Notre-Dame, tradis, rabbins et pleurs (ou presque)

Dimanche dernier, à Notre-Dame de Paris, un rabbin parisien, Rivon Krygier, était invité à donner une conférence de Carême par l’archidiocèse de Paris. Quelques dizaines de personnes ont perturbé son intervention, contraignant le rabbin à prononcer sa conférence depuis la sacristie. Qui sont les perturbateurs ? Des néo-païens vêtus de noir, adeptes de la cueillette du gui en forêt de Fontainebleau ? Des musulmans venus exiger que la cathédrale soit transformée en mosquée ? Des lesbiennes trotskystes hostiles au pape nazi et homophobe ?

Non. Les perturbateurs étaient des catholiques. Pas simplement baptisés, non, des catholiques pratiquants, tout ce qu’il y a de plus pratiquants. Traditionalistes (Civitas et le MJCF, deux associations liées à la Fraternité en question, ont ouvertement revendiqué leur geste). Ils ont perturbé l’intervention du rabbin en récitant le chapelet. J’ai appris cette nouvelle avec résignation, en me disant, « bons, ce sont les jeunes cons habituels ». Vous savez, ceux qui perturbent les séances de questions en fin de conférence en posant des questions n’ayant la plupart du temps rien à voir avec le sujet traité. Plusieurs personnes non suspectes de malveillance m’ont assuré qu’un certain mouvement de jeunesse proche de la Fraternité Saint-Pie-X encourageait vivement ses membres à se comporter ainsi, et allait jusqu’à donner des formations en ce sens. Je n’ose le croire.

Dans un premier temps, j’ai donc pris la chose avec philosophie. Malheureusement, curieux de nature et disposant de temps libre en raison d’une interruption de travail des principaux syndicats de la RATP, bref, j’ai été jeter un œil sur le Forum catholique (dont la majorité des participants sont de sensibilité catholique traditionaliste, avec des nuances, puisque certains critiquent l’action entreprise), où j’ai découvert un lien vers une vidéo de l’affaire. J’ai lancé ladite vidéo, qui dure un peu moins de deux minutes. Au bout d’une minute trente, j’étais au bord des larmes.

Pas pour le rabbin, non pas pour le rabbin. Je n’ai rien contre les rabbins, mais ce n’est pas pour le rabbin que j’aurais voulu pleurer. C’était pour le Je crois en Dieu, pour le Je vous salue Marie, pour le Christus vincit qui ont servi d’arme à nos joyeux perturbateurs. C’est que j’en ai récité, des Je vous salue Marie, des Je crois en Dieu. J’en ai chanté des Christus vincit. Mais jamais je n’aurais cru qu’on pouvait être assez stupide pour en faire des armes (ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les auteurs de la vidéo, qui écrivent : « ils n’avaient ni armes, ni battes de baseball, simplement des chapelets »). Et contre qui ? Un rabbin ? Un rabbin menaçant pour la foi catholique ?

J’ai pris la peine de lire l’argumentation des militants catholiques en question. J’en reste muet. Mais comment peut-on, aujourd’hui (je ne dis pas il y a cent ans, je ne dis pas il y a cinq siècles, à l’époque, c’était l’air du temps et il aurait été impossible ou héroïque de ne pas le respirer), vivre sa foi chrétienne de cette manière ? Être catholique, ce n’est pas être en lutte contre les juifs, les musulmans, les athées and so on. Ces gens vous diront qu’ils luttent contre l’erreur et non contre ceux qui se trompent, argument très pauvre mais hélas très commun aujourd’hui. D’une part, l’erreur en matière religieuse est quelque chose d’assez difficile à définir, et si erreur il doit y avoir, il me semble que les plus graves ne sont pas celles des juifs ou des athées mais celles de ces perturbateurs.

