Douze propositions sur l’Église et les unions homosexuelles

Kim Fabricius est un théologien réformé, ministre du culte à Swansea (Pays de Galles). Doué d’un talent certain pour la vulgarisation, il est l’auteur de plusieurs séries de « propositions », dont l’une porte sur les unions homosexuelles dans l’Église. Il me semble que ce texte est une remarquable synthèse ce qu’on peut dire aujourd’hui de l’homosexualité d’un point de vue chrétien, et qu’il est du plus grand intérêt pour les chrétiens francophones en raison des débats en cours, dans différents pays comme au sein de l’Église. Je l’ai donc traduit – avec l’accord de l’auteur, que je remercie. Merci à C. pour sa relecture attentive. Bonne lecture !

Douze propositions sur les relations homosexuelles et l’Église

1. Disons tout d’abord que la question des relations homosexuelles et de l’Église est une question de vérité avant d’être une question de morale ou de discipline. L’interprétation que l’Église fait de l’écriture est-elle vraie ? L’enseignement traditionnel de l’Église est-il vrai ? Si ni l’un ni l’autre ne sont vrais, ils doivent s’effacer, sinon la foi de l’Église deviendrait une mauvaise foi. Comme le disait Milton1, « la coutume sans la vérité n’est qu’une vieille erreur ». J’ajoute autre chose par anticipation : d’après Jésus, la vérité nous rendra libre (Jean 8, 32) ; Flannery O’Connor ajoute que « la vérité nous rendra étranges ». Mais avant d’en dire plus, nous devons savoir de quoi nous parlons. Dans la plupart des discussions sur la sexualité humaine, nous parlons à l’autre plutôt qu’avec lui ; en fait, toute discussion sur la sexualité est un quiproquo.

2. Je pars du principe que l’homosexualité – en tout cas, l’homosexualité dont je parle – est quelque chose de donné, et non un choix de vie ; une disposition qui a été reconnue, et non adoptée ; une condition aussi « normale » que le fait d’être gaucher, ou l’hétérosexualité (qu’on soit hétérosexuel par nature ou par éducation, c’est une question ouverte au débat, mais sans pertinence du point de vue moral). Je pars également d’une compréhension de la sexualité humaine qui ne met pas la génitalité au centre, mais où l’amitié, l’intimité et la joie sont aussi importants que la libido, et dans laquelle les actes sexuels eux-mêmes sont symboliques autant que physiques. Je n’ai pas besoin de préciser que l’argument « beurk » utilisée dans certaines polémiques n’a pas sa place dans une discussion rationnelle, et que le discours sur la « maladie » et le « traitement » est répugnant et traduit une ignorance. Fondamentalement, l’homosexualité, c’est ce que l’on est, et non ce que l’on fait, encore moins ce que l’on fait au lit. Il s’agit de décrire, mais aussi de prescrire : je parle ici de relations responsables, aimantes, fidèles ; je ne parle pas de promiscuité ou d’exploitation sexuelle, ni de relations éphémères.

3. Qu’en est-il de la Bible ? Telle est la question primordiale pour un protestant. Les réponses qui commencent par « la Bible dit que » sont désespérément inadéquates et irresponsables. Il nous faut cependant examiner des textes spécifiques, et reconnaître qu’ils condamnent universellement les pratiques homosexuelles. Les arguments tirés du silence d’un texte, du type « regardez la relation entre David et Jonathan », ou « notez que Jésus n’a pas condamné la relation entre le centurion et son serviteur » sont un signe de désespoir exégétique. Il faut reconnaître le « non » pur et simple de la Bible. Mais « non » à quoi ? Il y a en effet un axiome fondamental en herméneutique : « Pour que des textes bibliques portant sur une question d’ordre social ou moral puissent être compris comme Parole de Dieu pour nous aujourd’hui, deux conditions au moins doivent être respectées. D’une part, il faut qu’il y ait une ressemblance entre la situation, l’institution, la pratique ou l’attitude actuelle et celle d’autrefois, et que cette ressemblance soit suffisante pour que nous puissions dire que dans un certain sens, le texte parle bien du sujet qui nous intéresse aujourd’hui. D’autre part, nous devons être en mesure de montrer qu’il y a, à l’œuvre dans ces textes, un principe sous-jacent qui soit en accord avec la foi biblique prise dans son ensemble, et non contredit par des expériences ou interprétations ultérieures » (Walter Houston2).

4. La première condition n’est pas respectée. La Bible ne dit rien de l’orientation homosexuelle, ou des relations homosexuelles telles que définies dans la proposition 2. Dans l’Ancien Testament, on trouve deux récits – Loth et sa fille (Genèse 19), le Lévite et sa concubine (Juges 19) – dans lesquels il est question de viol en réunion, tandis que lorsque le code de sainteté du Lévitique interdit l’homosexualité (18, 22 et 20,13), il est question de pureté rituelle dans un cas, de domination masculine (l’homme ne traitera pas un autre homme comme on traite une femme) dans l’autre. Le souci de pureté n’est pas entièrement anachronique, mais comme Walter Brueggemann3 le fait remarquer, en dernier recours, la justice l’emporte sur la pureté.

