qu’il doit y avoir un débat sur le célibat des prêtres dans l’Eglise catholique. Il est impossible de prendre pour argent comptant le discours que tient l’institution sur la grandeur du célibat sacerdotal, le prêtre conformé au Christ, dévoué tout à tous, etc. Qu’il soit admirable de renoncer à l’amour humain pour l’amour de Dieu et le service de ses frères, cela, tout le monde en convient. Qu’aujourd’hui, du point de vue de la spiritualité et de la pastorale, l’obligation du célibat soit intimement liée à la figure du prêtre tel qu’on l’envisage dans l’Eglise catholique, personne ne le conteste.

Les choses sont pourtant un peu plus compliquées qu’il n’y paraît. Je ne m’étends pas sur les motifs d’ordre terrestre qui ont pu contribuer à rendre souhaitable le célibat des prêtres (volonté de préserver le patrimoine de l’Eglise en évitant les héritages, plus grande disponibilité du célibataire, etc.). Ils existent, mais n’ont jamais été déterminants.

Les Pères de l’Église, et l’Église à leur suite, ont longtemps considéré que, « toutes choses égales d’ailleurs, il est indubitable qu’on doit préférer l’homme continent à celui qui est marié » (Augustin, La Cité de Dieu, ch. 36). Aujourd’hui, il me semble que nous avons approfondi notre compréhension de la chasteté, et qu’en conséquence, quoi qu’en dise saint Paul, nous pouvons considérer qu’il existe une chasteté de l’homme marié et une chasteté de l’homme célibataire (ce que les Pères de l’Église savaient déjà), et que l’une ne l’emporte pas sur l’autre (là, les Pères de l’Église ne sont plus d’accord, et je n’ignore pas qu’en écrivant cela je tombe sous le coup d’un anathème de la XXIVe session du concile de Trente, mais à vrai dire, ça ne m’inquiète pas trop…).

L’obligation du célibat a été imposée par l’institution ecclésiale de manière progressive. On a commencé par demander  (dès le IVe siècle) aux prêtres de s’abstenir de leurs épouses, ce qui peut tout à fait se comprendre, si l’on se réfère à l’obligation faite aux prêtres de l’Ancien Testament de s’abstenir de leurs épouses pendant le temps où ils servaient au Temple. L’interdiction formelle et explicite faite aux membres du clergé de prendre femme ou d’avoir une concubine remonte au concile de Nicée (début du IVe siècle). (Les prêtres ordonnés après leur mariage restaient mariés, comme ils le sont toujours dans les Églises d’Orient). Après le concile In Trullo (fin VIIe siècle), les Églises d’Orient autorisent à nouveau les prêtres à vivre maritalement avec leurs femmes, ce que l’Église d’Occident accepte tout à fait par la suite (quitte à stigmatiser la figure du pope libidineux dans les moments de tension, c’est de bonne guerre).

Sous l’influence du célibat monastique (entre autres), et dans un contexte de réforme, aux XIe-XIIe siècles on en arrive à une incompatibilité totale (dans les textes du moins…) entre l’état d’homme marié et l’état de prêtre, rappelée par le concile du Latran. En pratique, le respect de cette obligation semble avoir été exigé avec une relative rigueur jusqu’au début du XIVe, un certain relâchement suit, et c’est avec la mise en application de la réforme tridentine (mi-XVIe siècle), c’est-à-dire au XVIIe siècle, que les évêques veillent à ce que le célibat sacerdotal soit strictement respecté.

En France, à la fin du XVIIe siècle, les rapports rédigés par les évêques dans le cadre de leurs « tournées d’inspection »  mettent en évidence une proportion de prêtres, vivant maritalement, ou notoirement fornicateurs, variant entre 10 et 50 % selon les diocèses. Quand les prêtres du diocèse de Cahors voient à arriver un nouvel évêque décidé à appliquer la réforme tridentine dans toute sa rigueur, ils forment un syndicat et écrivent cette magnifique phrase : « La faute en vient de ce qu’il a voulu soumettre le droit ecclésiastique et la liberté du sacerdoce à la vie et aux maximes du cloître et de la réforme » (le célibat n’est pas la seule exigence visée, bien entendu).

