Éthique et création – Jean Ansaldi

Il y a des choses que j’essaie d’exprimer clairement depuis quelques années, sans grand succès. Alors quand un regretté théologien protestant, professeur d’éthique à la faculté protestante de Montpellier, le fait pour moi… Seigneur, sois béni ! Accueille-le dans ton royaume ! Je ne suis pas entièrement d’accord avec lui dans la mesure où il me semble qu’une place doit être faite pour l' »ordre créationnel », en veillant néanmoins à ne jamais lui accorder une autonomie (ce que les théories de la « loi naturelle » tendent à faire) et à toujours le penser conjointement avec ce que Jean Ansaldi appelle le « sotériologique ». Je crois que Dieu crée et sauve dans le même mouvement : disjoindre création et salut est une erreur grave, lourde de conséquences en termes éthiques. Mais n’ayant pas encore lu cet auteur dans le texte, je ne prétendrai pas entrer en dialogue avec sa pensée.

J’ai trouvé ces passages de Jean Ansaldi dans un intéressant article de Michel Johner, qui, même si je suis loin d’être d’accord avec l’auteur, a le mérite de poser clairement des problèmes qui me tracassent. Ces citations, en attendant mieux, pourraient utilement interpeller les défenseurs de l’écologie humaine.

Si par chance, en attendant que je puisse passer un peu de temps dans une bonne bibliothèque, l’un de mes lecteurs avait sous la main tel ou tel texte d’Ansaldi, ma boîte mail lui est ouverte : baroqueetfatigue [at] yahoo.fr.

« La série séquentielle (création-chute-rédemption) est dangereuse pour l’éthique, car posséder le « commencement », c’est être en situation de maîtrise pour décréter le bien et le mal; ces derniers sont alors inscrits dans la « nature », dans la Loi des origines, ou dans les textes qui en rendent compte, etc. (…). Il est symptomatique que c’est presque toujours à partir d’un savoir sur le commencement que l’Église a persécuté les hommes. À mon avis, une analyse fine de ce retour en force d’un primat du créationnel sur le sotériologique montrerait qu’il traduit moins l’angoisse des chrétiens devant les menaces de destruction écologique, que leur peur d’être idéologiquement marginalisés. »

(J. Ansaldi, « La création au futur antérieur », ETR, 64e année, 1989/2.)

« Contrairement au théologien [E. Fuchs] qui entend fonder l’éthique sexuelle sur un ordre créationnel, (…) je ne crois pas personnellement que l’éthique chrétienne ait à partir d’un ordre créationnel qui se donnerait Dieu sait où. Si création il y a maintenant, elle est devant nous, comme une constante remise en ordre du monde, comme une constante interprétation de la réalité à partir de la justification en Christ. »

(J. Ansaldi, « Entre l’interdit et la complicité: la place de l’homosexualité dans l’éthique chrétienne », ETR, 62e année, 1987/2, 220.)

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