D’autre part, l’erreur en tant que telle n’a aucun intérêt, elle n’a même pas d’existence réelle, il y a avant tout mon prochain, qui envisage Dieu, qui aime Dieu d’une certaine manière. Aimer son prochain, le considérer comme son frère, c’est être capable d’écouter ce qu’il a à dire, être capable au besoin (et qui pourrait nier que les chrétiens aient besoin d’entendre ce que les juifs ont à leur dire ?) de lui donner la parole, être capable de penser avec lui. [Il faudra que je revienne à l’occasion sur cette facilité rhétorique à laquelle l’Église a très souvent eu recours au long des siècles, sur le thème « nous détestons le péché mais nous aimons le pécheur », « nous détestons l’hérésie mais nous aimons l’hérétique », etc. ; le problème, c’est, pour parodier Joseph de Maistre, qu' »il n’y a point de péché dans le monde. J’ai vu dans ma vie des voleurs, des menteurs, des orgueilleux ; je sais même, grâce à Marcel Proust, qu’on peut être adultère ; mais quant au péché, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie; s’il existe, c’est bien à mon insu… »]

Pour finir, il y a un point sur lequel je ne suis absolument pas d’accord avec Mgr Jérôme Beau, qui affirme que les perturbateurs appartiennent « à un groupe qui n’a aucun lien avec l’Église catholique ». Ces personnes se disent catholiques. Elles assistent très régulièrement à une liturgie qui est toujours celle de l’Eglise – quelles que soient les problèmes canoniques que pose le statut de la Fraternité Saint-Pie X, celui de ses prêtres et de ses fidèles. Nous sommes en partie responsables de leurs actes, spirituellement, mais aussi très concrètement, historiquement. Nous devons assumer. J’ai eu l’occasion de m’intéresser à la façon dont la question traditionaliste a été prise en compte par l’Église, à tous les niveaux, notamment à la fin des années 60 et pendant les années 70, avant qu’on observe une certaine radicalisation au sein de cette tendance, et je tiens à le dire : là aussi, il y a de quoi pleurer.

20 réflexions sur “Notre-Dame, tradis, rabbins et pleurs (ou presque)

  1. J’ai un peu, avant de tomber dans l’horreur païenne, fréquenté ce genre d’excités. J’en fréquente encore d’ailleurs… Mais n’est-ce pas la rançon d’un monothéisme qui va au bout de lui-même et ne s’arrête pas même aux conséquences les plus ridicules ? Quand on sait, quand on possède la Vérité, et qu’on se sait inspiré de Dieu n’est-il pas fatal qu’on cherche à imposer le Bien à tous ? J’ai été de leurs camarades, longtemps apologiste du dehors… Je les supporte de moins en moins. Et – le diable ne porte-t-il pas pierre ? – c’est la lecture de Matzneff qui m’a ouvert à un autre christianisme… Mais ce christianisme-là, séduisant, touche un peu à l’anarchisme et ne se soucie pas de salut des sociétés…

  2. Léon Bloy, lui, ne fait pas semblant :

    « I. Je suis pour la Théocratie absolue, telle qu’elle est affirmée dans la Bulle Unam Sanctam de Boniface VIII.
    II. Je pense que l’Eglise doit tenir en main les Deux Glaives, le Spirituel et le Temporel, que tout lui appartient, les âmes et les corps, et qu’en dehors d’Elle il ne peut y avoir de salut ni pour les individus ni pour les sociétés.
    III. Enfin j’estime qu’il est outrageant pour la raison humaine de mettre en question des principes aussi élémentaires. »

    Faut-il s’étonner que les jeunes catholiques élevés avec ce genre de catholicisme se montrent aussi cons ? Il est étonnant au contraire qu’ils n’en fassent pas plus…

  3. J’ai envie de pleurer moi aussi, pour les mêmes raisons que vous. Il me semble que s’ils avaient craché à la figure, non seulement du rabbin Krygier, mais aussi et surtout de Marie et de Jésus, ç’aurait été exactement la même chose.
    Et je sens pour moi la honte qui devrait être la leur.

  4. Totalement en accord…

    Et comme le dit Ivane, le seul christianisme qui devient fréquentable est pour moi le christianisme solaire, paganisant, d’un Matzneff ou d’un Vincenot.

