Devinette du soir

Saurez-vous deviner qui a écrit le texte qui suit ? Attention, ne pas tricher, Google Books a la réponse.

« L’image d’un État centralisé, que l’Église catholique offrit jusqu’au Concile, ne découle pas tout simplement de la charge de Pierre, mais bien de l’amalgame qu’on en fit avec la tâche patriarcale qui fut dévolue à l’évêque de Rome pour toute la chrétienté latine, et qui ne fit que croître tout au long de l’histoire. Le droit ecclésial unitaire, la liturgie unitaire, l’attribution unitaire, faite par le centre de Rome, des sièges épiscopaux – tout cela sont des choses qui ne font pas nécessairement partie de la primauté en tant que telle ; elles résultent de la concentration de deux fonctions. Par suite, la tâche à envisager serait de distinguer à nouveau, plus nettement, entre la fonction proprement dite du successeur de Pierre et la fonction patriarcale ; en cas de besoin, de créer de nouveaux patriarcats détachés de l’Église latine.

Accepter de s’unir au Pape ne signifierait plus qu’on s’incorpore à une administration centralisée, mais seulement qu’on s’insère dans l’unité de la foi et de la communion ; on reconnaîtrait alors au Pape le pouvoir d’interpréter de manière obligatoire la révélation apportée par le Christ et, par suite, on devrait se soumettre à cette interprétation lorsqu’elle est faite sous une forme définitive. Cela veut dire que l’unification avec la chrétienté orientale ne changerait rien, même dans la vie ecclésiale concrète de celle-ci. L’unité avec Rome pourrait, dans la manière concrète dont s’édifierait et se réaliserait la vie des communautés, être exactement aussi « invisible » que dans l’Église antique.

En fait de changements concrets, cela se réaliserait par exemple en ce que, au moment où les sièges épiscopaux seraient pourvus, il y aurait une « ratification » analogue à l’échange des lettres de communion dans l’ancienne Église ; en ce qu’on se réunirait de nouveau en synodes et en conciles communs ; en ce que l’échange des lettres pascales ou d’autres (« encyclique ») déborderait de nouveau la frontière entre l’Orient et l’Occident ; enfin, en ce que l’évêque de Rome serait de nouveau nommé au canon de la messe et dans les prières d’intercession. Car l’intercession, le souvenir rappelé, c’est la forme et la manière dont se réalise, jusque dans chaque liturgie locale, l’unité de la chrétienté – ou sa déchirure. »

3 réflexions sur “Devinette du soir

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