5. Les tentatives visant à fonder une anthropologie de l’hétérosexualité sur les deux premiers chapitres de la Genèse sont déjà plus pertinentes. Cependant, malgré mon vif intérêt pour une compréhension de l’imago Dei en termes relationnels et sociaux, cette lecture de Genèse 1, 16-28 pose de réels problèmes exégétiques, en particulier si on lit ce texte dans une perspective christologique. De même que dans Genèse 2, il y a une raison étiologique assez évidente au fait qu’un homme et une femme soient à l’origine de la race humaine, laquelle n’a rien à voir avec une hétérosexualité « obligatoire ». Il y a beaucoup à dire au sujet d’Adam et Ève, mais pas grand-chose à tirer du fait qu’ils ne soient pas Adam et Steve ; et de nombreux autres passages de la Bible nous dissuadent de considérer la sexualité reproductive comme une norme. Enfin, quand ce sujet est traité, les références à l’Ancien Testament font généralement l’impasse sur les livres sapientiaux, qui mettent l’accent sur l’observation du monde comme moyen de connaître Dieu et sa création, suggérant que l’empirisme lui-même est biblique, et que les découvertes scientifiques ont toute leur place dans la discussion.

6. Dans le Nouveau Testament, les Évangiles ne disent pas un mot de l’homosexualité. Restent trois références dans les textes pauliniens (Jude 7 n’est pas pertinent, cf. Genèse 19). La condamnation portée en 1 Corinthiens 6, 9-10 et 1 Timothée 1, 8-11 dépend de la traduction de deux mots obscurs (malakoi et arsenokoitai), mais admettons qu’ils fassent références à des relations homosexuelles. Le sujet est indiscutablement traité dans Romains 1, 18 et suivants, sans doute le passage le plus en rapport avec les relations homosexuelles chez saint Paul. Quoique…

7. Il faut au moins faire remarquer que Paul utilise la rhétorique du déshonneur et de la honte, plutôt que celle du péché, pour décrire des relations entre hommes. Ces dernières ne sont, quoi qu’il en soit, qu’un cas spécifique de la distorsion universelle du désir qui est entrée dans monde à la suite du premier péché d’idolâtrie. Romains 1, 26 est un verset intéressant : on y voit généralement une allusion au lesbianisme (ce serait le seul passage de la Bible à y faire référence), mais les Pères de l’Église jusqu’à Jean Chrysostome, Augustin inclus, estimaient que Paul évoquait la sodomie entre homme et femme. Voilà qui nous invite à être prudents quand on parle du sens « évident » d’un texte ! Il y a également la question de la fonction rhétorique de Romains 1, 18 et suivants (ou plutôt de Romains 1, 18 – 2, 5). Comme James Alison4 le fait remarquer, l’argumentation de Paul condamne les pratiques sexuelles des païens – pourquoi ? – pour « préparer [son public judéo-chrétien] à une chute, avant de donner le coup de grâce » (Romains 2, 1) de sorte que « cette référence ne peut être utilisée pour légitimer quelque jugement que ce soit sur les comportements homosexuels sans faire gravement violence au texte5 ».

8. Il est plus pertinent de s’interroger sur la nature des relations homosexuelles qui sont condamnées. S’agit-il des relations définies dans la proposition 2 ? Et par conséquent, la première condition de l’axiome herméneutique donné dans la proposition 3 est-elle satisfaite ? Aux deux questions, la réponse est non. Les relations homosexuelles « hellénistiques » que Paul condamne, s’il ne s’agit pas de formes de prostitution sacrée, sont nécessairement asymétriques en termes d’âge, de statut et de pouvoir (la forme approuvée par la société d’alors étant la pédérastie) ; elles ouvrent sur l’exploitation et sont intrinsèquement transitoires. Comme le dit Rowan Williams en commentant la première épître aux Romains : « ne faudrait-il pas se demander s’il est possible de présenter la rébellion consciente et la voracité sans discernement comme des explications plausibles de l’essence du « comportement homosexuel », a fortiori celle de l’essence du désir homosexuel – comme le font certains autour de nous en ce moment6 ? » – et à plus forte raison, au sein de l’Église.

9. Résumant la contribution des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament au débat contemporain sur l’homosexualité, le regretté Gareth Moore7 disait : « Dans la mesure où nous pouvons les comprendre, ils ne parlent pas du tout de la même chose, ils ne condamnent pas du tout la même chose, et ils ne condamnent pas ce dont ils parlent pour les mêmes raisons. Plus important, tous ne condamnent pas les comportements homosexuels, et aucun ne condamne clairement les relations homosexuelles ou les comportements dont il est question dans le débat qui a cours en ce moment au sein du christianisme ».

10. Au contraire des protestants, les catholiques appréhendent la question des relations homosexuelles indirectement à travers la Bible, mais aussi directement à travers la tradition interprétée par le magistère. Ils font notamment appel à la « loi naturelle » des normes d’existence et des règles d’action connaissables indépendamment de la révélation, à travers l’expérience ordinaire et la raison pratique. Le pluralisme culturel et la perspective post-critique à propos de la construction sociale de la réalité ont radicalement remis en cause le concept de loi naturelle. Cependant, dans ses propres termes, la condamnation des relations homosexuelles sur la base de la loi naturelle est en elle-même contingente. Thomas d’Aquin lui-même admettait que la loi naturelle pouvait ne pas être immuable, et que certains jugements spécifiques pouvaient évoluer. Les livres sapientiaux nous montrent qu’une approche empirique est indispensable. On se souvient du conseil que donnait Wittgenstein : « Ne pensez pas, regardez ! » Et quand on regarde les gays et les lesbiennes, que voit-on ? Voit-on des hétérosexuels défectueux, soumis à une inclination « objectivement désordonnée » menant à un comportement « intrinsèquement mauvais » ? Qui en fait l’expérience ? Quelles sont ses preuves ?

