Kierkegaard et François, même combat ?

« Partout où il semble, où l’on admet qu’il y ait une chrétienté établie, on est en présence d’une tentative pour constituer une Église triomphante, même si l’on n’emploie pas ce mot, car l’Église militante est en devenir, tandis qu’une chrétienté établie ne devient pas, elle est. » (L’École du christianisme)

« Pour que le christianisme ordinaire, officiel de ce pays puisse prétendre à quelque rapport simplement vrai au christianisme du Nouveau Testament il lui faut, d’abord, reconnaître sans restriction, avec toute l’honnêteté et la solennité possibles, la distance qui le sépare du Nouveau Testament, sans qu’on puisse vraiment le qualifier de tentative pour s’en rapprocher. » (« Une thèse, une seule »)

« Et pour dire un mot à mon sujet : je ne suis pas, comme notre époque l’exige peut-être, un réformateur, je ne le suis en aucune manière et pas davantage un esprit profond adonné à la spéculation, un voyant, un prophète, non, je suis – avec votre permission – je suis un policier de talent comme il y en a peu. » (« Une thèse, une seule »)

« Gardez-vous de ceux qui aiment se promener en robes longues ! » (L’Instant, n° 5).

« Dans la somptueuse cathédrale voici paraître le Très Révérend et Très Vénérable prédicateur secret et général de la Cour, le favori, l’élu du grand monde ; il paraît devant un cercle choisi d’une élite choisie et il prêche avec émotion sur ce texte qu’il a lui-même choisi : « Dieu a choisi ce qui est humble et méprisé dans le monde » – et personne ne rit ! » (L’Instant n° 6, « Pointes acérées », 2, p. 199).

« « – L’apôtre Paul avait-il quelque fonction ? » Non, Paul n’en avait pas. « « Alors, gagnait-il beaucoup d’argent d’autre façon ? » Non, il ne gagnait pas d’argent, en aucune façon. « Était-il du moins marié ? » Non, il n’était pas marié. « Mais alors, Paul n’était pas un homme sérieux ? » Non, Paul n’était pas un homme sérieux. » (L’Instant n° 6, « Pointes acérées », 4)

« Parlant un jour avec l’évêque Mynster, je lui disais que les prêtres feraient presque aussi bien de s’abstenir de prêcher ; leurs sermons restaient sans effet, car les fidèles se disaient à part eux : oui, c’est leur métier. Je fus surpris de sa réponse : il y a là du vrai. » (« La vérité sur l’importance du « prêtre » pour la société », L’Instant n° 7).

« Bien qu’étant au-dehors, j’ai du moins compris que le seul crime irrémissible de lèse-majesté contre le christianisme, c’est celui où l’individu admet sans plus comme donné son rapport avec lui. » (Œuvres complètes, X, 15)

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