Bref, tout ceci pour relativiser : le célibat sacerdotal n’a été une norme à peu près acceptée par tout le monde (du moins en théorie…) que pendant trois siècles (1650-1950). Il n’y a aucune raison de penser que l’évolution qu’a connu l’Église catholique soit irréversible. Les diacres mariés trouvent aujourd’hui leur place, au moins dans les pays occidentaux. Ce n’est pas être hérétique ou progressiste forcené que d’envisager sereinement qu’un jour, le ministère sacerdotal puisse être exercé d’une façon différente de celle en usage actuellement.

Il est légitime de se poser certaines questions : en France, les jeunes prêtres récemment ordonnés ou qui le seront bientôt viennent d’un milieu très favorisé, très « typé », et ont en général un niveau de formation très élevé. J’en connais plusieurs. Ce sont des jeunes gens admirables, sans doute plus équilibrés et bien dans leur peau que le pékin moyen. Mais faut-il que ce soit la norme ? Est-il nécessaire d’être théologien pour célébrer la messe ? Pourquoi ne pourrait-on pas envisager une autre figure du prêtre ? Pourquoi ne pas répartir autrement les tâches qui sont aujourd’hui celles du prêtre ? Etc.

Le tout est de ne pas se bercer d’illusions, de ne pas croire qu’on va régler tous les problèmes en abolissant l’obligation du célibat. Les deux principaux arguments avancés pour justifier qu’on revienne sur cette obligation sont aberrants : 1) pédophilie, je n’y reviens pas, c’est stupide ; 2) crise des vocations. Là, les enfants, je m’excuse, mais si je ne signe pas pour donner ma vie à Dieu et aux autres, avec un niveau de vie misérable (si, si, misérable, en-dehors des grandes paroisses urbaines) et un emploi du temps de dingue, il ne suffit pas de me rajouter l’option « bobonne au presbytère » pour me faire signer.

Avec un peu de créativité (qui n’est pas une vertu cardinale) bridée par la prudence (qui en est une), du bon sens, le secours de l’Esprit-Saint, la lecture de l’Évangile et de quelques bouquins d’histoire du christianisme, je suis sûr que l’Église trouvera, oh, pas des solutions (pas vraiment chrétien, les « solutions »), mais des pistes. Tiens, je ne suis pas l’Église, mais quelques pistes, là comme ça, au fil de la plume : 1) des ministères temporaires  ; 2) les ordres mineurs (lectorat notamment) remis en valeur et conférés à des laïcs ; 3) ces couples de missionnaires protestants partis à l’autre bout du monde pour évangéliser les Papous, ça vous dit quelque chose ? moi ça m’interpelle au niveau de mon vécu, comme on disait dans les années 70 (et je ne parle pas de missions Fidesco, fort louables par ailleurs…) ;  4) les viri probati (ordination d’hommes mariés d’âge mûr) ; etc.

12 réflexions sur “Modeste contribution au débat sur le célibat des prêtres

  1. Il me semble aussi que le célibat des prêtres n’est ni la pierre d’achoppement ni la pierre angulaire de l’édifice, pour ce qui est de l’association chasteté/pédophilie elle est parfaitement débile mais elle remet sur le tapis la figure anticléricale du moine goinfre, libidineux et j’en passe, j’entendais l’autre jour prenant mon café la serveuse dire à un vietnamien un peu outré du débat sur le célibat des prêtres « z’ont qu’à les marier ça les empêchera de faire du mal aux gôsses »

  2. @ MM

    Oui oui, le tabac médiatique sur la pédophilie cléricale, ça conforte le bourgeois (et les autres) dans leurs préjugés, c’est confortable, pas de danger. Cela dit d’une certaine manière, ça prouve que le prêtre est encore supposé être un modèle, c’est rassurant quelque part.

    Mince alors, toujours pas de réponse à la petite annonce.

  3. Intéressante votre « modeste contribution ». Cependant, bien que vous soyez optimiste sur la progressive réforme du célibat, l’actuel pape (comme ses séides) n’est certainement pas du genre à l’engager.
    Une autre question se pose par ailleurs, quid de femmes prêtres ?

  4. Ministère temporaire c’est sympa comme idée sauf que le ministère dans l’Eglise catholique est attaché au sceau sacramentel (tu es sacerdos in aeternum…).