11. De mon point de vue, en suivant la trajectoire biblique (cf. le « principe sous-jacent », seconde condition de l’axiome herméneutique énoncé dans la proposition 3) d’une intégration toujours plus grande de personnes autrefois marginalisées (les païens, les femmes, les Noirs), ce n’est qu’une question de temps avant que la liste soit étendue aux personnes homosexuelles. Théologiquement parlant, il ne s’agit pas de « droits », ou même de justice et d’émancipation (le discours du social-libéralisme), il s’agit de grâce divine et d’ontologie humaine et ecclésiale. Les problèmes que nous devons démêler incluent l’herméneutique biblique (en particulier s’agissant de l’usage prescriptif de l’Écriture dans l’éthique chrétienne et de la regula caritatis d’Augustin), les preuves empiriques et l’expérience personnelle. J’ai vu de mes propres yeux les certitudes, les caricatures, les phobies de certains chrétiens fondre à la chaleur de rencontres avec des personnes gaies et lesbiennes, et – ce qui est essentiel – à la vue de leur sainteté de leurs charismes. Le paradigme biblique est l’histoire de la conversion de Corneille (Actes, 10) – qui est bien entendu, en fait, l’histoire de la conversion de Pierre lui-même, un moment de stupéfaction devant la « superbe surprise de la vérité » (Emily Dickinson), un événement qui a renvoyé l’Église primitive à la Torah et à la tradition, avec l’assurance que l’Esprit-Saint la guiderait vers de nouvelles stratégies heuristiques de lecture et d’interprétation.

12. Pour l’ensemble des chrétiens d’aujourd’hui et de demain, la question doit sans doute être celle-ci : comment, en tant que créatures incarnées et sexuées, vivons-nous dans la vérité et témoignons-nous du Christ ? « Vivre dans la vérité » : agir, non pas conformément à la loi, qu’elle soit biblique ou ecclésiastique, non pas en fonction de nos sentiments personnels, mais en suivant la vérité qui doit en fin de compte mener au Christ, en refusant d’être complices de conspirations visant à dissimuler ou à tromper, en particulier en contexte clérical. Et « témoigner du Christ » : en tant que pécheurs pardonnés ne pouvant prétendre à l’infaillibilité, sans juger ni mépriser, sans chercher à marquer des points contre des opposants ou à les rejeter dans un coin, a fortiori sans les tyranniser, sans les exclure de l’église, sans les diaboliser. Au milieu des décombres de la dissonance cognitive engendrée par le glissement de plaques tectoniques, les pierres avec lesquelles nous construirons l’avenir seront l’écoute attentive des discours des uns et des autres8, la patience et la persévérance, car (pour citer la fin du poème d’Emily Dickinson) : « La Vérité doit éblouir peu à peu / Faute de quoi elle aveuglerait tous les hommes ». Nous découvrirons certainement de quoi est faite l’Église, si nous, chrétiens, mettons vraiment notre confiance dans l’Esprit-Saint, si nous sommes artisans de paix, et si nous vivons dans l’espérance.

1 [Toutes les notes sont du traducteur.] Et Cyprien de Carthage avant lui (Lettre 74).

2 Professeur de théologie au Mansfield College d’Oxford.

3 Théologien américain, 1933 – .

4 Théologien américain, 1959 – .

5 James Alison, Undergoing God, Continuum, 2006, p. 138.

6 Rowan Williams, « Knowing myself in Christ », dans Timothy Bradshaw (dir.), The Way Forward ? Christian Voices on Homosexuality and the Church, Eerdmans, 2003. Comme l’auteur du présent article, Rowan Williams se demande si l’homosexualité contemporaine et celle évoquée par saint Paul sont bien des phénomènes semblables.

7 Théologien britannique, auteur, entre autres, de A Question of Truth : Christianity and Homosexuality.

8 L’auteur du présent texte cite une formule de Nelle Morton qui a fait florès parmi les féministes chrétiennes américaines, « hearing one another to speech ».

17 réflexions sur “Douze propositions sur l’Église et les unions homosexuelles

  1. Merci pour cette traduction, pour ce texte intéressant et apaisé.
    Il me semble quand même qu’à vouloir montrer que la Bible ne condamne pas l’homosexualité (et je suis bien d’accord qu’elle condamne plus la débauche, l’infidélité…), on oublie aussi de montrer que l’Ecriture ne donne pas pour autant l’homosexualité en modèle.

    Le modèle reste, pour moi, « L’homme […] s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2, mais aussi Mt 19). Et je trouve réducteur, comme l’auteur le fait au 5. , de ne voir là que sexualité reproductive. C’est un modèle de sainteté que la Bible nous propose ici. Je peine à trouver dans les nombreuses références que donne l’auteur l’équivalent à cette phrase pour l’homosexualité.

