Déclaration d’amour

Malgré Nimier, et son « Je proteste contre le monde moderne, mais j’adore ses femmes minces » qui trône ici depuis longtemps, confidence pour confidence, de vous à moi je vous avoue (Jean Schulteis©), chers lecteurs, que j’aime le monde moderne. Oh, bien sûr, le monde moderne a de quoi faire sourire. Je me suis bien amusé en lisant Philippe Muray, et je conviens volontiers que face à une Gay Pride, une chanson écologiste bêtifiante ou un État socialiste-sans-le-savoir, mieux vaut sourire que se répandre en éructations haineuses.

Néanmoins, j’aime le monde moderne, pour tout un tas de raisons, plus ou moins naïves, mais qui font que je suis, en fin de compte, plutôt heureux d’être né là où je suis né, au moment où j’y suis né. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un mouvement d’allégresse passager dû à différentes circonstances ; je classerais plutôt cet amour dans la catégorie des sentiments durables et profonds.

Dans le monde moderne, l’individu est amené plus que jamais faire des choix personnels, à tout instant de sa vie, où qu’il se situe dans la société. Les générations précédentes ne croient plus à leur supériorité, encore moins à leur autorité, le contrôle social s’est atténué, etc. Chacun aime plus ou moins qui il veut – voyez Carla Bruni – sauf dans cette charmante ville de province où la très catholique Mme X* guette encore à la fenêtre, prête à dénoncer les jeunes gens qui batifolent à leurs familles respectives. Chacun exerce plus ou moins l’emploi qu’il veut, dans la mesure de ses capacités – voyez les fils Sarkozy.

Bref, nous sommes plus que jamais confrontés à des choix, que personne ne fera à notre place, selon toute vraisemblance. Autant d’occasions de manifester pleinement notre dignité d’homme en faisant de bons choix, et de rendre ainsi gloire à Dieu.

Je pense aussi aux jeunes qui m’ont été confiés en différentes occasions. Il y avait chez eux quelque chose qu’on n’aurait sans doute pas observé il y a quelques décennies, quelques siècles a fortiori : ce souci permanent d’être en accord intime avec ce qu’on peut leur apprendre ou leur montrer, de ne pas se rendre au premier argument, d’objecter, ou même tout simplement d’acquiescer à voix haute. « Oui, je suis d’accord » : « Que tu sois  ou non d’accord », répond le réactionnaire, « c’est la même chose » (et l’idée de leur faire une telle réponse m’a parfois effleuré, je vous l’avoue). Mais enfin, il est magnifique ce « je suis d’accord » !

Alleluia pour ce « je suis d’accord » ! La mollesse, la tiédeur que Dieu déteste, je m’excuse, mais à lire l’Évangile, ça n’est pas celle des vilains progressistes que les rassemblements de « défense » sur le parvis des cathédrales n’enthousiasment pas franchement. La mollesse, la tiédeur que Dieu déteste, c’est celle du chrétien « culturel », du chrétien « social », qui n’a jamais choisi, qui croit ce qu’il croit et agit comme il agit parce que tout le monde autour de lui croit et agit de même. Aimer, c’est choisir, et jamais plus qu’aujourd’hui il ne nous a été donné d’avoir à choisir.

Ah, parlons-en de l’amour ! De notre jeunesse dévoyée qui brade ses sentiments – et plus si affinités – à tous les vents ! Rien de terrifiant. Un peu d’histoire des sociétés vous montrera que les choses n’ont pas tant changé qu’il semble au premier abord. Aimés et bien conseillés par leurs parents et amis, il est peu probable que les jeunes actuels finissent plus mal que les générations précédentes.