    On a une intelligence plus profonde de la chasteté ok mais
    1 peut-être ce même type d’explication fonctionne-t-il à propos choix occidental en faveur du célibat sacerdotal

    2 objectivement demeure la supériorité du célibat voué à Dieu sur l’état marital. En gros c’est prendre les moyens de la sainteté (cf. un type nommé Jésus…)
    Subjectivement c’est une autre affaire:
    Celui qui a des oreilles qu’il entende 😉

    Gb

  5. Désolé, mais Koz, pas plus que les autres commentateurs catholiques que j’ai pu lire, ne règle ce débat. Koz dit :

    « Faute de statistiques fiables, cette spécificité de l’Église catholique reste à démontrer. »

    Ca me rappelle furieusement un truc qu’on a beaucoup entendu récemment : y’a pas de statistiques ethniques, donc on peut rien dire sur la délinquance des Noirs et des Arabes… (En fait, il y a bel et bien des statistiques là-dessus, et c’est bien pourquoi on ne peut plus nous raconter n’importe quoi…)

    Koz essaie encore plus grossièrement de balayer la poussière sous le tapis en écrivant :

    « Une simple recherche internet souligne que les occurrences médiatiques de cas de pédophilie par des enseignants sont au moins comparables aux cas impliquant des prêtres. »

    Voilà une grande avancée scientifique : la notion d’occurrence médiatique en tant que substitut crédible à une statistique… et de surcroît obtenue à l’aide d’une recherche Google faite sur un coin de table ! Il ne faut tout de même pas se moquer du monde…

    La réalité est simple : les témoignages incontestables sur des actes de pédophilie ecclésiastique sont tellement nombreux, qu’ils suggèrent très fortement qu’il se passe quelque chose de tout à fait anormal, au sens statistique du terme, au sein de l’Eglise catholique.

    Par conséquent, les catholiques (et les autres) doivent réclamer que des statistiques précises et fiables soient faites sur le sujet, au lieu de se réfugier hypocritement, comme les « anti-racistes », derrière la constatation « qu’il n’y a pas de statistiques », que « tout le monde sait bien que la pédophilie est très répandue chez [les professeurs] [les hommes mariés] [les Belges][les plombiers bouddhistes] », ou bien d’autres affirmations mathématiquement grotesques telles que : « Il y a beaucoup plus de pédophiles chez les non-prêtres que ches les prêtres ». (Encore heureux, puisque les prêtres constituent une infime minorité de la population !…)

    Comme pour la délinquance des immigrés, il est donc nécessaire que nous connaissions l’incidence des cas de pédophilie chez les prêtres, comparée à celle de la population masculine dans son ensemble.

    J’irai même plus loin : les catholiques ne sauraient être rassurés par le résultat d’une telle étude que si cette incidence était nettement plus faible chez les prêtres que chez les laïcs. On attend en effet, des prêtres, un comportement plus vertueux que celui de la population qu’ils sont chargés de guider, surtout concernant des fautes aussi graves.

    D’un point de vue qualitatif, Koz ne prend en compte que l’hypothèse d’un lien entre le célibat et la pédophilie ; pour la récuser sur des critères intuitifs, puisqu’il semble bien, dit-il, que le mariage n’empêche pas la pédophilie. Admettons.

    Mais lui, comme d’autres, s’abstient d’envisager l’autre hypothèse, qui pourtant crève les yeux : le lien pertinent ne serait-il pas celui avec, non pas le célibat, mais l’homosexualité ?

    Après tout, la pédophilie dont nous parlons porte bien essentiellement sur des garçons, n’est-ce pas ? En imposant le célibat à ses prêtres, l’Eglise n’attirerait-elle pas à elle, de façon disproportionnée, des homosexuels qui verraient dans le sacerdoce une façon honorable de réfréner et de sublimer leurs inclinations ?

    D’ailleurs, l’Eglise a bien vu le danger, puisqu’elle a insisté récemment, sauf erreur de ma part, sur la nécessité d’exercer une plus grande vigilance à l’encontre des homosexuels au moment du recrutement. Mais comment fait-on, pratiquement, s’agissant d’hommes de qui l’on exige, par ailleurs, l’abstinence ? On les met à poil devant des sites porno des deux obédiences ?