    Et sinon, le dernier paragraphe est magnifique, que l’on soit d’accord avec la thèse de l’auteur ou pas.Pourvu que chacun, quel que soit son avis sur l’homosexualité, sache s’y retrouver.

    • Et de la place pour le réel (pas le Réel avec sa grosse majuscule, mais le simple vécu des personnes homosexuelles qui pour la plupart disent que ce que propose l’Eglise n’est pas un chemin de vie, de joie et de croissance, mais un chemin de mort, de rabaissement et d’humiliation), la parole des gens concernés, il y en a chez vous, Incarnare ?

  2. Ce texte est très intéressant, et je ne peux qu’acquiescer à toute l’argumentation, en particulier celle ici que je trouve la plus intéressante, sur l’exégèse biblique. Mais en réalité, elle est très incomplète, ne traitant que de la condamnation (ou non-condamnation) et passe donc beaucoup trop vite à l’étape « discernement empirique ». La Bible ne condamne pas la relation homosexuelle telle qu’elle est formulée au §2, très bien. Mais la Bible ne dit pas non plus que tous les chemins de vie qu’elle ne condamne pas explicitement sont des chemins de sanctification en puissance. En exégèse, on s’interdit de combler les silences du texte… en revanche il n’est pas interdit de les interpréter. Et si on regarde bien, nombreuses sont les « relations » dans la Bible qui sont sublimées, parce qu’elles symbolisent quelque chose qui doit s’accomplir dans l’ordre de la relation à Dieu. Dans ces relations, que l’on se cantonne à celles qui mettent en jeu la sexualité, ou celles qui mettent en jeu l’affectivité, voire l’amour, ou les deux, on peut faire une liste longue comme le bras. J’en oublierai certainement, mais la Bible fait du sens avec la relation filiale, la relation familiale, la procréation, les fiançailles, la relation des époux, la prostitution, l’adultère, l’inceste, la relation maître/disciple, la relation roi/sujet, la relation maître/esclave, etc… Le gros problème, avec la relation dont on parle au §2, c’est que – et les paragraphes suivants le montrent très bien – la Bible n’en parle pas ! Et ça devrait au moins poser un peu question à l’auteur.

    Poser question non pas pour répondre que si la Bible n’en parle pas c’est que ce n’est pas censé exister… mais s’interroger par exemple de savoir si ce type de « désir » pour une personne du même sexe – puisque c’est quand même ce qui spécifie ce type de relation par rapport à une relation amoureuse telle que la Bible en connait, ou par rapport à une simple amitié platonique – pouvait exister à l’époque biblique… partout on me dit que oui, que cela a toujours existé… alors pourquoi la Bible n’utilise pas ce « matériau anthropologique » pour signifier quelque chose dans l’histoire du salut ? Et si cela n’existait pas, ou était trop différent à cette époque, alors je pense que le problème de fond, que là encore l’article évacue, c’est de déterminer une « typologie » biblique de la relation décrite au §2 – c’est ce qu’on appelle une actualisation de la révélation, et c’est précisément le rôle de la Tradition. Que l’Eglise n’ait pas encore passé le cap de cette actualisation, de cette « typologisation » de la relation amoureuse entre deux personnes de même sexe est plus que probable… C’est d’ailleurs ce qui justifie en soi la qualification par le C.E.C. de « désordonné » pour les actes d’homosexualité (et non le désir)… étant donné que ce n’est pour le moment ordonné à rien du tout qui n’émane de la Tradition. Le problème c’est que ce texte ne propose lui-même aucune réflexion dans cette voie, se contentant de parier à la fin que cela arrivera et que ça ira dans le sens qu’il souhaite, ce sens qui a été celui des païens, des femmes, des noirs, etc… c’est possible, hein. Mais le réduire, comme ces cas qu’il cite rapidement entre parenthèse, à une question d’intégration de minorité est du coup passablement en-dessous du niveau de ce qui précède.

    • @Pneumatis

      Merci pour ton commentaire.

      Cela a toujours existé, mais cela n’a pas été perçu jusqu’ici comme un phénomène « christianisable ». Voir la tendance homosexuelle, la relation homosexuelle sous l’angle du désordre, la lire à la lumière de Sodome et Gomorrhe ou de la condamnation biblique de la pédérastie, il faut bien voir que c’est un choix théologique, c’est une interprétation particulière qui est faite de la relation homosexuelle. Des faits nouveaux nous montrent aujourd’hui que ce regard, que ce choix, que cette interprétation sont inadéquats : il existe de nombreux couples homosexuels stables et fidèles. À partir de là, c’est bien sûr à l’Église d’observer et d’en tirer les conclusions qui s’imposent, notamment en faisant cette lecture « sapientiale » des « signes des temps » que propose l’auteur. Oui, ça ne se réduit pas à une « intégration de minorité », mais c’est il me semble ce que dit aussi l’auteur quand il écrit « il ne s’agit pas de « droits », ou même de justice et d’émancipation (le discours du social-libéralisme), il s’agit de grâce divine et d’ontologie humaine et ecclésiale ». Le texte vise avant tout à dire deux choses :
      1) condamner des relations homosexuelles responsables, aimantes, fidèles au nom de la Bible, ça ne tient pas la route ;
      2) ce que nous voyons apparaître sous nos yeux est un phénomène nouveau, il faut l’observer, l’étudier, comme nous y invite la Bible ; cela passe par un vrai dialogue, de vraies rencontres, une vraie écoute de ce que les personnes homosexuelles disent d’elles-mêmes.