Mais le plus beau, comme souvent, c’est Dieu. On se lamente sur la chute de la pratique dominicale, l’inculture religieuse des nouvelles générations, etc. Oui. Certes. Mais enfin. J’ai aidé pendant deux ans à animer l’aumônerie d’un lycée public. De deux lycées publics, même. Ils devaient être, oh, entre dix et vingt. 0,5 à 1 %, quoi. Les enfants de familles catholiques pratiquantes allaient le plus souvent ailleurs, dans des communautés nouvelles ou autres. Nous nous retrouvions donc avec des jeunes qui, famille catholique ou pas, étaient là, au pire, parce qu’ils le voulaient bien, au mieux, parce qu’ils le voulaient. Je ne peux pas m’empêcher, même s’il faut se garder de juger et de faire d’hasardeuses et naïves comparaisons historiques, de vous dire que la foi de ces lycéens était magnifique, et un peu plus exaltante que celle de l’arrière-arrière-grand-oncle mort à quinze ans confit en dévotion au milieu des odeurs d’encens et des poèmes sirupeux de sa chère maman, dans un château du Sud-Ouest (ambiance Mauriac). (Arrière-arrière-grand-oncle qui nous attend sûrement au paradis, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit).

Il y a me semble-t-il deux écueils  à éviter : 1) sombrer dans une déploration de la décadence,  un rejet abrupt de la modernité ; 2) accepter béatement la modernité sans se rendre compte que l’époque est au moins aussi exigeante que les précédentes  – et à ce stade, je voudrais souhaiter un courage tout particulier à ceux qui ont des enfants à élever.

Votre serviteur a la chance d’avoir reçu une éducation, disons, plutôt réactionnaire ; même si, quand le paternel se faisait prendre à saucer son assiette sans sa fourchette, tout le monde riait de bon cœur, et même si les prêtres traditionalistes qui m’ont fait le catéchisme étaient plus modernes qu’ils ne le croyaient. Il mesure donc, sans doute un peu mieux que la moyenne, ce qui a changé. Et il n’est pas inquiet, non, au contraire, plutôt impatient de voir ce que Dieu nous réserve pour les temps à venir. Tâchons de lui donner un coup de main.

31 réflexions sur “Déclaration d’amour

  1. J’apprécie beaucoup ton texte, dans lequel je me reconnais en partie. En partie seulement, ayant eu une éducation différente, dans un milieu différent.

    Mais il est vrai que les discours sur la France qui fout le camp et le c’était-mieux-avant m’exaspèrent. Il est plus difficile d’adopter l’attitude que tu décris ici, parce qu’accepter le monde moderne, c’est aller vers l’inconnu, et qu’il est plus facile de faire peur, avec l’inconnu.

    Je m’arrête de commenter ici, sinon je crains d’en faire un billet. Et si je dois le faire, ce sera chez moi (au détriment d’un autre sujet, intéressant également… sur une partie de la France qui fout le camp).

  2. Entre nous, Baroque qu’on lui fasse ou non des déclarations d’amour, ce monde c’est le nôtre, on en a qu’un, la plus belle déclaration qu’on puisse lui faire c’est de se perpétuer et à partir de là, vous avez raison, de se poser d’innombrables questions à 2 sur un 3ème, 4ème, 5ème en fonction des choix qu’on a faits et qu’on continue de faire mais je doute que nous soyons la première génération dans ce cas.

    • Ah ah, ça n’est pas d’actualité, mais un jour peut-être, je vous en souhaite une bonne demi-douzaine. Et puis on peut aussi avoir une postérité spirituelle.

  3. Si tu continues à être aussi charmant, percutant et intelligent (en plus d’être sur la même longueur d’ondes que moi), je vais finir par te demander si tu veux bien m’épouser ! Histoire de se perpétuer, comme le dit si bien Memento Mouloud.

    ah ben oui, c’est ça de faire des billets intitulés « déclaration d’amour »…😉

    Ah zut, on me rappelle dans l’oreillette que je suis trop vieille. Zut alors, la vie est mal faite !

    (heu… je plaisante, hein)

    • Intéressant. Je devrais songer à organiser un speed dating avec mes commentatrices préférées.