    Quelle que soit la mauvaise foi des anti-catholiques sur ce sujet, et quel que soit le mérite récent de l’Eglise pour reconnaître ses fautes, le célibat des prêtres est bel et bien une question qui doit être posée. Et le bon moment est maintenant.

    Il y a eu effectivement, au cours de l’histoire, une confusion entre les exigences du monachisme et celles de la prêtrise. Cette confusion n’est pas du tout naturelle par rapport à leurs vocations respectives.

    Le présent article a le mérite de rappeler le caractère extrêmement contingent, historique, passager et non théologique du célibat dans l’Eglise catholique. Il est très étonnant, dans ces conditions, que Rome en fasse un dogme aussi intouchable au XXIème siècle, alors que la porte a été ouverte à des pratiques beaucoup plus contestables que le mariage des prêtres.

    L’Eglise dit des choses très belles, très justes et très profondes sur le mariage, et même sur la sexualité. Pourquoi diable en défend-elle l’accès à ses ministres, tout en laissant tant de ses églises se transformer en sections locales de propagande pour le gauchisme et le sanpapiérisme ?

    Il y a un truc qui m’échappe.

  6. Faute de statistiques fiables, cette spécificité de l’Église catholique reste à démontrer.

    Koz a raison. On ne dipose pas d’un outil statistique fiable au sujet de la pédophilie des prêtres. De même pour les professeurs, les pédiatres et toutes les professions impliquant un contact avec les enfants. Néanmoins, il existe des chiffres. Depuis 2001, la Congrégation de la doctrine de la foi a eu à traiter environ 3 000 accusations concernant des prêtres diocésains ou des religieux pour des crimes commis au cours des cinquante dernières années (source : L’Homme nouveau, 27-3-10). 3 000 accusations pour 500 000 individus. Et encore toutes les accusations n’ont pas abouti à une condamnation, certains prêtres ayant été lavés de tout soupçon.

    Mieux : « En 2004, le John Jay Report, une étude indépendante du John Jay College of Criminal Justice de New York, rendue publique par l’Église catholique américaine, établit à 4 400 le nombre de prêtres accusés d’abus sur des mineurs aux États-Unis entre 1950 et 2002, soit 4 % de l’ensemble des 110 000 prêtres en fonction pendant cette période. Le nombre de mineurs victimes de ces abus est évalué à 11 000, 67 % ayant entre 11 et 17 ans. » (Wikipedia)

    4 %. Les prêtres ne sont pas plus enclins que les autres à commettre des actes de pédophilie.

    La réalité est simple : les témoignages incontestables sur des actes de pédophilie ecclésiastique sont tellement nombreux, qu’ils suggèrent très fortement qu’il se passe quelque chose de tout à fait anormal, au sens statistique du terme, au sein de l’Eglise catholique.

    Je crois que vous vous trompez. Vous êtes trop influencé par les médias, qui montent en épingle ce genre d’affaires, uniquement pour nuire à l’Eglise. Tenez, dernièrement un pédiatre américain a été arrêté :

    http://lci.tf1.fr/monde/amerique/2010-02/etats-unis-le-pediatre-etait-un-serial-pedophile-5707414.html

    Est-ce que les médias en ont profité pour salir tous les pédiatres ? Evidemment, non.

    Le célibat des prêtres est bel et bien une question qui doit être posée

    Peut-être mais cela n’a rien à voir avec la pédophilie. Relire le texte de Baroque, qui l’explique très bien.

    Pourquoi diable en défend-elle l’accès à ses ministres

    Nul besoin d’être marié pour écrire de très belles choses sur ce sacrement. Et puis le mariage des prêtres, à supposer qu’il soit autorisé, ne résoudra pas la crise des vocations, qui est autrement plus profonde. Les pasteurs, les popes sont mariés, sans que les vocations soient plus nombreuses chez les protestants et les orthodoxes. Ce qui est en cause, c’est un esprit ambiant, une conspiration contre toute espèce de vie intérieure, qui assèche les âmes.

  7. « En 2004, le John Jay Report […] établit à 4 400 le nombre de prêtres accusés d’abus sur des mineurs aux États-Unis entre 1950 et 2002, soit 4 % de l’ensemble des 110 000 prêtres en fonction pendant cette période. »

    Voilà, en effet, le genre d’études dont nous avons besoin. « Nous » voulant dire le public en général, mais aussi les catholiques en particulier, qui ne se débarrasseront pas du soupçon à l’aide du seul repentir.

