L’Afrique centrale en musique

Ce blog bat des records de fréquentation alors que je n’y ai jamais aussi peu écrit. Vous êtes étranges, chers lecteurs, mais restez tout de même, je vous aime comme ça. En cadeau, voici une sorte de portrait musical de l’Afrique centrale en trente-cinq minutes et huit secondes (Audacity, que ton nom soit béni). C’est .

1 – Version instrumentale de l’hymne national de la République du Congo.

2 – Indépendance cha-cha (Joseph Kabasele & African Jazz). Tube en 1960, au moment de l’indépendance de la République démocratique du Congo.

3 – La frite équatoriale (François de Roubaix). Extrait de la BO du film Chut ! (1972)

4 – Sana (Kanda Bongo Man). Exemple typique de musique dite « soukous ».

5 – Parole d’homme (Jean-Pax Méfret). Sans commentaire.

6 – Mario (Franco). Exemple typique de la musique des années 1980 à Kinshasa. L’histoire d’un type qui se fait plus ou moins entretenir par sa maîtresse.

7 – Ikea (Koffi Olomide). La star de la musique congolaise depuis vingt ans. Cette chanson n’est pas la plus connue de son album Bord Ezanga Kombo (2008), mais elle est assez significative : name-dropping en hommage aux hommes de pouvoir (ministres, directeurs généraux etc.), introduction interminable, sentiments compliqués dans une langue qui mélange allègrement mots français et lingala.

8 – Congo (Genesis). Plus qu’une chanson, un état d’esprit.

9 – Version chantée de l’hymne national congolais (chœur de l’École nationale des beaux-arts).

Thomas Quatshoff, Winterreise

Je suis plutôt branché baroque (surprise surprise), mais de temps en temps, n’est-ce pas… voici donc une interprétation du lied « Gute Nacht », extrait du Winterreise de Schubert, par Thomas Quatshoff. Oui, c’est la thalidomide. Et oui, en cherchant une version de référence de laquelle tenter de s’inspirer (baryton-basse à mes heures perdues…) c’est la version la plus maîtrisée sur laquelle je suis tombé. Même Fischer-Dieskau peut aller se rhabiller.

Voyage à Moscou

Non, pas dans l’immédiat. Les finances publiques et autres questions sociales ne m’en laissent pas le loisir. En revanche, après Les Porte Mentaux, je vous emmène à nouveau au cœur des années 80, en musique. Car il serait bon que vous sachiez deux choses, qu’un vain peuple ignore trop souvent :

– La chanson Voyage, voyage de Desireless est extraordinaire, j’en conviens, mais sa réinterprétation par un groupe mexicain (Magneto) sous le titre Vuela, vuela l’est plus encore. (Le clip me servira désormais de caution gay et de pare-HALDE.)

– Certains connaissent peut-être le rock, non, pas le rock’n’roll des années 50, la danse rythmée des rallyes versaillais, l’exact opposé de la rumba congolaise sur l’échelle du rapprochement des corps. Pour l’avoir un temps pratiqué, voici un top 3 des tubes qui s’y prêtent le mieux : 3) Elsa Fraulein, des Porte Mentaux, dont j’ai déjà parlé ; 2) Le Parking des anges, de Marc Lavoine ; 1) Les nuits sans soleil, d’Ivanov. Wikipédia n’a pas d’article sur Ivanov, en revanche, Bide & Musique en a un. C’est vous dire.

[Ah oui, petite explication de texte : le titre du billet combine « Voyage » de « Voyage, voyage », et « Les nuits sans soleil » qui évoque de mystérieuses « rues de Moscou »]

Michel Sardou passe l’agreg

Pour la brillante idée de ces « copies » commentées, je rends hommage à Camille de Carnets baroques.

Agrégation d’histoire
Oral
Épreuve sur dossier (géographie)
Sujet : L’Afrique (présentation générale)

Documents : Bandes dessinées : Stanley et Baden-Powell, éditions du Triomphe. Extraits du Voyage au bout de la nuit. Photos : pagnes, Burundi ; poisson salé sur un étal, Côte-d’Ivoire ; bar à putes, RDC. Vidéo : La Légion saute sur Kolwezi (making-of).

Jury 06 (Jacques Foccart, Bernard Lugan, Loïc Le Floch-Prigent)
Candidat interrogé : Michel Sardou

Afrique adieu (plutôt en conclusion)
Belle Africa (jeu intéressant sur le mot « Afrique » dans plusieurs langues, introduction à la richesse culturelle du continent noir, à sa colonisation par différentes puissances européennes ; pourquoi  n’avez-vous pas développé ce thème par la suite ?)
Où vont les eaux bleues
Du Tanganyika (elles rejoignent le bassin du Congo, puis l’océan Atlantique ; ce sont des connaissances que vous devriez avoir après cinq années d’études d’histoire et de géographie)

Afrique adieu
Ton coeur Samba (pourquoi pas Mamadou ? ne soyez pas si caricatural !)
Saigne autant qu’il peut
Ton coeur s’en va (l’Afrique vue avant tout comme espace qu’on quitte, intéressant, mais il faudrait préciser : esclavage, émigration ?)