      [Je plaisante aussi :-)]

  4. Superbe billet, bravo. (Merci à Koz pour le lien.)

    Je me reconnais tout à fait dans le « je suis d’accord ». Cela me rappelle le « c’est juste » que j’avais répondu à un prof de maths de prépa qui corrigeait mon raisonnement lors d’une colle. Sa réaction instinctive: « bien sûr que c’est juste, puisque je vous le dis ». Il n’empêche, c’est là que j’ai appris que même quand la personne en position d’autorité a raison à première vue, j’ai le devoir de vérifier la validité de son argumentation.

    Et oui, je préfère le monde ainsi, même si c’est ma propre autorité que mes enfants ne tarderont pas à défier. Dieu nous a donné le libre arbitre: nous n’avons jamais autant qu’aujourd’hui eu les moyens de l’exercer.

    • Attention, l’analogie avec l’enseignement a ses limites : la relation avec un professeur n’est pas nécessairement fondée sur l’amour, et il peut être bon parfois que l’élève ferme sa gueule.

      Mais la relation avec Dieu et avec notre prochain ne pouvant être fondée que sur l’amour, elle appelle nécessairement un dialogue, un acquiescement de l’un à l’autre et vice-versa : l’usage de notre libre arbitre, auquel nous encourage la modernité va nous permettre d’approfondir ce dialogue, de parvenir à un acquiescement plus profond, plus complet, plus beau.

  5. Mon éducation fut un peu à l’opposé de la tienne, tout au moins en ce qui concerne la religion.

    Mais, venant justement de cet autre bord, je me trouve tout aussi émerveillée et dans l’attente de ce demain qui nous surprendra certainement.

    Merci de ce beau billet !

    • Bon, je me rends compte que j’exagère, on m’a quand même beaucoup parlé de l’amour de Dieu quand j’étais p’tit. Merci papa merci maman.

      Mais par exemple, la sacrement de pénitence, dès six-sept ans et jusqu’à ce que je devienne plus ou moins adulte, on me l’a présenté et je l’ai envisagé comme une « mise en règle », quelque chose comme un arrangement avec une autorité, une institution. Pas vraiment comme la rencontre avec un pardon donné par amour. C’est dommage.

  6. Merci pour cette déclaration. Je crois qu’il est de bon ton, aujourd’hui, de se plaindre des évènements et de notre temps.
    Comme disait Flaubert à propos des illusions : « affecter d’en avoir eu beaucoup. Se plaindre de ce qu’on les a perdues. »
    Malheureusement ceci est également vrai pour les catholiques.

    Merci de nous rappeler à notre devoir d’espérance et de joie.

  7. J’aime bien le monde moderne également (je ne pourrai pas me passer d’Internet, je pense qu’à certains égards, on vit une époque formidable) mais je suis désolé, il y a quand même des aberrations contre lesquelles nous devons justement nous mobiliser.

    @ Zabou :
    L’avenir, il peut aussi te surprendre en mal…🙂
    Il ne faut pas psychoter sur les issues possibles, mais justement essayer d’avoir un regard le plus juste possible.

    • Oh, mais ça n’est pas une histoire de « me faire du bien ». C’est à nous de faire le bien, et le christianisme n’a jamais consisté à construire ou à reconstruire un monde idéal, mais à faire le bien dans le monde dans lequel nous vivons. Si on vous a fait du mal, que Dieu leur pardonne et qu’Il vous aide !

  8. Je fais une réponse un peu moins « tarte » (j’espère !) que ma réponse précédente, et moins ironique : je suis particulièrement contente que tu exprimes cet amour du monde dans lequel on vit.

    Elevée, comme toi apparemment, dans un milieu où on vit dans le souvenir du passé, des ancêtres, du « dans le temps ce n’était pas comme ça… » on peut facilement arriver à rejeter le monde actuel et vivre dans une glorification du passé qui nous déconnecte totalement de la réalité. J’ai vécu dans ce milieu là. Où l’esprit critique s’efface devant la Tradition, que cette tradition soit religieuse, sociale, historique (ah… les séances de ré-éducation après les cours d’histoire de la révolution française avec mon père…) etc. On se persuade que l’âge d’or était dans un autre temps, que nos racines sont notre avenir et que rien ne peut advenir de bon dans ce monde corrompu par l’argent, le manque d’âme, et la République.