    (ah sinon, la parodie de Joseph de Maistre qui parle de Proust, à la première lecture ça a fait mal à ma chronologie😉 ).

  5. Ils ne visaient pas le rabbin mais les autres catholiques de l’assistance, cela n’a rien à voir avec un credo quelconque, leur coeur est sec c’est tout. Quand j’ai envie de respirer un air libre, je reprends la lecture de Philippe Ariès, à mon avis le catholique le plus fin, le plus subtil de l’après-guerre, il aimait la liturgie en latin, il disait qu’il allait à la messe Vatican II avec des boules Quiès, comme vous il trouvait les traductions des Psaumes catastrophiques, voici ce qu’il dit « Chaque défilé cache un catholique qui attend un autre catholique pour l’assommer, c’est à dire l’anathémiser (fraternellement) ou le dénoncer (pour son bien) à ses supérieurs ou le livrer (pieusement) au bras séculier[…] Nous catholiques traditionnalistes, nous avons plus repoussé et condamné qu’accueilli, aimé et convaincu »

  6. Cher Monsieur,
    On peut trouver la manifestation grotesque (ou même scandaleuse), et néanmoins être en désaccord avec ce que vous écrivez.
    Pour ma part (je me permets d’en rester à l’opinion puisque malgré votre ton très sûr de vous, vous n’exprimez que votre opinon) je me garderais bien d’anathémiser les anathémisateurs (j’ai l’impression de lire une rhétorique antiraciste en vous lisant, étonnant, non ?), de condamner ou louer qui que ce soit. Les commentaires font preuve de beaucoup d’assurance (« leurs coeurs sont secs, c’est tout », « ce genre d’excités », « se montrent aussi cons »), comme si, en vertu même de sa soi-disant ouverture, on pouvait fermer la porte au nez de quiconque. Comme si cette faute là (si faute il y a) n’est pas permise alors que d’autres (Matzneff…) le sont.

    J’apprécie en particulier les penseurs de fond de blogues bas de gamme qui disqualifient Bloy (ou d’autres, peu importe) d’un revers de phrase. Ca laisse songeur.

    J’espère néanmoins que vous me permettrez de penser que :
    – oui, la prière est une arme (pour Sa plus grande gloire)
    – non, je n’ai rien à apprendre d’un rabbin, parce que le Christ me parle par son Evangile et son Eglise et m’enseigne la vérité
    – oui, je sais ce qu’est l’erreur, je sais qu’elle a une « existence réelle », et opposer vérité et charité (« l’erreur en tant que telle n’a aucun intérêt, il y a avant tout mon prochain ») est un sophisme qui montre à quel point vous êtes de mauvaise foi ou faible intellectuellement (et si ça vous gonfle de vous enfiler la dernière encyclique de Benoit XVI sur le sujet, vous pouvez relire au moins la première question de la Somme)
    – oui, le sacro-saint « dialogue interreligieux » porte des ambigüités indéniables (ce n’est pas les « salauds » que vous dénoncez qui ont écrit « Quale accordo fra Cristo e Beliar ? », c’est Mgr Gherardini, ni « Quas Primas », c’est Pie XI)
    – non, la manière de « vivre sa foi » (comme vous dites) n’est pas une question qui peut être réduite à « l’air du temps » (Vatican II l’a suffisamment démontré !)
    – oui, on peut aimer le pécheur et combattre le péché, c’est même précisément l’exemple que nous donne le Christ, et non, ce n’est pas une « facilité rhétorique » ou un « argument pauvre »

    Pitié, un peu d’humilité. N’assénez pas des imprécisions, jugements, faussetés d’une hauteur que vous n’avez pas (du tout).
    Et ne condamnez pas les gens ! C’est précisément ce que vous leur reprochez !