      Pour le reste, au boulot.

  3. Beaucoup de contorsions et d’imprécisions dans ce texte🙂

    1. L’opposition vérité / morale : l’auteur voit la loi comme opposée à une vraie liberté (cf. aussi §12).
    Je me demande ce qu’il pense du psalmiste qui dit « j’aime ta loi ». Cette opposition est fausse à mon sens, et clairement contraire à l’esprit du texte biblique qu’il prétend pourtant analyser au-delà de la lettre, en contexte.

    2. Confusion sur le terme « donné » : signifie t-il pour l’auteur « inné » ? « subi » (= acquis, sans acte libre de celui qui la reçoit) ?
    – Pas plus que l’auteur, je ne crois à aucun moment que la tendance homosexuelle soit choisie. En revanche, affirmer qu’elle est innée me semble aller beaucoup plus loin que ce que la science démontre.
    – Suggérer que l’idée d’une homosexualité acquise provienne nécessairement d’un mécanisme de dégoût (« beurk ») est indigne de quelqu’un qui prétend au débat.

    3. Bien que, contrairement à l’auteur protestant, mon catholicisme m’amène à ne pas me limiter au texte biblique littéral, je suis assez d’accord, si l’on veut juger sur le seul texte biblique, avec les deux critères de jugement (i.e. 1. que ce soit bien la pratique qui soit réprouvée et 2. sans contradiction tardive).
    – Avec une réserve cependant sur l’idée de contradiction tardive. Elle me semble relever plus d’une exégèse musulmane (et la science des versets qui s’annulent les uns les autres) que d’une exégèse chrétienne.

    4. WTF.
    Si la Bible ne condamne pas l’orientation (mais les actes), c’est peut-être justement parce qu’elle considère que l’orientation est subie (ce qui ne veut pas dire « innée », cf. §1). Bref : elle ne pense pas dans les catégories du théologie protestant, donc il a raison ??

    5. WTF encore.
    S’il y a bien un passage de la Bible qui ne limite pas la sexualité à la sexualité reproductive, c’est bien Gn 1 et 2. En effet, la génération n’arrive qu’après la chute (cependant le texte ne dit pas qu’elle n’eût pas existé sans). Voire l’Imago Dei une limitation de la sexualité à la reproduction, c’est ignorer 20 siècles de théologie.

    6.  » mais admettons qu’ils fassent références à des relations homosexuelles »
    => qu’en tire l’auteur ? Il coupe court, ça le gêne…

    7. WTF toujours.
    Donc la sodomie n’est condamnée que pour les couples hétéros ?

    8. Ce coup-ci, c’est plutôt un LOL.
    A aucun moment, St Paul ne précise que c’est les pratiques hellénistiques et l’asymétrie du rapport de pédérastie qu’il condamne . Outre le fait qu’il s’adresse aux Romains, il décrit l’homosexualité précisément comme l’opposé des rapports homme-femme (Rm 1, 27). L’auteur joue à saute-mouton avec le texte pour ne pas y lire ce qu’il ne veut pas y trouver.
    – Je précise que le critère de discernement du seul texte biblique est choisi par l’auteur lui-même, en mode sola scriptura.. et que ce critère est un peu pauvre..

    9. Ne partageant pas les prémisses du syllogisme, il est difficile d’en partager la conclusion.

    10. Seul paragraphe vraiment intéressant du texte. Mériterait un développement pour qu’on en discute.

    11. ENFIN. Voilà l’argument principale (unique ?) de l’auteur. Il s’agit d’être INCLUSIF. Et ce caractère inclusif est DYNAMIQUE (il faut être « toujours plus inclusif »).
    Deux objections :
    – Où s’arrête t-on ? i.e. y a t-il même une vérité si, in fine, il faut proclamer que tout est bon pour toujours plus accueillir ?
    – L’inclusion totale est déjà advenue (quand on est passé d’Abraham au peuple juif puis du peuple juif à l’humanité entière). Et cette inclusion n’exclut pas un discernement, un discours de vérité. Ce n’est pas une inclusion-bisounours. Et elle n’empêche pas d’accueillir pour autant.

    12. Complètement d’accord.
    Une réserve : quand l’auteur dit « en tant que pécheurs pardonnés ne pouvant prétendre à l’infaillibilité, sans juger ni mépriser », il sous-entend que le refus de faire de l’homosexualité un modèle revient à juger, condamner. Bref, il accuse à demi-mot quiconque ne partage pas sa position de vouloir pénaliser l’homosexualité.
    Et ça, encore une fois, c’est indigne d’un type qui prétend débattre.

    • @Incarnare

      Merci pour ton commentaire.

      1. Tu fais dire à l’auteur des choses qu’il ne dit pas. Il dit qu’une loi détachée du Christ ne vaut plus rien, qu’une morale détachée de la Vérité ne vaut plus rien. Il ne rejette certainement pas toute morale, toute loi, mais si elles ne s’enracinent pas dans le Christ, elles sont stériles. (Et ça, c’est tout ce qu’il y a de plus évangélique).