Il pleut des oiseaux aux Antilles (l’esclavage, donc ?)
Sur des forêts de magnolias (la référence à Claude François est superflue ; préférez-lui Georges Balandier)
Les seins dorés brûlants des filles (parler de seins « dorés » était maladroit ; en laissant entendre que vous n’aviez fréquenté que des métisses ou des maghrébines, vous restreigniez le sujet et laissiez entendre au jury que vous n’aviez qu’une connaissance superficielle de l’Afrique)
Passent à deux pas de mes dix doigts (n’exhibez pas ainsi votre potentiel de séduction ; c’est prétentieux et indélicat, les membres du jury n’étant plus à la fleur de leur âge)

Des musiciens de Casamance
Aux marabouts de Pretoria (carte des religions en Afrique mal maîtrisée)
C’est tout un peuple fou qui danse (une allusion distanciée à la « mentalité primitive » décrite par Lévy-Bruhl aurait été bienvenue)
Comme s’il allait mourir de joie (certes, mais on attendait une évocation de la misère, des guerres civiles)

Afrique adieu… (refrain)

Sur les étangs de Malawi
La nuit résonne comme un signal (vous n’êtes pas Mallarmé, c’est une évidence)
C’est pour une fille de Nairobi
Qu’un tambour joue au Sénégal (bonne amorce aux migrations interafricaines, il aurait fallu aller plus loin ; on ne peut pas parler de relations amoureuses en Afrique sans aborder la question du SIDA)

Et de Saint-Louis à Yaoundé
Des Lacs salés au vieux Kenya (pourquoi vieux ? si vous vouliez parlez de Jomo Kenyatta, c’était pertinent, mais il aurait fallu le préciser)
C’est tout un peuple qui va danser
Comme s’il allait mourir de joie (évitez les redites)

Afrique adieu
Tes masques de bois
N’ont plus dans leurs yeux
L’éclair d’autrefois (bonne ouverture sur l’intégration de l’Afrique à la mondialisation, l’arrivée en masse des Chinois, moins soucieux d’objets d’art que leurs prédécesseurs européens ; Bernard Lugan, membre du jury, a déploré que « l’éclair d’autrefois » n’ait pas donné lieu à un développement sur la Waffen SS dans l’Afrikakorps)

Afrique adieu
Là ou tu iras
Les esprits du feu
Danseront pour toi (suggérer un espoir de restauration africaine par le retour à l’animisme était original ; vous n’avez pas cru devoir mentionner les théories afrocentristes, c’est dommage)

Afrique adieu… (refrain)

Appréciation générale : Exposé trop succinct, prometteur par certains aspects, mais qui a laissé le jury sur sa faim. Beaucoup d’approximations, qui auraient pu être évitées : le volume de la Géographie universelle portant sur l’Afrique était présent dans la salle de préparation, il est regrettable que vous ne l’ayez pas consulté. Des qualités formelles (voix, occupation de l’espace…) qui laissent espérer une prestation plus solide l’an prochain.

Note : 6/20

Parlons musique (1)

J’ai passé quelques heures en compagnie de Windows Media Player (note pour les geeks, connaisseurs et autres fans du libre : oui, je sais) à chercher les meilleurs morceaux de mon abondant stock de musiques en tous genres. J’arrive à une compilation d’une grosse soixante-dixaine de morceaux. Les dix premiers, par ordre alphabétique.

Hors ordre alphabétique (compositeur inconnu) : Me ne frego (l’hymne non officiel du fascisme italien, beaucoup plus amusant que Maréchal nous voilà, le Horst Wessel Lied ou la Marseillaise), Opium (répertoire des troupes de marine, délices d’Indochine), El cant dels ocells (Noël catalan, rendu célèbre par le violoncelliste Pau Casals), La Santa Espina (sardane, pour les curieux, les paroles sont dans Notre avant-guerre de Brasillach).

The Alan Parsons Project – Eye in the sky (le tube d’un groupe de rock progressif anglais)
Amici del Vento – Amici del Vento (chanson nationale-européenne italienne – on ne dira jamais à quel point la chanson d’extrême-droite italienne surclasse sa consœur française)
Aphrodite’s Child – The Four Horsemen (chanson de l’album 666 décrivant, comme son nom les quatre cavaliers de l’Apocalypse)
Bach – Cantate Christ lag in Todesbanden (BWV 4) (peut-être la plus connue des cantates de Bach, à juste titre)
Bach – Choral Nun komm’ der Heiden Heiland (BWV 659) (transcription pour orgue, je ne sais pas très bien pourquoi je l’aime plus que les autres ; c’est assez dépouillé)
The Beatles – Eleanor Rigby (la meilleure mélodie des Beatles)
Georges Bizet – Ouverture (Carmen) (j’assume)
Blink 182 – What’s my age again ? (mes quatorze ans)
Boëlmann – Toccata (Suite gothique) (défouloir d’organiste, avec le pam, pa pam, pa pam au pédalier)
Brahms – Denn alles Fleisch, es is wie Gras (Requiem allemand) (un petit côté musique de film par Hans Zimmer, mais bon, le baroque était terminé, il fallait bien s’occuper ; et puis d’abord c’est Hans Zimmer qui fait du sous-post-romantique, na)