    Bon, une fois cela intégré, qu’est-ce qu’on fait ? Soit on se coule dans le moule « versaillais », on vit « entre soi » et entre semblables, et tout peut très bien se passer, à condition de ne jamais sortir de son milieu et d’avoir un solide mépris pour le monde extérieur, qu’on érigera en vertu afin de se sentir dans son bon droit et de se perpétuer (en grand nombre) sans se poser trop de questions.

    Ou alors on assume de vivre dans son temps et effectivement on se confronte, perpétuellement, aux joies et aux peines de notre société. En essayant d’y voir les choses positives et belles qu’elle contient, malgré ses innombrables défauts. Et je suis particulièrement contente que tu aies relevé dans ces caractéristiques de notre société contemporaine la faculté de la jeunesse à ne pas prendre pour argent comptant tout ce qu’on lui dit et à avoir besoin de se sentir en accord avec quelque chose pour l’accepter. Je l’ai senti en enseignant, je le sens à présent avec mes enfants, même jeunes, et je le sens en fréquentant certains milieux (que tu fréquentes aussi) qui mettent au plus haut la notion de vérifiabilité et de fiabilité d’une donnée, d’une information, au delà de l’autorité de celui qui délivre cette information.

    C’est déroutant parfois, agaçant aussi, cela perturbe l’ordre logique de l’autorité, mais c’est à mon sens une des grandes nouveautés du monde hyper-connecté dans lequel nous vivons : l’autorité naît et est reconnue davantage par ses compétences et sa capacité à expliquer ses compétences que par ses titres. Après tout, je trouve cela plutôt sain et encourageant, et je trouve aux jeunes gens d’aujourd’hui (je dis ça du haut de ma trentaine toute fraîche) une rafraichissante insolence plutôt stimulante et enthousiasmante.

    Reste que pour ne pas être naïfs et savoir faire la part des choses, affirmer l’autorité quand elle n’a pas à être discutée et pouvoir se laisser déstabiliser quand il le faut, pour pouvoir remettre en cause les choses établies sans pour autant renier les acquis bénéfiques du passé, il faut avoir eu une solide éducation, un sens des réalités certain, et être bien campé sur ses jambes (moralement et physiquement). Ce n’est malheureusement pas donné à tout le monde… et c’est de cela, je pense, dont notre société manque le plus : de solides bases pour pouvoir s’en émanciper. C’est ce que j’essaie de donner à mes enfants et ce n’est pas tous les jours évident.

    Voilà, je suis trop longue, j’aurais dû rester dans les banalités légères🙂

    • Ah ah, les cours de rééducation après les cours sur la Révolution française, j’ai connu ça aussi. Je me souviens avoir envoyé balader mon père, en prépa littéraire, quand il m’avait fait lire un bouquin de Mgr de Ségur (tissu de conneries complotistes, du Joseph de Maistre en plus gravos, et sans le style).

      Bon courage avec les enfants, c’est un sacré boulot, mais je suppose qu’il y a les grâces et les joies qui vont avec. Et plus tard vos enfants, devenus indulgents, vous pardonneront beaucoup😉