      2. L’auteur n’entre précisément pas dans le débat inné/acquis en proposant de parler d’orientation « reconnue ». Sur le « beurk », c’est peut-être ma traduction qui n’est pas claire, désolé : il veut simplement parler de ceux qui se pincent le nez pour parler de l’homosexualité.

      4. 5. 6. 7. 9. Il ne suffit pas d’accumuler les « WTF » pour se défendre quand on est mis en difficulté. Non, la Bible ne parle, en aucun endroit, de relations homosexuelles « responsables, aimantes, fidèles ». Deal with it. C’est d’ailleurs aussi un problème pour ceux qui essaient de donner un sens chrétien aux relations homosexuelles, comme Pneumatis le fait remarquer dans son commentaire. Tu lis trop vite, sur l’interprétation de la Genèse, l’auteur ne dit pas que ce passage limite la sexualité à la « sexualité reproductive »… il dit même explicitement le contraire. Il dit simplement qu’il ne lui apparaît pas pertinent de lire ce passage comme réprouvant l’homosexualité, de voir la « sexualité reproductive » comme une norme. Tu lis encore trop vite, sur Paul, il ne dit pas qu’il faut interpréter ce passage comme réprouvant la sodomie homme/femme, il dit simplement que des Pères l’ont lu dans ce sens.

      8. Il est évident que les relations homosexuelles que Paul a en tête quand il écrit ses épîtres sont des relations asymétriques ; et pour cause, à de rares exceptions près, l’Antiquité n’en conçoit pas d’autres. (J’ajoute, mais là, ce n’est que mon avis : et si la méfiance de Paul vis-à-vis de la sexualité en général ne venait pas, en grande partie, de ce que TOUTES les relations sexuelles vécues à cette époque étaient, à des degrés divers, asymétriques ? Dans les pays occidentaux, la généralisation, au moins théorique à défaut d’être vécue, de la sexualité comme « deux partenaires se donnant librement l’un à l’autre » est assez récente, même si le concept ne date pas d’hier. Le christianisme est d’ailleurs pour beaucoup dans cette généralisation.)

      10. Tout à fait d’accord avec toi pour dire que c’est le plus intéressant. Je suis convaincu que c’est avant tout l’observation attentive et bienveillante de ce que vivent certains couples homosexuels qui pourra faire évoluer un jour la doctrine catholique sur ce sujet, la contribution des débats d’idées comme celui-ci n’étant certes pas négligeable, mais beaucoup moins importante.

      11. Il faut regarder la réalité en face, me semble-t-il. L’accueil de l’Évangile n’a jamais empêché les chrétiens d’exclure différentes catégories de personnes, et bien souvent en trouvant à ces pratiques d’exclusion des justifications scripturaires et traditionnelles plus ou moins hasardeuses (Noirs, femmes, etc.). Ce que propose l’auteur n’est pas une inclusion-bisounours, c’est au contraire une inclusion très exigeante. Quand j’ai pondu il y a quelques mois un billet sur le mariage pour tous qui a été repris sur des sites « non-catholiques » (Rue 89, Yagg), la plupart des réactions ont été très positives, mais il y a eu aussi des (en substance) « foutez-nous la paix, on ne veut pas de votre came ». La fidélité, le don de soi, s’efforcer de regarder la personne qu’on aime comme Dieu la regarde, je m’excuse, mais ça n’a rien de « bisounours », ça n’a rien d’évident, et il y a des personnes – hétérosexuelles comme homosexuelles – qui, a priori, n’en veulent pas. Aux chrétiens, aux hommes et femmes de bonne volonté de donner l’exemple pour que ces choix de vie soient un peu plus attirants que d’autres.

      12. Là encore tu lui fais dire des choses qu’il ne dit pas, il se place du point de vue spirituel, ecclésial, certainement pas de celui de la loi civile.

      Sur les échanges qui ont suivi : bien sûr qu’il y a des personnes homosexuelles auxquelles la seule voie que propose actuellement l’Église peut convenir. Il y a d’ailleurs aussi des personnes hétérosexuelles auxquelles une voie semblable convient. La seule question que l’auteur se pose – et que je me pose également – c’est de savoir si une autre voie, tout aussi difficile et exigeante, qui n’a rien de « bisounours », ne pourrait pas être ouverte aux personnes homosexuelles.

  4. Martin, le réel :
    – ce sont ces jeunes qui, à cause du discours « tout se vaut » ont ‘essayé’ l’homosexualité à 14 ans et ne savent plus où ils habitent parce que ça a complètement perturbé leur construction en tant que personne
    – ce sont ces personnes qui m’ont écrit après la publication du témoignage d’Audrey sur mon site, pour me remercier d’avoir donné de la place à une parole qui les rejoint bien plus profondément que l’excitation des gay prides..