    Enfin, je ne sais pas exactement ce qu’est la « question traditionaliste » et sa « prise en compte ». Si vous désignez des personnes (par exemple, Mgr Lefevre ou l’abbé de Nantes pour les plus médiatiques), leurs actes, publications et options avancées, les sanctions disciplinaires ou canoniques qu’ils ont encourrues, je me permets d’émettre la remarque qu’il serait peut-être plus pertinent de s’intéresser non au symptôme, mais à la cause. Autrement dit, si nous nous sentons dans une certaine mensure responsable des actes de tous les catholiques (et nous aurions tort du contraire), plutôt que de pleurer sur la manière dont les autorités ont traité « la question traditionaliste », nous devrions peut-être pleurer sur notre propre apostasie silencieuse massive.
    Salutations

  7. Ils ne visaient pas le rabbin

    Voilà un argument bien jésuitique. Vous êtes mûr pour la conversion, MM. ^^

  8. @ PdL

    Quelques remarques vite fait plus ou moins bien fait.

    « Rhétorique antiraciste ». ?! Où, quand, comment ?

    Bloy est bien sympathique, mais force est de constater que de temps en temps, emporté par son hostilité forcenée à la modernité il écrit n’importe quoi. La citation que donne Ivane, et que j’avais moi-même relevée en le lisant, en est un bon exemple. La théorie des deux glaives en l’occurrence, c’est quelque chose de tout à fait historique, contingent, qui marche plus ou moins bien à une époque donnée, pas quelque chose sur lequel reposerait l’Eglise du Christ. Et tant mieux.

    La prière peut être une arme dans le combat spirituel. Ce que faisaient ces jeunes gens n’avait rien de spirituel.

    Vous n’avez rien à apprendre d’un rabbin ? Et c’est vous qui parlez d’humilité et de hauteur ? Sans rire… vous êtes gentil, les tradis je les connais pas mal, je suis né dedans, j’en fréquente toujours, j’ai lu une grande partie de ce qui s’est pensé et écrit dans cette mouvance, etc. J’ai appris pas mal de choses auprès d’eux et le reconnais volontiers.

    Où voyez-vous que je condamne quoi que ce soit ?! Je laisse ça aux antiracistes. J’écris simplement qu’un tel comportement m’attriste et que ce n’est pas l’idée que je me fais de la foi chrétienne. Point barre. Perturber une conférence, à plus forte raison de cette manière, c’est se comporter en excité.

    L’erreur a une existence réelle ? Le jour où vous en aurez une sous la main, appelez-moi, je ne veux pas rater ça. De même pour le péché.

    Où diable ai-je écrit que « vivre sa foi » = « l’air du temps » ?!

    Sur aimer le pécheur et combattre le péché, désolé, j’espère avoir le temps de développer ça plus longuement un jour, je sais que l’Eglise l’a enseigné, mais ça me semble (du point de vue de l’argumentation bien sûr) d’une pauvreté et d’une facilité déconcertante.

    Apostasie silencieuse massive ? Écoutez, nous n’en ferons jamais assez pour l’amour de Dieu, c’est bien entendu, mais ne soyez pas aussi désespéré, je vous en prie… l’Esprit-Saint est à l’œuvre aujourd’hui comme hier, il suffit d’ouvrir les yeux pour le constater…

  9. Pingback: Tweets that mention Notre-Dame, tradis, rabbins et pleurs (ou presque) « Baroque et fatigué -- Topsy.com
  10. Tout cela confirme bien ce que vous aviez déjà dit : le problème des traditionnalistes, c’est qu’ils n’ont pas compris que le principe même de l’histoire, c’est que les choses évoluent.

    Et pas forcément toujours en mal : finalement, j’aime autant qu’on ne massacre plus de protestants devant Saint Germain l’Auxerrois (c’est salissant). C’est bien de vouloir jouer les croisés et les Bernardo Gui à la petite semaine, mais…

  11. Jolie preuve que la Foi ne protège pas de la bêtise. Et si monsieur le rabbin était venu annoncer sa conversion en fin de conférence?