      • Les « cours de rééducation » ne sont pas forcément cuculs. Les parents peuvent s’élever de Mgr de Ségur à Augustin Cochin, dont même François Furet a fait son miel. Et puis, les choses étant ce qu’elles sont, et le « main stream » – comme vous dites par ailleurs – ce que nous savons, ça donne plutôt l’esprit critique. Je me souviens d’avoir bien rigolé (in petto) dès le CM2, quand notre instituteur nous évoquait, avec les « r » roulés d’un terrible accent bourguignon, Louis XIV, « terrible dictateur », et plus encore en seconde : le professeur d’allemand, militant communiste sans complexe des années soixante-dix, nous expliquait le mur de Berlin, construit pour des raisons prophylactiques, parce qu’à l’ouest « war der Faschismus nicht gestorben »… et Soljenitsyne (qui venait de sortir, dans tous les sens du terme) était « un sacré menteur », etc… Il ne nous serait pas venu à l’idée de faire diligenter des poursuites à la Saint-Projet contre le pédagogue (qui pourtant, playboy à blouson, lutinait en plus les filles de la classe de gestes et d’allusions dont les moindres l’eussent de nos jours conduit en conseil de discipline ; mais je m’égare).
        Bref, on sort d’une ambiance familiale raisonnablement réactionnaire, blindé et finalement bien plus tolérant que la moyenne.

  9. @ Polydamas : l’attitude chrétienne est avant tout, je crois, de l’accueillir, quel qu’il soit cet avenir inconnu😉

    Et, après de réagir de manière juste, selon… mais j’ai confiance.

  10. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils.

    On peut peut-être faire un effort et essayer de l’aimer aussi, ce monde si imparfait.

  11. Excellent billet. Le haut du panier de la fameuse « réacomachin ».

    Mais tout de même une objection: pourquoi c’est écrit si petit, chez vous? Je me demande si inconsciemment,ce n’est pas pour ça que je viens moins souvent vous lire qu’il le faudrait.

  12. Il suffit de faire Ctrl + pour augmenter la taille des caractères.

    Cela dit, il n’y a pas que ça qui pose problème. Je trouve que le cadre droit (avec un fond rouge) prend trop de place par rapport au cadre gauche, ce qui diminue la lisibilité. C’est peut-être aussi la raison qui fait que les caractères sont trop petits. Il faudrait rétablir des proportions plus harmonieuses, sans vouloir offenser l’hôte de ce blog.

  13. L. Chéron,

    c’est marrant, ma dernière année dans le scoutisme a été un tissu de rééducation idéologique sur le mode de « tout ce qui arrive après 1789 est l’oeuvre du Diable » (et aussi tout ce qui arrive après le Moyen-âge, en fait), heureusement que faire de l’histoire par la suite a changé ma vision des choses… mais cette année fut consternante sur de nombreux points.

    • Artémise (par l’entremise d’icelle homonyme sa nièce Marie-Berthe se serait retrouvée experte, selon le regretté Nino Ferrer),
      il ne vous aura pas échappé que – d’une part – le terme un peu fort de « rééducation » était, en réponse, repris d’un billet précédent, et ensuite qu’il se trouvait modulé par l’adverbe « raisonnablement ».
      Etant levé ce qu’il pouvait y avoir de malentendu entre mon propos et le vôtre, j’entends bien l’ambiance que vous évoquez et comprends le sentiment qu’elle vous inspire.

      • L. Chéron, (et Memento Moulou, ci-dessous)

        ne vous en faites pas, j’ai bien compris !
        Sur ce, Saint-Simon n’est pas d’accord avec tout ça : pour lui, le monde va mal depuis la mort de Louis XIII (mais en fait ça allait déjà moins bien depuis la mort de Saint Louis).

        Décidément…

  14. Artémise vous avez lu la conjuration des imbéciles,JK Toole y a créé le personnage d’Ignatius pour qui l’Humanité est en chute libre depuis Abélard, vous verrez c’est assez drôle

  15. Sans pour autant sombrer dans une sotte vitupération du monde moderne, pourquoi cependant lui faire carrément le cadeau improbable et l’hommage d’une déclaration d’amour? Si prendre acte de ce nihilisme diffus qui ronge l’actuelle société dans une perte croissante de tout repère et une profonde crise civilisationnelle consiste à « sombrer dans une déploration de la décadence », alors toute pensée un peu radicale de notre monde se voit d’emblée, si ce n’est mise à l’index, au moins relativisée – ce qui est peut-être pire encore.

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