    • Je ne crois pas que les jeunes aient attendu le discours « tout se vaut » pour essayer l’homosexualité à 14 ans car bien des générations de ceux qui ne font plus, aujourd’hui, partie des jeunes vous diront que les relations homosexuelles étaient bien plus fréquentes à une époque où, dans les milieux catho en particulier, on ne « touchait pas les filles » et que les « amitiés particulières », favorisées par la non mixité dans les institutions, étaient un bon exutoire à la pulsion sexuelle (qui, en l’absence de moyens de contraception facilement accessibles, ne pouvait s’exprimer autrement sans risque). Et ceux-la ne sont pas tous devenus homosexuels pour autant…

    • C’est bien ce que je dis, vous n’acceptez du réel que ce qui vient conforter votre belle construction idéologique. Vous évacuez ceux qui n’ont pas essayé à 14 ans l’homosexualité parce qu’ils ont découvert avec terreur ce désir en eux que leur Eglise qualifie de dépravation grave qui ne saurait recevoir d’approbation sous aucun prétexte et dont le psychisme a été profondément marqué par la tension entre leur foi et leur orientation sexuelle dans un sens négatif, vous évacuez aussi tous ceux qui critiquent le témoignage d’Audrey ou les élucubrations de Philippe Arino pour leur prétention à tirer de leur seule expérience une vérité pour TOUTES les personnes homosexuelles, vous évacuez ceux qui disent et redisent et reredisent qu’ils ne voient ni accueil, ni compassion, et encore moins de délicatesse dans la manière dont l’Eglise traite le sujet. Ca fait une bonne part du réel que vous n’intégrez pas dans votre conception des choses.

      Entre l’excitation des gayprides (encore faudrait-il nuancer la choses) et la parole d’Audrey, il y a tout un monde. Vous ne lui laissez aucune place.

  5. Deux remarques :

    – [§2] Fabricius fait de l’homosexualité « quelque chose de donné » et l’oppose à un « choix de vie » : mais l’un n’exclut pas l’autre. Un homme ayant une inclination hétérosexuelle peut décider de ne pas satisfaire cette dernière en acte pour tel ou tel motif, ce qui relève précisément d’un « choix de vie » : pourquoi cela serait-il différent dans le cas de l’homosexualité ? Par ailleurs, je vois un danger, d’un point de vue chrétien comme d’un point de vue laïque, dans le fait d’essentialiser l’homosexualité (« l’homosexualité, c’est ce que l’on est »), ce qui revient 1) à réduire les personnes à leur inclination sexuelle, au mépris de leur multiplicité et 2) à transformer l’inné en destin ; or même en admettant que l’inclination sexuelle soit innée (ce qui reste à établir, même Jacques Balthazart ne va pas aussi loin), cela ne signifie pas, en amont, qu’elle est bonne moralement (Fabricius flirte ici avec le sophisme naturaliste) et en aval, qu’elle ne peut pas être maîtrisée. Sur ce dernier point, Fabricius se contredit juste après, en parlant de « relations responsables, aimantes, fidèles », qui dépendent bien d’un faire, et non pas d’un être, à preuve du contraire. A moins que Fabricius ne considère qu’il y ait des êtres voués à la perdition ?

    – [§11] Je ne suis ni chrétien, ni même croyant, mais pour autant je trouve que la foi est respectable justement parce qu’elle prétend, avec tous les périls que cela comporte, fixer le vrai et le faux, le bon et le mauvais, l’ordonné et le désordonné… A force d’inclure à tout va, le christianisme ne risque-t-il pas de se dissoudre purement et simplement dans la postmodernité ? En outre, Fabricius parle des « personnes homosexuelles » et nous vante « leur sainteté » : mais en ce cas, où est le problème ? Pourquoi y a-t-il matière à discussion si l’on admet que l’homosexualité vécue ne fait pas obstacle à Dieu ?

    • Je ne voudrais pas compliquer les choses, mais, comme souvent, on souhaiterait qu’elles soient ou noires ou blanches. Or, en matière de sexualité, aujourd’hui encore, l’échelle de Kinsey est toujours pertinente. Nous nous situons tous sur cette échelle qui, de 1 à 7 nous positionne du pur hétéro, au pur homo. Si l’on peut effectivement considérer que les 1 et 2 et 6 et 7, sont hétéros ou homos « par nature », les 3, 4 et 5 peuvent l’être par choix de vie en raison de leur bi-sensibilité; il appartient alors à ceux-là de faire un choix (ou pas) pour un type de sexualité et éventuellement « décider de ne pas satisfaire cette dernière (hétéro ou homo) en actes pour tel ou tel motif ».
      De là à vouloir juger celle qui est « moralement bonne » à titre laïque ou religieux… Peut-être faut-il laisser un peu de place au libre arbitre des individus et les laisser se responsabiliser vis à vis de leur foi ou de leurs options philosophique ou sociétales?
      J-C.H