    Il faut des études qui rapportent le nombre des prêtres mis en cause à leur nombre total. Celle-ci est un début. C’est bien, mais ce n’est pas assez.

    Vous dites:

    « 4 %. Les prêtres ne sont pas plus enclins que les autres à commettre des actes de pédophilie. »

    Vous n’en savez rien. Car il manque aux chiffres que vous citez (mais peut-être sont-ils dans l’étude ?) le rapport correspondant dans la population-témoin. Autrement dit, le pourcentage de la population masculine, aux Etats-Unis, entre 1950 et 2002, qui a été accusé de pédophilie.

    Par ailleurs, le chiffre de 4 % me paraît, à moi, de façon intuitive, extrêmement élevé, contrairement à ce que vous affirmez. Vous pensez sérieusement que sur cent personnes de sexe masculin, dans votre entourage, 4 sont pédophiles ?

    Par ailleurs, il ne s’agit là que du pourcentage de prêtres découverts. Il y a tout lieu de penser, d’après ce que l’on sait, que beaucoup d’autres n’ont pas été dénoncés. Et il est tout à fait possible, vu la dissimulation délibérée dont ont été l’objet ces pratiques par la hiérarchie catholique dans le passé, que le taux de non-découverte soit plus important dans l’Eglise que dans la population en général.

    « Tenez, dernièrement un pédiatre américain a été arrêté. Est-ce que les médias en ont profité pour salir tous les pédiatres ? Evidemment, non. »

    Vous êtes encore dans le déni. Citer des contre-exemples n’a aucune signification. Le problème n’est pas la réaction des médias.

    Il est clair, comme je l’ai dit, qu’un fort courant anti-chrétien, dans la société occidentale, appuyé par les médias, exploite ces faits dans un but intéressé. Mais le problème n’est pas là. Le problème est celui de la réalité. Les victimes n’ont pas eu un « sentiment de viol ». Elles ont été violées.

    Vous réagissez comme un musulman qui tenterait de réfuter la surdélinquance musulmane (longtemps niée, mais désormais parfaitement avérée) en citant des criminels non musulmans, et en se plaignant d’être « stigmatisé ».

     » — Le célibat des prêtres est bel et bien une question qui doit être posée. — Peut-être mais cela n’a rien à voir avec la pédophilie. Relire le texte de Baroque, qui l’explique très bien. »

    Relire mon texte, qui explique, je crois, assez bien, le rapport entre célibat, homosexualité et pédophilie… 🙂

    Et encore, j’ai été gentil, car il existe aussi, à l’évidence, un rapport entre célibat forcé (c’est le mot forcé qui est important) et actes homosexuels imposés, sans passer par la case homosexualité « naturelle », si j’ose dire.

    Pourquoi croyez-vous qu’il y a tant de viols homsexuels dans les prisons d’hommes ? Ils ne sont pas tous commis par des homosexuels, loin de là. La cause, c’est l’absence forcée de femmes, couplée aux rapports de domination propres à la prison.

    La même cause est à l’oeuvre dans le phénomène des « garçons-jouets » d’Afghanistan, qui sont victimes d’une forme d’esclavage sexuel largement toléré. Même chose pour la pédophilie dont se rendent coupable de nombreux imams dans les madrasas du Pakistan.

    La morale sexuelle de l’islam (certes très différente de celle du christianisme) provoque des frustrations intenses qui, si les circonstances le permettent, favorisent des actes qui n’auraient pas lieu en leur absence.

    « Les pasteurs, les popes sont mariés, sans que les vocations soient plus nombreuses chez les protestants et les orthodoxes. »

    Les catholiques prennent toujours le morceau qui les arrange, dans cette affaire. Admettons que vous ayez raison sur les vocations. Remarquez que ceux qui s’inquiètent de la pédophilie des prêtres ne se soucient pas en premier d’augmenter les vocations, mais d’éradiquer la pédophilie.

    La bonne question que vous évitez soigneusement, en l’occurrence, est : les pasteurs et les popes se rendent-ils aussi souvent coupables de pédophilie que les prêtres ?