    • Eh bien, vous commentez un peu rapidement. On voit que vous n’avez pas écouté ni lu son discours. Saviez-vous qu’il appelait à une grande religion universelle libérée de tous les dogmes et à une nouvelle tour de Babel comme cité idéale ? (les Juifs conservateurs en ont aussi pris pour leur grade, servant systématiquement, par jolie figure de style interposée, à casser l’Eglise traditionnelle deux lignes plus loin)

  12. Oui… enfin Bloy délirait sévèrement là… puisque le Christ en personne a bien précisé qu’il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

    Ces tradis poussiéreux sont de sinistres nimbus, tout aussi lopettes que leurs frères de foi (pourquoi tu tousses ?) post-VATICAN II !

    Mais tout cela n’est-il pas l’annonciation des Temps Messianiques ? Chaque Chrétien devrait se rassurer et se réjouir puisque les Temps sont proches, au lieu de pleurer sur une décadence de l’Eglise.

  13. Cher baroque et fatigué,

    Je n’arrive pas à vous cataloguer et ça m’énerve. Etant, à ma grande peine, malgré tout obligé d’être un tout petit peu un produit de mon époque, j’aime bien pouvoir placer les gens dans des petites cases qui veulent de moins en moins dire quelque chose. Avec vous, c’est une catastrophe je n’arrive à rien. Je trouve un message qui semble faire de vous un pur produit d’une certaine petite case, et ensuite un autre qui ferait de vous un cas typique d’une autre case complètement opposée. En croisant les liens qui redirigent vers vous et ceux vers lesquels vous redirigez, c’est encore pire. Si vous êtes « linkez » par un tel, il n’est absolument pas logique que vous soyez « linker » par tel autre. Et vice-versa.

    C’est insupportable.

    Je vous prie donc de bien vouloir m’indiquer dans quelle petite case je peux vous cataloguer. D’avance, merci.

    Je vous prie d’agréer, etc.

    PS : Joyeuses Pâques !

  14. Bloy adorait provoquer. Il a appris ça de Barbey qui un verre de fine en main vous faisait l’apologie de César Borgia « un exemple d’énergie catholique » (Matzneff à côté c’est le porte-parole de la confrérie du Saint-sacrement). Il est comique Léon, parce qu’avec ce qu’il a écrit dans Le salut par les juifs, Les lettres à la fiancé ou même Le symbolisme de l’apparition il aurait mal fini au temps de Boniface VIII. (je ne parle même pas de sa façon de traiter la plupart des serviteurs de l’Eglise dès qu’ils avaient l’indécente audace de le contredire).C’est le même Bloy qui écrit « L’achiconfrérie de la bonne mort » si aimable pour Bonnot et les anars à bombes ou qui se réjouit à plein verbe de l’incendie du bazar de la charité. C’est Bloy quoi..L’homme pour qui paraclet et Lucifer sont UN (« impossible fut-ce dans dans l’extase béatifique des les séparer » (Salut par les juifs, de mémoire). Le Bloy qui écrit : « « Dans le plan de la Rédemption, le Verbe du Père ayant été substitué au Démon, lui-même devait nécessairement, après avoir assumé toute malédiction, par la plus sage folie, être fait par un divin mensonge le péché lui-même. » (Symbolisme de l’apparition). Ah oui, gros succès auprès de Boniface VIII, sûr !

  15. Bonjour bonjour !
    Je tombe (presque) par hasard sur votre blog où vous crucifiez sans vergogne mes petits camarades. Sans aucun détour : je suis une fidèle de la FSSPX (après avoir animé des messes Paul VI pendant 2 ans) et membre actif du MJCF, Province Bretagne (donc absente de la cathédrale, mais approuvant complètement l’initiative du MJ de Paris).