      • Ce que je voulais introduire, c’est la distinction, à mon avis fondamentale, entre désir et passage à l’acte. Dans ce cadre, il importe peu que l’on se situe à une extrémité ou l’autre de l’échelle de Kinsey ou au contraire au milieu, car personne ne peut faire l’économie d’une décision quant à la façon de vivre son désir : ainsi, même un « pur hétéro » ou un « pur homo » peut choisir de sublimer son désir sexuel au profit d’une vocation artistique ou religieuse, par exemple. Quant au caractère moral de l’inclination sexuelle, il ne s’agissait pas pour moi de poser ou d’appeler à un jugement, mais de dénoncer chez Fabricius ce qui m’a semblé relever du sophisme naturaliste, soit l’idée que si l’homosexualité était innée, alors elle serait automatiquement bonne d’un point de vue moral. Or ce qui est inné n’est pas nécessairement bon (exemple des maladies génétiques) et inversement ce qui est acquis n’est pas nécessairement mauvais (exemple de la maîtrise de ses actes) : en définitive, le caractère inné ou acquis d’un désir ou d’un comportement ne dit rien sur lui a priori d’un point de vue moral. Je rajouterais : si tant est que le débat inné vs. acquis ait encore un sens aujourd’hui, dans la mesure où la science positive nous révèle que l’un ne va pas sans l’autre, qu’ils se donnent d’emblée dans une logique d’interaction. Quant au ‘libre-arbitre’, c’est une fiction de théologiens et de juristes, pas une réalité empirique. La neurophysiologie de la décision chez les êtres humains ne laisse guère de place à une telle faculté métaphysique, mais dessine néanmoins une liberté « négative », soit la capacité à interrompre un acte déjà initié au niveau neuronal en réaction à une situation ; dit autrement, témoigne précisément de la possibilité chez l’humain de dire non.😉

      • Et on retrouve dans ces commentaires l’obsession, dont l’auteur initial invitait pourtant à se détacher, sur les actes sexuels.
        La réalité de l’homosexualité aujourd’hui est que le société autorise, de manière concrète depuis 2 ou 3 décennies, et de manière symbolique depuis cette année, un couple à se former et à évoluer de la même manière qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel. Ce qui n’avait jamais été le cas auparavant dans l’histoire humaine.
        Il ne s’agit donc pas d’un « désir » pour tel ou tel organe sexuel ou pratique sexuelle, mais, comme dans tous les couples, de l’attirance, physique, émotionnelle et intellectuelle d’un être envers un autre, dans son individualité pure et dans ses caractéristiques faisant de lui un homme ou une femme, selon ce qui attire l’individu.
        Le grande erreur de l’approche de nombreux chrétiens est donc de se concentrer sur ce « désir homosexuel » au lieu de se concentrer sur la pureté de ce sentiment amoureux, et de comprendre que l’acte physique sexuel n’en est que la traduction, comme pour n’importe quel hétérosexuel. Les sentiments sont les mêmes, les actes sont les mêmes (pour les obsessionnels de la sodomie : les lesbiennes ne la pratiquent pas, beaucoup de gays non plus, et beaucoup d’hétérosexuels oui) et quitte à vouloir réduire les êtres et leurs sentiments les plus profonds à des actes sexuels sur lesquels vous devez absolument avoir un avis, la seule question qui vaille est de savoir s’ils traduisent ou non la pureté d’un sentiment amoureux, et cette problématique est la même pour toute relation sexuelle, qu’elle soit homo ou hétérosexuelle.

      • @dj

        >> Pardon, mais si le terme « homosexualité » ne désigne pas d’abord un type particulier de désir sexuel, alors j’ai bien peur de ne plus savoir ce que parler veut dire. Ensuite, s’il ne fait pour moi aucun doute que des personnes ayant cette inclination peuvent vivre un sentiment amoureux et un rapport de conjugalité, je pense qu’il faut se garder de tout idéalisme : les homos ne sont pas plus des anges que les hétéros, en amour. Un certain milieu gay et lesbien se révèle même très dur et hyper-sexualisé, bien loin de la « pureté » que vous dépeignez. La question, pour les chrétiens, est donc de décider s’ils accueillent les homos dans leur multiplicité, ou uniquement celles et ceux qui cadrent avec l’image d’Epinal du couple, la différence sexuelle en moins.

      • @ agg « La question, pour les chrétiens, est donc de décider s’ils accueillent les homos dans leur multiplicité »
        les chrétiens ne sont pas censés accueillir tous les êtres humains dans leur multiplicité? ils font donc un tri selon la nature de la personne (homosexuelle ou non, et je serais curieux de savoir quels autres critères…) et les comportements (conjugaux, et je serais curieux de savoir quels autres critères…)?

      • @dj

        >> Par définition, une doctrine religieuse exclut un certain nombre de *comportements* qui ne correspondent pas à l’idéal qu’elle vise. Si vous voulez avoir une idée des critères retenus, vous pouvez lire le catéchisme de l’Eglise. Ainsi, il serait tout de même très étonnant que le Pape se mette soudainement à défendre l’avortement, l’athéisme ou la cupidité, voyez.

  6. Scolie 3 : la ressemblance conduit à l’analogie, d’elle on peut tout déduire. Quant au principe sous-jacent c’est du Stanislavski appliqué à l’herméneutique, en résumé la découverte d’un sous-texte vrai dans un texte du genre théâtral, le discours ou récit biblique étant traité comme un matériau de mise en scène ou d’actualisation de l’intention de l’auteur (ici Dieu et non plus Molière ou Shakespeare). Pourquoi ne pas dire plus simplement qu’en dépit de la condamnation littérale de « l’homosexualité » dans la Bible, vous trouvez parfaitement incompatible l’enseignement chrétien et le mépris des homosexuels qui enfreint le principe de charité (intangible me semble t-il pour un chrétien)

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