    Je n’ai pas remarqué de révélations médiatiques sur de telles affaires au sein des Eglises protestante et orthodoxe. Bien sûr, cela ne suffit pas à conclure (il se peut que cela se passe sans qu’on le sache, ou sans que la presse en parle), mais enfin cela soulève des interrogations et cela renforce ma demande : nous avons besoin de statistiques…

    Dernier point de détail : en toute rigueur, il ne faudrait pas parler de pédophilie, mais d’actes sexuels imposés à des mineurs, une partie importante des victimes étant non pas des enfants, mais des adolescents.

  8. Merci pour la qualité de cet article et du sérieux des commentaires. On devrait vous publier sur sacristains.fr ! Pour les options que vous proposez en fin d’article, il faudrait voir. Je pense que ce que vous soulignez est juste. Le célibat n’est pas du tout un obstacle suffisent pour les vocations. Je pense que ce qui freine le plus les vocations est l’apparente surcharge du prêtre en activité non sacerdotale ou désacerdotalisantes (comme célébrer 6 messes par week-end, qui finit par vous écoeurer même de cette si belle célébration. (C’est du vécu).
    Le problème est plutôt la société dépressive qui induit des grands adolescents et suscite continuellement des réactions névrotiques. La montée en flèche du nombre de cas de pseudo-homosexualité (en fait une sorte d’obsession homomorphe avec malheureusement passage compulsifs à l’acte) n’est qu’un symptôme de ce contexte. Les prêtres sont aussi assez exposés à ces névroses névrose par le ministère DANS LES CONDITIONS ACTUELLES. Par la solitude, par le poids des cas moraux qu’il doit porter pour les autres, par son statut méprisé en bien des endroits y compris dans sa famille… (je noircis volontairement le trait).

    Ceux qui pensent que le célibat poussent à la pédophilie (en fait surtout l’ephebophilie névrotique) ont donc à la fois tort et raison.

    Tort parce que le célibat est un mode éprouvé d’épanouissement de la personne quand il est assumé spirituellement (même par des célibataires non choisis, de plus en plus nombreux)

    Raison parce que, dans la situation pécamineuse dans laquelle ils sont engagés par leur évêque u ils s’engagent par naïveté, le célibat se retourne contre la personne, et la pulsion passe à l’acte par le processus de déplacement. Et c’est le jeune ado naïf, (et parfois un peu demandeur aussi) qui en fait les frais.

    Les prêtres sont touchés comme les autres, même si aujourd’hui, ils viennent souvent de milieu plus équilibrés que la moyenne des gens (heureusement !).

    Brefs les solutions que vous proposez de ministère provisoire me paraissent surtout trouver une solution pour alléger le poids d’un ministère lourd. Et dans le fond, vous avez parfaitement raison. Il faut reprendre les choses à la base. Protéger le prêtre de l’activisme est le devoir de l’évêque, mais aussi des laïcs.
    Et remplacer le prêtre célibataire par un prêtre marié ou par des laïcs institués ou cléricalisés, ce n’est que changer la chair à canon.

    Je n’ai pas de solution mais nous avons une occasion pour réfléchir à frais nouveau. Y a t il un droit au sacrement ? qui peut ou doit les donner ? qui doit se déplacer le prêtre ou la paroisse distante de 50km ? Comment organiser une présence chrétienne auprès des régions reculées ? Comment décider des priorités pastorales sans qu’il y ait une levée de bouclier de bouclier infantile ?

  9. « Mes travaux sur des cas au cours des 20 dernières années n’indiquent aucune preuve quelle qu’elle soit que les catholiques ou les autres clercs célibataires soient plus susceptibles d’être impliqués dans l’inconduite ou de mauvais traitements que les ministres de toute autre confession – ou même, que les non-clercs. » (Philip Jenkins)

    « Selon une étude britannique, sur 60 cas d’abus par des ministres du culte, toutes confessions confondues, 25 sont le fait de prêtres catholiques, 35 de protestants et d’anglicans (mariés). »

    http://www.nystagmus.me/ext/http://www.nystagmus.me/article-frederic-lenoir-accuse-les-pretres-sans-chiffres-evidemment-en-voici-46530100-comments.html

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