    Vous parlez, Baroque, ainsi que les nombreux commentateurs, de l’amour du prochain, de l’accueil des non chrétiens, de la vie en société en bonne intelligence… mais n’auriez-vous pas oublié… Quelqu’un ?
    Il est gravé au fronton de certaines églises : « Domus Dei et Porta Coeli ». Vous rendez-vous compte : « Domus Dei »… Le Maître y trône dans toute Sa majesté, dans le tabernacle, le Saint des Saints du Temple érigé en Son honneur. En Son honneur, et non pas pour le bon plaisir des hommes ! Chaque jour, le Saint Sacrifice de la Messe y est offert, non pas pour le bon plaisir des hommes, mais comme une réparation parfaite des offenses infinies que nous osons commettre contre notre doux Seigneur, comme une action de grâce pour Sa bonté et Sa miséricorde toutes divines, comme une offrande infiniment pure et précieuse pour L’adorer et Lui rendre gloire avec justice. Chaque chapelle, chaque église et chaque cathédrale est un nouveau Temple de Jérusalem où Dieu règne en Maître.

    « Les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le plus grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout esprit. VOILA LE GRAND, LE PREMIER COMMANDEMENT. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qui est dans l’Ecriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces deux commandements. » (Mt 22, 34-40)
    Comme le dit clairement le Seigneur, ces commandements sont « semblables », mais ils sont bien distincts. L’un est indissociable de l’autre, et réciproquement… mais il ne faudrait pas oublier cette réciproque, justement. « Aimer Dieu » n’est pas égal à « aimer son prochain » : aimer Dieu vient en premier, et l’on aime son prochain parce qu’on aime Dieu (définition de la Charité, cf. caté).
    Pour faire respecter ce premier commandement, le plus grand de tous, Notre Seigneur si bon, si aimant, si tendre et miséricordieux pour le pécheur, a chassé à coups de fouets ceux qui offensaient Son Père dans Son Temple. On sait aussi que les péchés contre les Sacrements et contre l’Eglise sont parmi les plus graves : tout cela découle de la même raison, qui est que rien ne se trouve au-dessus de Dieu.

    Notre-Dame de Paris n’a pas été érigée pour les hommes, ni même pour un cardinal, mais pour Dieu (on s’extasie assez sur ces sculptures innombrables que certains croient inutiles parce qu’elles sont invisibles depuis le sol). Comment peut-on imaginer une seule seconde que l’intendant du Maître puisse convier Son ennemi (ennemi, puisqu’il nie Sa divinité et conteste Sa Révélation) à venir Le contredire et Le combattre (si si, lisez bien le discours du rabbin, en particulier ce qui concerne la Tradition de l’Eglise) EN SA PROPRE DEMEURE ?

    Vous demandez la Charité pour le prochain. Mais y a-t-il plus grande Charité que d’offrir un chapelet de réparation, afin que la faute, déjà remboursée par les priants, ne lui soit plus comptée ? Mais il est vrai que pour comprendre cela, il faut déjà admettre une possibilité de conversion pour tout homme et l’existence du Purgatoire. Peut-être n’est-ce pas le cas de l’auteur et des commentateurs ?

  16. @ Ancilla Domini

    Je ne crucifie personne. J’exprime de sérieuses réserves quant à la conformité au Christ de l’action entreprise par ce groupe de personnes.

    La vision de Dieu que votre commentaire sous-tend m’étonne un peu. Un Dieu jaloux, soucieux de son autorité. Vous savez, s’il s’est incarné, ça n’est pas pour rien.

    « Contredire Dieu » ça ne veut rien dire. Relisez-vous.

    Vous ne montrez pas en quoi le rabbin est un ennemi de Dieu. J’en doute. A moins que vous ne réduisiez Dieu à « la tradition de l’Eglise ». Mais Dieu est beaucoup plus grand que la tradition de l’Eglise.

    Je présume votre bonne foi pour tout ce commentaire, le dernier paragraphe excepté. Allons donc, un chapelet de réparation ? Il y aurait eu chapelet de réparation si les catholiques en question avaient été prier dans un autre lieu de culte, paisiblement. Et là, ça m’aurait fait sourire mais je n’y aurais pas trouvé grand chose à redire. C’était un chapelet de perturbation, et puis c’est tout. Soyez honnête.

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